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 [Cycle] Mankiewicz

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Nulladies
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MessageSujet: [Cycle] Mankiewicz   Dim 6 Avr 2014 - 9:41

A partir de demain, j'attaque le Mank :

1. Chaines conjugales 1949
2. Eve 1951
3. On murmure dans la ville 1951
4. L’affaire Cicéron 1952
5. La comtesse aux pieds nus 1954
6. Soudain l’été dernier 1960
7.Le limier 1972


Edit du 06/10/2014 :

Petit cycle cette semaine pour combler les manques du précédent :

1. Un mariage à Boston, 1947
2. No way out, 1950
3. Jules César, 1953
4. Cléopâtre, 1963
5. Le reptile, 1970


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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 6 Avr 2014 - 12:41

cheers 

Il n'y a que Chaînes conjugales que je n'ai pas vu. En CO il manque The Late George Apley ("Un mariage à Boston"), No Way Out ("La porte s'ouvre", putain de grand film que je soupçonne d'avoir fortement inspiré le Douglas Sirk des 50s) et le controversé Cléopâtre que personnellement j'adore, sans doute le pur film d'auteur le plus cher de l'histoire du cinéma et le péplum le plus anti-spectaculaire qui soit.  geek

Et puis Mrs Muir mais tu l'avais fait je crois. Wink
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 6 Avr 2014 - 13:02

Yep, pour Muir, j'ai adoré. C'est d'ailleurs ce qui a motivé ce cycle.
Pour Cléopâtre, j'ai peur de me lancer.
Les deux autres, je les note pour une fois prochaine, le temps que je mette la main dessus.
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Saigneur des porcheries
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 6 Avr 2014 - 13:20

Le limier !!!
l'affaire Cicéron (conseillé par dan à l'époque)

grands films

_________________
Le procureur:  Comment appelles-tu l'amour ?
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 6 Avr 2014 - 14:28

Rho et Jules César bien sûr !!!

Mon préféré sinon c'est La comtesse aux pieds nus, quintessence de ce qu'il avait ébauché (déjà fort brillamment) dans Eve.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Lun 7 Avr 2014 - 6:44



Acide satirique

« The right thing at the right time » : voilà ce qu’on dit d’Addie Ross, l’un des personnages les plus originaux du cinéma : présente en voix off, (dans un dispositif qui sera repris dans la série Desperate Housewives), commentant ce qu’on dit d’elle en son absence, elle déchaine les passions de trois couples, entre convoitise et jalousie.
Alors qu’une lettre d’elle annonce son départ à ses trois amies avec l’un des maris, sans préciser lequel, cette nouvelle énigmatique occasionne trois flashbacks, qui permettront aux épouses de faire le point sur leur histoire conjugale et à Mankiewicz de dresser un portrait satirique et acide de la société des années 40. D’origines sociales différentes, les épouses sont le pur reflet d’une collectivité avide de briller en soirée sans pour autant faire face aux mystères de l’intimité. Vanité, capitalisme triomphant (on se repassera avec bonheur la brillante tirade de Kirk Douglas vilipendant le lavage de cerveau de la publicité radiophonique), orgueil, toutes les petites faiblesses et mesquineries de la société américaine sont passées au crible avec jubilation, notamment sous le regard lucide et désenchanté des bonnes. La caméra, souvent frontale et théâtrale, se permet de temps à autre de superbes travelings enlaçant les personnages qui cherchent autant à échapper à l’autre qu’à lui revenir, dans cette danse typique de la dispute conjugale.
Addie Ross, au cœur de toutes les conversations, véritable obsession, ne sera jamais visible à l’écran. Fantôme, idéal inaccessible, pur fantasme, elle est tout d’abord le révélateur de cette course sociale et mondaine qui ne peut générer que de la frustration. Mais c’est aussi, le temps d’une journée sans téléphone à s’interroger si l’on retrouvera son mari le soir, un catalyseur d’une introspection intime et amoureuse. En permettant l’émergence d’un dialogue nouveau et l’arrêt de la course folle de cette routine délétère, cette femme, révélateur maïeutique de ses rivales, en devient l’allégorie désincarnée de l’écriture et de la mise en scène : sans concessions sur cette petite et frivole humanité, mais pour mieux la sauver.
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Goupi Tonkin
la séquence du spectateur
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Lun 7 Avr 2014 - 9:42

Effectivement, je ne serais pas étonné d’apprendre que Marc Cherry adore ce film.

