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 [Cycle] H-G Clouzot

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Nulladies
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MessageSujet: [Cycle] H-G Clouzot   Jeu 6 Fév 2014 - 6:35

Salut les amis
Demain, j'initie un cycle Clouzot dans l'ordre suivant :

1. l'assassin habite au 21
2. Le corbeau
3. quai des orfèvres
4. les diaboliques
5. Le salaire de la peur
6. La vérité


Avis aux amateurs !


Dernière édition par Nulladies le Jeu 6 Fév 2014 - 10:39, édité 1 fois
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Jeu 6 Fév 2014 - 9:35

L'assassin habite au 21 est le seul que je n'ai pas vu. Mon préféré c'est La vérité, film complètement désespéré avec une Bardot surprenante et très juste.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Jeu 6 Fév 2014 - 9:59

@RabbitIYH a écrit:
L'assassin habite au 21 est le seul que je n'ai pas vu. Mon préféré c'est La vérité, film complètement désespéré avec une Bardot surprenante et très juste.

Très bonne adaptation du roman de Steeman
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Esther
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Jeu 6 Fév 2014 - 11:50

Moi, c'est la Vérité que je n'ai pas vu.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Ven 7 Fév 2014 - 6:22



« Ça ne vous dérange pas que je lise pendant que vous sifflez ? »

Pour son premier film en tant que réalisateur, Clouzot pose les jalons de ce qui fera le sel de sa trilogie, poursuivie avec Le Corbeau et Quai des orfèvres : un savant alliage de comédie grinçante, une sens de la composition de la collectivité hors-norme, le tout au service d’une intrigue policière plutôt bien emmenée.
Celle-ci, comme souvent chez le réalisateur, est néanmoins secondaire au vu des charmes fantastiques du reste du film, totalement jubilatoire. Servi par sert une galerie de personnages imparables, la première demi-heure est brillante. Art de la réplique gouailleuse et parisienne, on trouve ici les fondements de ce qui fera la saveur des Audiard. Ça canarde à tout va dans la vanne, tous les profils sont d’une trempe jouissive, franchement crue et insolente pour un film de 1942… Apologie du meurtre, insulte aux gendarmes, satire sur la bureaucratie… Fresney comme à son habitude a une présence épatante, exploitée à merveille par une intrigue lui permettant le travestissement et les rôles de composition, en flic ou pasteur…
Par la suite, le polar à la Agatha Christie prend le pas sur la comédie et les personnages s’affadissent un peu, mais tant de vie et de malice en un seul film suffisent pour le considérer comme incontournable.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Sam 8 Fév 2014 - 6:05



Les accusés d’expédition.

La longue introduction silencieuse nous donne à voir la ville, ses rues désertes et les grilles de fer forgé qui s’ouvrent en grinçant au passage de la caméra ; son mouvement ample donne au spectateur une omniscience jouissive et annonce avec méthode le programme du récit à venir : l’intrusion dans l’intimité, le vernis de la surface qu’on va écailler pour faire gentiment éclater toute la concorde sociale.
Clouzot, maitre absolu de son regard, sait exactement où donner à voir : l’alternance entre les lieux publics (l’église, le lavoir…) et les alcôves (en consultation médicale ou dans les salons des notables) offre un panorama des ravages de la vérité et du mensonge sur les habitants. Progressivement, le discours secret prend le pas sur l’officiel, à l’image de cette belle séquence d’enterrement où une nouvelle lettre pleine de fiel décape les circonvolutions habituelles et les éléments de langage de l’élu. La foule elle-même, qu’elle soit dans la cour de récréation ou sur les parvis, devient un personnage à part entière, à la fois victime collective et contenant du graphomane anonyme. Par les ombres, les escaliers, les silhouettes hors champs, la paranoïa s’installe et les visages se ferment sans que puisse pour autant cesser la vie interlope des pécheurs… Car dans ce jeu de massacre, les arrangements sont encore possibles : un tel acceptera de taire les horreurs sur l’autre, pourvu qu’il passe sous silence les siennes…
L’une des grandes forces est aussi de croquer ce monde délétère avec un sens de la satire qui alterne les scènes pathétiques et comiques : comme toujours chez Clouzot, on retrouve ce sens de la réplique cinglante, ces saillies souvent dites sur un ton décalé, où l’on se pique, pour se mettre au niveau du corbeau, de parler avec sérénité des horreurs qu’il dévoile, allant jusqu’à les dicter patiemment à la communauté dans une expérience graphologique des plus cocasses.
Fresney, comme à son habitude, est brillant, séduisant en diable dans ses réparties, et touchant lorsqu’il passe aux aveux. Car de ce jeu malsain, personne ne sort indemne. On sera indulgent envers la fin et ses révélations en cascade un tantinet excessive ; car ce qui reste véritablement, c’est cette dernière image, retour dans les rues du début, où s’éloigne la vengeresse qui soigne le mal par le mal, échec du corbeau, mais victoire contre la moralité sociale… Et à bien la regarder, cette silhouette tout de noir vêtu ressemble furieusement à un corbeau.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Sam 8 Fév 2014 - 9:12