J’ai relu deux fois ta note. Tu analyses très bien le film, comme d’hab’, mais j’ai du mal à savoir si tu as aimé, un peu, un peu beaucoup, beaucoup-beaucoup…

( Je connais des gens de « bon goût » et de bonne volonté qui trouvent que les films de Mank sont souvent brillants mais parfois un peu (trop) bavards… Sans partager totalement ce point de vue, je le trouve assez défendable )
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Lun 7 Avr 2014 - 9:46

@Goupi Tonkin a écrit:
Effectivement, je ne serais pas étonné d’apprendre que Marc Cherry adore ce film.

J’ai relu deux fois ta note. Tu analyses très bien le film, comme d’hab’, mais j’ai du mal à savoir si tu as aimé, un peu, un peu beaucoup, beaucoup-beaucoup…

( Je connais des gens de « bon goût » et de bonne volonté qui trouvent que les films de Mank sont souvent brillants mais parfois un peu (trop) bavards… Sans partager totalement ce point de vue, je le trouve assez défendable )

En fait, j'aime beaucoup, mais ta lecture de ma note est très intelligente, parce que c'est davantage, pour celui-ci, de l'admiration formelle et une reconnaissance de savoir faire qu'un emportement bouleversé.
C'est vrai que c'est très discursif, mais ça ne me gêne pas. Bon, je l'ai vu sous-titré en anglais, et ça accentuait cet aspect.
Ce film est audacieux, très bien écrit, un poil démonstratif. Il est clairement haut de gamme, mais il manque ce petit supplément d'âme que je pense trouver dans les autres.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Lun 7 Avr 2014 - 10:49

@Goupi Tonkin a écrit:

( Je connais des gens de « bon goût » et de bonne volonté qui trouvent que les films de Mank sont souvent brillants mais parfois un peu (trop) bavards… Sans partager totalement ce point de vue, je le trouve assez défendable )

Les gens de bon goût disent souvent n'importe quoi, regarde, moi par exemple... Laughing

Non mais franchement, parfois bavard certes, il y a d'ailleurs dans pas mal de ses films une fascination ambiguë pour le théâtre (qui s'accompagne dans Eve d'un certain mépris pour sa prétention d'art majeur par rapport au cinéma à l'époque), celle d'un scénariste possiblement envieux de la reconnaissance des auteurs de théâtre mais que les limites de la forme théâtrale et son intelligentsia coincée rebutent. Mais les mots ne sont finalement là que pour cacher la vérité d'une émotion plus sous-jacente qui ne peut passer que par la mise en scène, si tu n'es pas emporté par La comtesse aux pieds nus, Soudain l'été dernier (seul film que Tennessee Williams n'est pas parvenu à étouffer complètement), La porte s'ouvre ou Un mariage à Boston ça n'est sûrement pas la faute à Mankiewicz.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mar 8 Avr 2014 - 8:27