C'est vrai que j'avais été un peu déçu par la fin, ça aurait pu être son meilleur film.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Dim 9 Fév 2014 - 7:50



People are strange

Le principe consistant à intégrer une intrigue policière au sein d’une collectivité est de l’ordre du système chez Clouzot : c’est le cas du Corbeau ou de L’assassin habite au 21. Mais loin de ronronner, ses films ne cessent, tout en creusant le même sillon, de mettre au jour une petite comédie humaine, grinçante et virtuose.
L’enquête en elle-même a l’intelligence de laisser penser au spectateur qu’il en connait les clés dès le départ, et permet un renouvellement continu des révélations. Mais à ce charme s’ajoute celui des milieux dépeints : celui du monde des heurts conjugaux, de la populace parisienne, des gens du spectacle ou de la police. Toujours aussi à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer la collectivité, Clouzot circule avec fluidité entre les groupes, donne à chacun son intégrité et sa touche, pour aboutir à une constellation vivante, gouailleuse et attachante. Qu’on assiste aux retrouvailles d’un couple et du lait qui déborde, à la confidence solitaire de la blonde esseulée, de la brune gentiment cruche ou du veuf, l’intime est toujours juste, et permet l’accès aux fragilités de chacun, épaississant chaque personnage avant de le voir briller en société par ses saillies imparables. Car comme toujours chez Clouzot, c’est aussi le rire qui s’invite à la fête : Jouvet en tête, personnage extraordinaire, rabroue tous ses interlocuteurs (« Vous désirez quelque chose ? », lui demande un serveur, qui se voit répondre « De l’air. ») tout en obtenant d’eux, par sa parole continue, les informations qu’il désire.
Le secondant, les femmes, et surtout Dora, la photographe, sont les véritables entremetteurs du drame, tandis que le mari passif, à qui on vole tout, même son meurtre, se débat pathétiquement face aux assauts du sort et de l’enquêteur.
Cette plongée dans une galerie de portraits permet donc de dépeindre avec une grande justesse les passerelles entre l’intime et le collectif, et ce à travers un motif qui traverse tout le film, celui de l’image et de la mise en scène.
Dès l’ouverture, Clouzot filme la foule assistant au spectacle de Jenny : la caméra virevolte et compose son public : une vieille édentée, un couple bien occupé, un enfant qui braille, des hommes seuls aux yeux brillants : le glamour offert à la foule, l’amour verni à ceux qui en manquent, c’est bien là la dichotomie qui structure tout le récit.
Qu’on pense à la façon dont Dora réarrange la scène du crime, à la place pathétiquement symbolique du mari, au piano, première loge du spectacle de sa femme en objet de convoitise de la foule…Mari qui prendra comme alibi sa présence à un autre spectacle. Jusque dans les inflexions comiques, Clouzot exploite ce motif : c’est la scène de ménage avec les violons qui répètent en arrière-plan et offre une bande originale de premier choix, ou la savoureuse réécriture en langage châtié de la déposition du mari par l’inspecteur. Tout mérite une réécriture, tout se verra exploité en vue du grand spectacle attendu par le public. Ce n’est pas un hasard si le temps presse pour le réveillon de Noël, grande soirée du paraitre où les familles se réunissent, et si les journalistes attendent dans le couloir comme des prédateurs pour donner leur version romancée du récit.
Des individus et leur cortège d’émotions, que tout fragilise (qu’on considère à ce titre, le très incongru et très touchant fils de l’inspecteur qui s’invite dans certaines scènes), et qu’on propulse dans la lumière : voilà le sujet du film. On se défend, on s’invective, on se confesse, et la Noël qui clôt l’intrigue, celle de la réconciliation, n’est pas loin d’approcher celui de La vie est belle.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 6:47



Le sale air de l’ardeur

L’un des films les plus célèbres du cinéma français, l’un des seuls à avoir obtenu consécutivement la Palme d’Or et l’ours d’or à Berlin, sur le mouvement, la mécanique et le trajet, a néanmoins quelques ratés au démarrage. Il installe un univers désenchanté, une prison à ciel ouvert, dans laquelle on cherche à tout prix de quoi subvenir. Les uns sur les autres, des hommes de toutes nationalités, dans une ambiance de surchauffe malsaine, attendent de pouvoir en découdre. Très longue, (une heure, tout de même) cette exposition a certes le mérite de déployer une fureur vaine qui fera contraste avec les silences à venir, elle n’en est pas moins pesante et assez lourde dans sa façon de caractériser les protagonistes, que ce soient les gros bras dont on constatera la veulerie, ou les employés cyniques à outrance.

Quoi qu’il en soit, le film qui débute par la suite est une nouvelle fois un sommet de maitrise. Sur le principe assez basique de ce qui serait désormais assimilé à un jeu vidéo, le récit déplie un trajet semé d’embuches, toutes plus inventives et retorses les unes que les autres.
Conscient de son talent, Clouzot ne s’embarrasse pas d’effets superfétatoires : tout passera par le regard : contre-plongées, silences, montage clinique, gros plans et dilatation du temps, bien des séquences annoncent l’esthétique de Sergio Leone.
L’intelligence de son suspense consiste en une gestion du rythme proprement machiavélique : c’est toujours lors des répits que le pire survient.
Clouzot n’en délaisse pas moins ce qui fait le sel de tous ses films, à savoir les rapports humains : la métamorphose est certes un peu poussive en ce qui concerne Vanel, et certains dialogues un peu trop écrits, soucieux de passer à la postérité (« Et nous, on est pas des morts qui marchent ? »). Le personnage de Montand est plus intéressant, sa détermination s’accroissant à mesure que son rejet des autres, voire sa cruauté s’affirment. La réussite passe ainsi par la déshumanisation. Et si les visages, filmés au plus près au détriment d’un décor hostile, dans un final touchant, permettent une forme de réconciliation, c’est bien parce qu’il est trop tard.

Radicalement pessimiste, voire sadique, le film entier pourrait se résumer dans une de ses plus belles séquences, visuellement très impressionnante et d’une écriture chirurgicale : celle de la mare de pétrole. Alors qu’il s’agit, comme toujours, d’avancer à tout prix, tout s’enlise, tout se délite, et ces noyades dans la fange noire ont tout du film d’épouvante, jamais aussi efficace que lorsqu’il se distille dans la lenteur et la répétition. Un très grand moment de cinéma.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 9:14

Mon préféré après La vérité. J'ai pas ressenti cette lourdeur dans l'installation, le cinéaste se fond dans un écosystème qui n'a rien du salon de thé et pour moi Clouzot a toujours eu un fond misanthrope et hautement pessimiste sur la nature humaine donc ça se tient. Et si certains dialogues sont trop écrits, le film est beaucoup plus épuré que tout ce qu'il a sorti avant, et finalement beaucoup moins balisé que les Diaboliques par exemple que je trouve assez surestimé. Il peut se passer n'importe quoi n'importe quand et c'est ça qui est génial, surtout pour l'époque.