Moi je veux pourrir sur scène

Les similitudes entre La comtesse aux pieds nus et Eve sont troublantes dans leur ouverture : même instant décisif à partir duquel le récit rétrospectif va se dérouler, même tour de table pour exposer les protagonistes, même alternance des voix off.
Ici encore, il s’agit de mettre en lumière la fascination exercée pour un personnage de star qu’on a connue dans les coulisses du système. L’unique différence est néanmoins de taille : alors que le récit encadrant est l’enterrement de Maria, c’est à la consécration indiscutable d’Eve que les souvenirs convergent ici.
Le monde du théâtre va permettre à Mankiewicz un de ses films les plus écrits, au cours duquel de longues séquences dialoguées vont mettre à jour la porosité entre les feux de la rampe et l’obscurité des coulisses. Chaque personnage représente un acteur du système : le dramaturge, le metteur en scène, la comédienne, son amie et sa bonne. L’histoire est au demeurant d’une simplicité élémentaire : qu’emporte-t-on de la gloire dans sa vie intime ? Comment ne pas être exténué par le jeu permanent qu’exige le statut de star ? De la scène, nous ne verrons jamais rien, les personnages étant bien trop occupés à jouer le rôle qui leur permet d’y accéder… ou de s’y maintenir. Bette Davis, immense, incarne jusque dans son corps cette lutte acharnée pour rester au sommet, alors que les projecteurs ne cessent d’accroitre son usure.
La trajectoire d’Eve, créature présentée comme l’humilité même, fragile et idolâtre de la grande dame du théâtre, illustre le même principe : avant de pouvoir jouer sur scène, c’est un personnage social qu’il faut inventer. Son machiavélisme, son sourire angélique et son art du storytelling font d’elle un génie dans son domaine.
Le double mouvement qui s’instaure alors permet au spectateur une complicité rare avec le meneur du récit. Nous savons quelle est la destinée d’Eve, et à notre clairvoyance sur l’instrumentalisation de son entourage s’ajoute la lucidité de ce dernier sur lui-même. Blasés, phagocytés, stars, showrunners et journalistes se savent aussi roublards que roués.
Si la force d’Eve est celle de sa jeunesse, le cycle infernal que décrit le film laisse bien entendre que le quart d’heure de gloire qu’elle aura acquis a force de compromissions sera de courte durée : qui a la gloire baisse la garde.
Fuite du temps, persona sociale, alcool, manipulation et nausée généralisée : les stars sont exténuées, mais show must go on.
L’écriture si littéraire de Mankiewicz épuise littéralement ses personnages de la même façon qu’Eve les phagocyte : si la brillance des réparties fait un temps illusion, c’est bien dans leurs regards torves et leur silences qu’ils dévoilent leurs failles. Clinique, sans concession, le regard frontal laisse cependant surgir des bribes de rédemption : le mariage tardif de Margo lui permet de faire le deuil épanoui de sa jeunesse et génère le regard qu’elle a toujours attendu de l’homme qu’elle aimait : sur elle-même, et non son personnage.
Margo s’humanise donc en acceptant de vieillir et en donnant à l’amour individuel la véritable valeur qu’il a par rapport à celui des foules. De son côté, Eve parvient. La dernière séquence permet de montrer à quel prix. Alors qu’une nouvelle Eve toque déjà à sa porte, DeWitt lui dit qu’en matière de succès, “Ms Harrigton knows all about it.” De « All about Eve » à « it », la trajectoire d’une déshumanisation est parvenue à son terme.
Le miroir final qui démultiplie à l’infini la nouvelle candidate au succès en témoigne : enivrant, trompeur, éblouissant, le succès est tout, mais on est seul face à lui.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mar 8 Avr 2014 - 8:50

@Nulladies a écrit:
Alors qu’une nouvelle Eve toque déjà à sa porte, DeWitt lui dit qu’en matière de succès, “Ms Harrigton knows all about it.” De « All about Eve » à « it », la trajectoire d’une déshumanisation est parvenue à son terme.

Joli. Autre grand point commun avec La comtesse au pied nus, la multiplication des regards sur une personne dont la vérité continue d'échapper à tous. Ce mystère de la personnalité est aussi au centre de Soudain l'été dernier, construit autour du charisme ambigu d'un Sebastian que l'on ne verra jamais à l'écran.


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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mar 8 Avr 2014 - 8:52

@RabbitIYH a écrit:
@Nulladies a écrit:
Alors qu’une nouvelle Eve toque déjà à sa porte, DeWitt lui dit qu’en matière de succès, “Ms Harrigton knows all about it.” De « All about Eve » à « it », la trajectoire d’une déshumanisation est parvenue à son terme.

Joli. Autre grand point commun avec La comtesse au pied nus, la multiplication des regards sur une personne dont la vérité continue d'échapper à tous. Ce mystère de la personnalité est aussi au centre de Soudain l'été dernier, construit autour su charisme ambigu d'un Sebastian que l'on ne verra jamais à l'écran.

Chut, mais chut, CHUT !!! Je veux rien savoir, j'ai rien lu, j'ai oublié.
(Bon, La comtesse, j'en parle, j'ai des souvenirs, mais pas Soudain.)
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mer 9 Avr 2014 - 9:48



Cary, un ami qui vous ment du bien.

Paroles, screwball, parabole.

On dit souvent que Mankiewicz est le plus européens des réalisateurs hollywoodiens, et le mot qui revient le plus à son propos est celui d’auteur. On murmure dans la ville en est l’éclatant témoignage.
Combinant avec une rare finesse la comédie, le screwball, la satire sociale et le mélo humaniste, il parvient à évoquer les émotions humaines les plus fondamentales dans un récit finalement assez simple, mais terriblement retors dans ses circonvolutions.
Cary Grant, le charme incarné, sait pertinemment jouer du mystère de son sourire pour souligner les ambiguïtés de son personnage : son rapport à la vérité est ainsi l’objet d’une savante construction, toujours assumée, et surtout mise en scène en fonction de celui qui l’écoute. Le rapport médecin/patient, où certaines vérités sont bonnes à dire et d’autres à cacher, régit sa communication générale. Sur ce rapport trouble et finalement profondément bienveillant à l’autre se greffe ainsi un récit volontairement lacunaire, excitant la curiosité du spectateur comme de la femme conquise (Jeanne Crain, qui trouve après Péché Mortel un premier rôle à sa mesure) qui tremble d’autant plus qu’il s’attache au mystérieux médecin.
Sans se départir de son sens aigu de la réplique, Praetorius jongle avec ses interlocuteurs : souvent très drôle, brillamment dialogué, le film amuse autant qu’il force l’admiration d’un personnage qui sait s’entourer. Les marivaudages avec sa future épouse, le jeu ambigu sur la vérité quant à sa grossesse ne sont que l’une des sous intrigues qui contribuent à son portrait. La galerie de personnages qui le croise permet, outre le mélo savoureux, une satire sociale particulièrement acide : la caricature du fat abusant du système fiscal, celle du charognard organisant une audition qui n’est pas sans évoquer le maccarthysme naissant. Mankiewicz n’est pas tendre avec le système américain et sa rigidité, lui opposant la libre figure de Praetorius, libre penseur, boucher médecin de 9 ans d’âge sentimental, sauveteur de Shunderson dont le vibrant témoignage final achève de dénoncer la machine qui broie les individus.
Ces récits parallèles et cette tentative de remettre en valeur l’humanité dans un système (judiciaire, fiscal, médical, universitaire) qui tend à l’évacuer sont programmées dans deux très belles séquences qui ponctuent les premiers et derniers quarts du film. Dans la première, le médecin explique que le cadavre de la splendide jeune fille que l’on va disséquer ne sera qu’un amas d’organe, qu’on ne dissèque pas l’âme, l’amour ou l’espoir ; splendide contrepoint de l’entreprise que met justement en place Mankiewicz, qui symbolise sa construction du récit par la deuxième séquence durant laquelle on assiste avec émerveillement au ballet de trois trains courant sur tous l’étage et dont la synchronisation peut mener à un carnage si elle n’est pas bien conduite…
Film d’amour, d’amitié et de solidarité, film sur la résistance et l’anticonformisme, sur la foi, enfin, que le Dr propose d’administrer à la place des pilules, On murmure dans la ville se termine sur la conduite enthousiaste d’un orchestre par un Grant survolté par un enthousiasme auquel il est difficile de résister, à l’instar du sommet pathétique que constitue le final de La vie est belle de Capra.
Ce qui, alors, se murmure dans la ville est d’un nouvel ordre, et aux rumeurs salissantes succède le chant d’espoir collectif, un temps, du moins. C’est aussi l’un des bienfaits du cinéma.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mer 9 Avr 2014 - 10:09

@Nulladies a écrit:
on ne dissèque pas l’âme

Tout Mankiewicz est là. Je disais mystère de la personnalité mais mystère de l'âme serait en effet plus juste puisque ce sont souvent des personnalités aux multiples facettes que le regard des autres échoue à circonscrire : un homme est bien plus que la somme de ses actes, de ses paroles ou des évènements qui ponctuent sa vie.