Bien vu pour la tension silencieuse qui préfigure Leone même si c'est moins poussé que chez Melville, figure tutélaire numéro 1 de l'Italien je pense. Par contre j'y vois une grosse influence sur Aldrich (surtout Vera Cruz qui influencera Leone aussi). Clouzot et Melville étaient d'ailleurs souvent cités par cette génération de cinéastes américains et bizarrement décriés chez nous.


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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 12:13

Bravo encore Nulladies pour ces belles chroniques.
Le salaire de la peur" un des films qui m'aient le plus marqué enfant ! ça passait genre le dimanche après-midi !
Cocktail nytro, pétrole et sueur !!
Oui la mare de pétrole ça plombe un peu ta joie à entrer dans la société de la bagnole ! La joie aussi de Montand au volant dans les derniers instants du film... Inoubliable !
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 12:20

@RabbitIYH a écrit:
Mon préféré après La vérité. J'ai pas ressenti cette lourdeur dans l'installation, le cinéaste se fond dans un écosystème qui n'a rien du salon de thé et pour moi Clouzot a toujours eu un fond misanthrope et hautement pessimiste sur la nature humaine donc ça se tient. Et si certains dialogues sont trop écrits, le film est beaucoup plus épuré que tout ce qu'il a sorti avant, et finalement beaucoup moins balisé que les Diaboliques par exemple que je trouve assez surestimé. Il peut se passer n'importe quoi n'importe quand et c'est ça qui est génial, surtout pour l'époque.

Bien vu pour la tension silencieuse qui préfigure Leone même si c'est moins poussé que chez Melville, figure tutélaire numéro 1 de l'Italien je pense. Par contre j'y vois une grosse influence sur Aldrich (surtout Vera Cruz qui influencera Leone aussi). Clouzot et Melville étaient d'ailleurs souvent cités par cette génération de cinéastes américains et bizarrement décriés chez nous.

Tout à fait d'accord pour les références. Dans Vera Cruz, le pessimisme sur la moralité des personnages est en effet assez similaire.
Melville, c'est envisagé comme cycle dans les prochains mois...
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 12:20

@Azbinebrozer a écrit:
Bravo encore Nulladies pour ces belles chroniques.
Le salaire de la peur" un des films qui m'aient le plus marqué enfant ! ça passait genre le dimanche après-midi !
Cocktail nytro, pétrole et sueur !!
Oui la mare de pétrole ça plombe un peu ta joie à entrer dans la société de la bagnole ! La joie aussi de Montand au volant dans les derniers instants du film... Inoubliable !

Merci gars !
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 13:36

@Nulladies a écrit:

Melville, c'est envisagé comme cycle dans les prochains mois...

 cheers  ça me donnera l'occasion de voir Le silence de la mer qui traîne dans un disque dur, le seul que je n'ai jamais vu.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Lun 10 Fév 2014 - 14:05

@RabbitIYH a écrit:
@Nulladies a écrit:

Melville, c'est envisagé comme cycle dans les prochains mois...

 cheers  ça me donnera l'occasion de voir Le silence de la mer qui traîne dans un disque dur, le seul que je n'ai jamais vu.
Il me manque plein de Melville pas vus...  Sad
Très bonne initiative de prévoir un cyle qui lui soit consacré, ça me permettra d'essayer de suivre le rythme d'un film/jour (aucun espoir de ce côté, je suivrai mon propre rythme) et surtout de combler les vides.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 11 Fév 2014 - 6:42