Beau film sinon, On murmure dans la ville, souvent considéré comme un de ses meilleurs mais qui ne m'a pourtant pas impressionné autant que la plupart des autres, trop léger dans sa forme peut-être.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mer 9 Avr 2014 - 10:30

Le plaisir est différent. Là, on est davantage dans un enthousiasme à la Capra, un feel good movie.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mer 9 Avr 2014 - 11:19

Oui, avec un arrière-goût un peu amer comme souvent chez Capra mais Mankiewicz n'est pas aussi brillant dans le mélange des genres je trouve. Un cycle Capra ce serait sympa ça d'ailleurs, y a de quoi faire (mais alors avec L'homme de la rue, quel film  I love you ).
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Mer 9 Avr 2014 - 11:21

@RabbitIYH a écrit:
Oui, avec un arrière-goût un peu amer comme souvent chez Capra mais Mankiewicz n'est pas aussi brillant dans le mélange des genres je trouve. Un cycle Capra ce serait sympa ça d'ailleurs, y a de quoi faire (mais alors avec L'homme de la rue, quel film  I love you ).

Bonne idée, tiens...
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Ven 11 Avr 2014 - 7:42



L’espion qui mentait

Quand Mankiewicz, qui n’a plus rien à prouver après Mme Muir, Eve ou On murmure dans la Ville s’attaque à l’espionnage, on savoure à l’avance les traces de la présence du grand écrivain du cinéma dans un genre résolument cinématographique et populaire. Le cinéaste lorgne effectivement pour une part du côté d’Hitchcock ; l’occupation de l’espace de l’ambassade, la méticulosité des vols, les rendez-vous secrets, les espions de chaque camp et le recours au train pour dynamiser le récit y font clairement penser.
Mais c’est un autre modèle qui vient aussi à l’esprit dès les premières minutes du film : par cette finesse d’écriture, la caractérisation humoristique des personnages et la façon qu’on a de croquer les différents types évoque inévitablement Lubitsch. La comtesse désargentée mais aux manière du temps de son faste, les anglais précieux mais inefficaces, les allemands épuisés de leur propre lourdeur : autant de touches d’une écriture légère et impertinente qui permettent déjà au récit d’origine, somme toute assez linéaire, de gagner en saveur.
Mais limiter Mankiewicz à certains des pairs qui pourraient l’inspirer relèverait du crime de lèse-majesté. Car s’ajoutent à ces premiers gages de qualité la pertinence d’un regard qui n’appartient qu’à lui.
L’espionnage est finalement un prétexte, une toile de fond pour aborder l’un des grands thèmes de sa filmographie, à savoir le mensonge et l’imposture au profit d’une ascension sociale. Le personnage de Diallo a ceci de profondément singulier qu’il ne peut jamais emporter la sympathie. Son unique qualité est la froideur mesurée avec laquelle il procède, et l’ironie de son regard sur les gens avec qui il traite, leur révélant par boutade à peu près toute la vérité, trop incongrue pour être crédible. Son parcours est celui d’une revanche par l’argent, cynique et glaciale ; immature et méprisant quant aux enjeux des documents qu’il transmet, il se a pour seule ambition la construction d’un cliché dont il serait le centre : en costard blanc dans sa villa à Rio. Mais à cette victoire, il veut ajouter le trophée de l’amour : c’est sa conquête de la comtesse, avec laquelle il va former un couple grandiose d’ambivalence et de manipulation, où chacun a besoin de l’autre pour parvenir à ses fins.
Cette vision au vitriol d’un amour social, les yeux de biche d’une Danielle Darrieux à laquelle nul ne peut résister achèvent de faire du récit un parcours semé de pièges et de double fonds. Nul manichéisme ou vision partisane : les deux partis sont renvoyés dos à dos, et le pays supposément neutre, à l’instar de la Suisse, ne semble être que le lieu propice aux affaires et à l’enrichissement personnels tandis que le monde entier s’autodétruit.
(Spoils)
Dans ce panier de crabes, c’est bien le mensonge qui l’emporte, et à grande échelle. Tout le monde perd, par excès de mesquinerie, par aveuglement, par absence d’instinct. La double ironie finale permet un plaisir cruel qui se substitue à la conventionnelle identification aux héros exemplaire. L’incapacité des allemands à prendre au sérieux la valeur des renseignements qu’on leur donne montre bien que dans le jeu de dupe de l’espionnage, on finit, à force de mentir, par ne plus savoir à quoi ressemble la vérité ; en écho à ce constat, la fausse monnaie amassée par Diallo est une pirouette finale qui voit s’effondrer avec jubilation et lucidité le château de carte de la bassesse humaine.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Ven 11 Avr 2014 - 11:06

cheers 
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Ven 11 Avr 2014 - 11:11

Lubitsch aussi mériterait son petit cycle à l'occasion, surtout qu'il y a des tas de films à réévaluer.... à commencer par Trouble in Paradise et Cluny Brown, deux des plus beaux films de sa carrière à mon avis, sûrement son mon podium avec Design for Living.  I love you 
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Sam 12 Avr 2014 - 7:32

@RabbitIYH a écrit:
Lubitsch aussi mériterait son petit cycle à l'occasion, surtout qu'il y a des tas de films à réévaluer.... à commencer par Trouble in Paradise et Cluny Brown, deux des plus beaux films de sa carrière à mon avis, sûrement son mon podium avec Design for Living.  I love you 

Design for living est dans mon top 10. Un CO absolu.
Mais effectivement, un cycle Lubitsch est indispensable.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Sam 12 Avr 2014 - 7:34



Stratifications d’une femme

La foule très masculine qui se presse autour du tombeau de Maria en ce jour pluvieux parachève logiquement ce que fut sa vie : la fulgurante et irrépressible construction d’une statue. Le regard qu’on aura porté sur elle aura toutes les bassesses de l’âme humaine, à une exception près, celle du cinéaste désenchanté joué par Bogart, d’autant plus tendre qu’il a l’intelligence de ne pas s’impliquer sentimentalement avec l’égérie planétaire.
Complément, expansion et reprise d’Eve, La comtesse aux pieds nus se construit sur le même canevas. Traversant le monde du cinéma, puis des nantis et enfin de l’aristocratie, Maria Vargas fait le parcours exhaustif de l’humanité défigurée par l’argent, entourée de prétendants dont le visage est lui-même statufié. Electron libre dans cette comédie cynique où tout s’achète et se contrôle, elle passionne d’autant plus qu’elle se refuse à jouer le jeu.
La subtilité du propos est bien dans cette tension creuse : on fait plusieurs fois remarquer au spectateur qu’il connait les grandes lignes de la destinée de Maria, ses films et ses liaisons, sa carrière d’étoile filante : elle est un cliché sur lequel on ne va pas s’appesantir, car c’est bien l’intimité mystérieuse de cette femme qui sera le propos, ou plutôt la quête diffractée de celle-ci.
Maria est un miroir qui qui prend toute la lumière et la reflète pour éblouir celui qui la contemple : rien ne semble vraiment venir d’elle.
Il est donc d’autant plus pertinent de passer par une narration kaléidoscopique où les retours au récit encadrant, l’enterrement, sont l’occasion de changer de point de vue et de voix off. Le mystère demeure presque entier, quelle que soit la personne prenant le relais de la narration. Mankievicz va jusqu’à montrer deux fois la même scène en changeant le point de vue pour étayer sa démonstration : aussi exhaustif soit le regard sur cet instant, l’inertie passive de Maria reste entière, qu’on la brusque ou qu’on la prenne par la main. Film très discursif et écrit, comme souvent chez Mankiewicz, les explications qu’il accorde à Maria sur ses motivations ne sont finalement que des indices sur sa quête, placée sous le signe de la prudence, de la réserve, parce que dans l’attente éperdue du véritable amour.
Dans ce décorum factice de cabarets, de casinos et d’hôtels de luxe, dans cette fuite hors de l’Amérique vers une authenticité européenne qui ne se révèle qu’un décor de plus pour des intrigues fabriquées, Maria se dérobe, avant toute chose au spectateur. Personne n’a droit à sa première danse, et ce n’est qu’au bout d’un quart d’heure qu’elle apparait, tirant violemment le rideau qui la cachait dans sa loge.
La danse promise, des origines madrilènes, il faudra attendre près de deux heures pour l’obtenir, et ce sera l’un des rares moments d’intimité offerte de Maria, anonyme dans cette séquence aussi improbable que poétique dans le camp de gitans. De la rencontre avec celui qui ignore tout d’elle peut alors –enfin- surgir l’amour qu’elle ne demandait qu’à offrir.
La tragédie se charge du reste : Maria restera un corps entré dans la légende marmoréenne et condamné, malgré elle, à rester inerte. La mutilation du comte achève l’impossible écart entre les origines de « la poussière de la rue » de Maria, et ce à quoi on la destine : figurer dans la galerie des portraits de la demeure familiale. Le soir des noces, la fête est du côté des domestiques, qui dansent et fricotent dans les fourrés. Du haut de l’étage noble, la femme sublime et déifiée les contemple avec autant d’envie que de résignation. Sa tentative pour réintégrer le corps et la vie dans son couple aura les effets les plus funestes.
La comtesse aux pieds nus ne se contente pas de régler son compte aux mensonges glacés du monde du cinéma ou des élites financières. Réflexion amère sur la portée au pinacle d’une femme qu’on vampirise de toute aspiration à une destinée incarnée, il dit avant tout l’impossible accès à la vérité intérieure des êtres.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Sam 12 Avr 2014 - 9:04