Cadrage cardiaque

Que reste-t-il à prouver à Clouzot après Le Salaire de la Peur ? Pas grand-chose, si ce n’est que sa femme est une actrice digne du haut de l’affiche, et que la maitrise du film précédent peut rendre les policiers qu’il réalisait auparavant encore plus intenses.
Les Diaboliques est en effet marqué par les nombreux procédés qui faisaient la force du Salaire : nous sommes face à une mise en scène méthodique, clinique, marquée par un regard chirurgical et une absence totale de musique, accroissant la tension a un degré assez jubilatoire.
Comme toujours, Clouzot prend son temps, et l’exposition consistant à caractériser les personnages parvient à mettre en place un univers – la pension, toute en escalier, bassins souillés et fenêtres multiples – et caractériser les personnages : la trouble Signoret, la pâle Vera et le très agréablement sadique Meurisse. La collectivité fonctionne à merveille, l’interaction entre les enfants et les professeurs, aussi dépassés qu’obséquieux avec leur hiérarchie, rappelle ce sens inné du cinéaste à dépeindre un monde clos, comme on le voyait dans Quai des Orfèvres ou Le Corbeau.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 11 Fév 2014 - 7:22

Pour moi du bon scénar bien filmé qui tourne un peu à vide quand même. Personnages caricaturaux, pas grand chose à voir en filigrane si ce n'est une métaphore de l'exercice de style lui-même, on est loin d'Hitchcock que le film aurait soit-disant influencé comme aiment à le prétendre les critiques ricains qui aiment se faire mousser en citant des films français et n'ont de toute façon jamais rien bitté au cinéma de maître Alfred (comme s'il avait attendu Les diaboliques pour tourner des histoires de faux-semblants, cf. Soupçons ou Le grand alibi).
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 11 Fév 2014 - 7:37

@RabbitIYH a écrit:
Pour moi du bon scénar bien filmé qui tourne un peu à vide quand même. Personnages caricaturaux, pas grand chose à voir en filigrane si ce n'est une métaphore de l'exercice de style lui-même, on est loin d'Hitchcock que le film aurait soit-disant influencé comme aiment à le prétendre les critiques ricains qui aiment se faire mousser en citant des films français et n'ont de toute façon jamais rien bitté au cinéma de maître Alfred (comme s'il avait attendu Les diaboliques pour tourner des histoires de faux-semblants, cf. Soupçons ou Le grand alibi).

Y'a quand même un aspect teigneux assez jubilatoire, je trouve. Et pour Alfred, nous sommes d'accord.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 11 Fév 2014 - 9:02

@Nulladies a écrit:

Y'a quand même un aspect teigneux assez jubilatoire, je trouve.

Ça c'est sûr, bien cynique aussi ![/quote]


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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mer 12 Fév 2014 - 6:43



« Pour juger un amour, il faut être capable d’aimer »