Superbe ! (aussi bien le film que l'analyse)
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 13 Avr 2014 - 7:36



Vol au-dessus d’un nid de gourous

On a souvent considéré comme théâtral le cinéma de Mankiewicz, du fait de l’importance qu’il accorde aux dialogues, très écrits et constitutifs de la chair même de ses films. Confronter cet auteur au dramaturge Tennessee Williams est donc organiser une rencontre au sommet.
Malicieusement, c’est sur de pesants silences que s’ouvre le film. La méticulosité de l’opération, son cadre décati, instaurent une ligne directrice aux futurs échanges : la lobotomie comme solution radicale à la folie, et la nécessité de l’hôpital permettant à l’argent de venir pourrir la déontologie. Alors que pour le moment, l’ampoule qui grille semble être le signe d’une barrière à la performance médicale, nous comprendrons bien assez tôt qu’elle montre aussi ce que cette même performance produit sur les individus.
Dès lors peut s’épancher la parole, qui sera distribuée tour à tour à deux femmes, duo absolument grandiose, tour de force de deux comédiennes elles aussi au sommet, sachant s’accommoder des excès inhérents au texte pour leur donner chair et irradier la pellicule de leur humanité déviante. Excès qui supposent qu’on joue le jeu d’une psychologie outrancière oblitérant la crédibilité au profit d’un symbolisme radical. Hepburn, glaçante dans son deuil révisionniste et incestueux, Taylor bouleversante dans son refoulement volcanique. On pourrait longuement disserter sur le pouvoir de la parole de ces deux femmes. Limitons nous à en saluer la puissance évocatrice rarement atteinte au cinéma : la plage qu’on croirait sortie de la scène centrale de L’Etranger de Camus, l’attaque des tortues par les oiseaux et les révélations progressives de Catherine nous happent littéralement.
Moins conventionnel qu’à son habitude, Mankiewicz colore légèrement son cadrage de la folie ambiante.  Discrètement obliques, volontairement trop proches, ses plans reflètent l’étrangeté psychiatrique des énonciatrices et s’oppose à la verticalité de Clift, lisible et d’une attention parfaite par son regard translucide.
Broyés par cette efficacité oppressante, les personnages secondaires brillent alors par leur inefficacité : qu’on considère la parole inutile et bêtifiante du frère ou celle, d’une maladresse terrible, de la mère, experte malgré elle pour dire ce qui devrait être tu.
Afin d’ajouter encore au caractère oppressant des échanges, le récit s’intègre dans des décors particulièrement travaillés. La luxuriance étouffante du jardin d’hiver de Violette, sa maison baroque (annonçant celle, délirante, du Limier), la mise en scène de ses entrées et sorties via l’ascenseur privé contribuent autant à magnifier son excentricité qu’à instiller un discret effroi.