Durant ce récit de procès, Clouzot va prendre son temps. La longue mise en place des avocats, des témoins, leur récusation ou les déplacements dans le public en témoignent : l’unité de lieu, de cadre surtout, est prépondérante et place un glacis fondamental sur les émotions à venir.
Dans cette salle gigantesque, toute la pantomime est prête : les robes, le public, qui réagira comme au spectacle, entre indignation et rire, le plus souvent de mépris face à la femme qu’on juge. De cette micro société surgit de temps à autre un représentant : concierge, logeuse, tristes porte-parole d’une humanité vieillissante, que Clouzot est habitué à pourfendre.
Le récit encadré peut donc commencer : celui d’une passion amoureuse qui tourne mal, rien de plus, mais minée, contaminée par une écriture savante permettant aux hommes de loi d’en faire le récit : sur les images d’une jeunesse rebelle et bohème se greffe une voix off réactionnaire et à charge, qui transforme l’étincelle d’une jouvencelle oisive en charbon souillant tout sur son passage.
Le premier gouffre est creusé : celui de l’impossible communication entre la jeunesse et les adultes, les notables et les représentants de l’autorité. « J’vois pas ce qu’il y a d’honnête à se faire épouser », réplique Bardot aux accusations de mauvaise vie qu’on lui profère. Une sincérité, une « vérité » qui loin de la sauver, l’enfonce, comme le témoignage de ses camarades anti-bourgeois. A la lumière d’une logique morale tout droit sortie de manuels de bonne conduite, on réécrit sa destinée, on la traduit en français : on ne dit pas qu’elle a couché avec un homme, mais qu’elle lui a « prodigué les marques de son affection ». Ce qui faisait rire dans la déposition remaniée par Jouvet dans Quai des orfèvres devient ici proprement glaçant.
Mais cette jeunesse flamboyante, crue dans son langage et dans son comportement, annonce de la nouvelle vague naissante, n’est elle aussi que le cadre du véritable sujet du récit : celui d’un couple maudit dont on ne peut logiquement établir les déchirements.
« On n’est pas doués pour aimer tous les deux », dit l’une. « C’est peut-être pour ça qu’on s’entend », réplique l’autre. Ce qui motive Gilbert, c’est le mystère de cette femme, d’une insolente liberté. « Vous êtes un cas, vous m’intéressez » lui dit-il en gage de déclaration. C’est vrai pour tous ceux qui l’entourent, y compris et surtout ceux qui ne voudraient pas la voir, dans ce prétoire où les angles de vues ont beau se multiplier, le rapport frontal ne dévie pas.
Un temps durant, pourtant, le flashback se déploie au point de faire oublier le futur des assises. C’est la parenthèse enchantée d’un amour qui semble possible, et où l’on se croit en pleine possession de ses moyens, métaphorisé par cette belle séquence où Gilbert dirige son orchestre… Scène d’autant plus déchirante lorsqu’elle trouvera son écho dans la contemplation de ce même orchestre dirigé sur plusieurs téléviseurs dans une vitrine, contemplée par Dominique seule, dans et à la rue.
Car l’ultime tâche dévolue à la Cour est de juger d’une passion amoureuse. En tentant de plaquer une grille de lecture froide, logique et rationnelle sur les ravages d’une brûlure destructrice, elle occasionne des débats passionnés, passionnants, glaçants et vains.
L’écriture du film est en tout point brillante, jusque dans ses longueurs qui donnent à vivre les revirements incessants des amants incapables de trancher. De la même façon, si leur jeu peut sembler parfois excessif, c’est surtout par contraste avec la froide et géniale maitrise des avocats, fielleux ou roublards dans leur éloquence.
Cette dichotomie entre la raison et la passion, le calcul rhétorique et la spontanéité tragique trouve aussi son illustration dans le traitement du temps : alors que le récit originel est tout entier sous l’égide des coups d’éclats et des actes irréfléchis, la cour a pour elle la maitrise du temps : elle fige, elle dissèque, elle rembobine ad nauseam pour déceler ou prouver des intentions. La reconstitution du meurtre où l’on exige que Dominique reprenne le pistolet est en cela brillante : elle oppose deux visions, sadise l’accusée et l’enfonce dans un rôle mensonger où tout l’accable, parce qu’elle est incapable de mettre au jour cette vérité des sentiments humains. On soupçonne chez elle le mal froid et calculé, la préméditation, la destruction de la sœur ; le spectateur a bien compris que tous ces maux sont justement ceux de la cour, incapable de voir la brûlure de la passion.
Broyée, menée à bout, Dominique finit par enfin rejoindre le récit encadrant, dans un cri d’amour et de désespoir. Au mort, elle dit sa passion. A la cour, une des indicibles vérités : « Vous êtes là, déguisés, ridicules, vous êtes tous morts ! »

Quel verdict imaginer, qui ne soit pas faux, et qui puisse être juste ? Aucun, si ce n’est celui de l’impuissance du système à circonscrire le mystère des passions humaines. C’est bien la tragédie qui reprend ses droits. « Eteinte » en plein vol, la cour se reprend rapidement. « En piste », disait-on à l’ouverture du procès. « Sale coup », conclut l’accusation… « Les aléas du métier », reprend le collègue, déjà ancien adversaire, prêt à échanger son rôle la semaine suivante. La machine reprend son cours, chaude encore des corps qu’elle a broyés, ignorante et rassasiée, ouvrant largement la gueule pour les suivants.

Fin du cycle Clouzot. Un très, très grand cinéaste.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mer 19 Fév 2014 - 11:01

J'avais loupé ta chronique, merci de rendre si bien justice à ce chef-d'oeuvre.