En ce qui concerne Catherine, les séquences dédiées à l’asile psychiatrique, sublimes, sont à elles seule un morceau de bravoure, une autre forme de discours qui vient compléter la démence individuelle. S’attardant sur la collectivité, Mankiewicz propose deux scènes maitresses. L’une dans l’aile des hommes, en contre plongée carcérale où l’émeute sur les jambes de Catherine évoque les grands moments des futurs Oiseaux d’Hitchcock, 3 ans plus tard. L’autre, dans l’aile des femmes où le plan sur la coursive s’élargit progressivement par un zoom arrière révélant les pensionnaires silencieuses et effroyablement attentives, attendant avec un enthousiasme croissant que l’héroïne vienne les rejoindre dans la basse-fosse en s’écrasant au sol.
Dans cet univers universellement carcéral, les liens se tissent comme autant de pièges. En maitresse de cérémonie, Violette, présentée initialement comme la mère éplorée, déploie une stratégie machiavélique fondée sur l’argent. En tentant d’acheter le silence pour un deuil qui sied à sa vision déformée du réel, elle subordonne tout son entourage. La lobotomie est ici une matérialisation du refoulement et l’écriture d’une histoire révisée.
L’autre idée maitresse du récit est sans nul doute le mobile de tous ces excès : Sebastian. Le grand absent, celui qui focalise toutes les discussions et qui, sur la trame d’un thriller implacable, se dévoile progressivement par le truchement de subjectivités abimées. Dévorateur vampirique pris au piège de sa propre mécanique, alliance malade d’homosexualité, de capitalisme et de cynisme assumé,  ce personnage d’une infinie complexité ne fascine pas sans raison. A son contact, tout semble avoir flétri, les femmes qui l’accompagnent comme les jeunes pauvres qu’il attire, pour converger vers un final apocalyptique.
Il faut avoir été nous même sous hypnose, ou sous sédatif, pour adhérer à ce dernier, radicalement hallucinatoire. C’est là le grand pari de Mankiewicz, qui nous embarque dans le récit de Catherine et fait de nous des auditeurs aussi captifs que son médecin sur le point de délaisser toute déontologie. Cérémonial païen et cathartique, acmé aussi délirante que violente, cette explosion du verbe alliée à la mise en image d’un film qui semble remonter aux origines du monde achève le spectateur en même temps qu’il libère son énonciatrice et détruit définitivement la conscience de la mère.

La richesse de son exploration spatiale, la performance de ses comédiens, la puissance de son écriture, l’exactitude de son regard font de Soudain, l’éte dernier un film dévastateur, d’autant plus efficace que son nihilisme retrace finalement le parcours d’un individu qui regagne la lumière et la sérénité.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Mankiewicz   Dim 13 Avr 2014 - 8:25

@Nulladies a écrit:
La luxuriance étouffante du jardin d’hiver de Violette, sa maison baroque (annonçant celle, délirante, du Limier)

Je n'avais pas fait le rapprochement mais en effet ! Il y a quelque chose d'allégorique dans ces demeures extravagantes (voire labyrinthique pour Le Limier) au baroque étouffant et morbide.

Ce film est aussi l'un de mes préférés mais certaines scènes m'agacent malgré le talent des actrices par les excès emphatiques du texte... ça reste plus supportable que dans la plupart des films adaptés de Tennessee Williams car la mise en scène et l'atmosphère délétère ont tout autant de poids mais petit bémol tout de même.
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