En guise d'épitaphe je viens de tomber sur ce clip de l'excellent groupe Le Réveil des Tropiques (où officie notamment Frédéric Oberland de Farewell Poetry et Oiseaux-Tempête), c'est signé Nicotine sur de fascinantes images remaniées de L'Enfer, version avortée de Clouzot qui sera adaptée des années plus tard par Chabrol. A voir ça, on se dit qu'on est vraiment passé à côté d'un chef-d'oeuvre de modernité :

http://vimeo.com/86406409
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mer 19 Fév 2014 - 11:55

@RabbitIYH a écrit:
J'avais loupé ta chronique, merci de rendre si bien justice à ce chef-d'oeuvre.

En guise d'épitaphe je viens de tomber sur ce clip de l'excellent groupe Le Réveil des Tropiques (où officie notamment Frédéric Oberland de Farewell Poetry et Oiseaux-Tempête), c'est signé Nicotine sur de fascinantes images remaniées de L'Enfer, version avortée de Clouzot qui sera adaptée des années plus tard par Chabrol. A voir ça, on se dit qu'on est vraiment passé à côté d'un chef-d'oeuvre de modernité :

http://vimeo.com/86406409

Merci, c'est diablement intéressant !
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 25 Mar 2014 - 10:39

@Nulladies a écrit:


« Pour juger un amour, il faut être capable d’aimer »

Durant ce récit de procès, Clouzot va prendre son temps. La longue mise en place des avocats, des témoins, leur récusation ou les déplacements dans le public en témoignent : l’unité de lieu, de cadre surtout, est prépondérante et place un glacis fondamental sur les émotions à venir.
Dans cette salle gigantesque, toute la pantomime est prête : les robes, le public, qui réagira comme au spectacle, entre indignation et rire, le plus souvent de mépris face à la femme qu’on juge. De cette micro société surgit de temps à autre un représentant : concierge, logeuse, tristes porte-parole d’une humanité vieillissante, que Clouzot est habitué à pourfendre.
Le récit encadré peut donc commencer : celui d’une passion amoureuse qui tourne mal, rien de plus, mais minée, contaminée par une écriture savante permettant aux hommes de loi d’en faire le récit : sur les images d’une jeunesse rebelle et bohème se greffe une voix off réactionnaire et à charge, qui transforme l’étincelle d’une jouvencelle oisive en charbon souillant tout sur son passage.
Le premier gouffre est creusé : celui de l’impossible communication entre la jeunesse et les adultes, les notables et les représentants de l’autorité.  « J’vois pas ce qu’il y a d’honnête à se faire épouser », réplique Bardot aux accusations de mauvaise vie qu’on lui profère. Une sincérité, une « vérité » qui loin de la sauver, l’enfonce, comme le témoignage de ses camarades anti-bourgeois. A la lumière d’une logique morale tout droit sortie de manuels de bonne conduite, on réécrit sa destinée, on la traduit en français : on ne dit pas qu’elle a couché avec un homme, mais qu’elle lui a « prodigué les marques de son affection ». Ce qui faisait rire dans la déposition remaniée par Jouvet dans Quai des orfèvres devient ici proprement glaçant.
Mais cette jeunesse flamboyante, crue dans son langage et dans son comportement, annonce de la nouvelle vague naissante, n’est elle aussi que le cadre du véritable sujet du récit : celui d’un couple maudit dont on ne peut logiquement établir les déchirements.
« On n’est pas doués pour aimer tous les deux », dit l’une.  « C’est peut-être pour ça qu’on s’entend », réplique l’autre. Ce qui motive Gilbert, c’est le mystère de cette femme, d’une insolente liberté. « Vous êtes un cas, vous m’intéressez » lui dit-il en gage de déclaration. C’est vrai pour tous ceux qui l’entourent, y compris et surtout ceux qui ne voudraient pas la voir, dans ce prétoire où les angles de vues ont beau se multiplier, le rapport frontal ne dévie pas.
Un temps durant, pourtant, le flashback se déploie au point de faire oublier le futur des assises. C’est la parenthèse enchantée d’un amour qui semble possible, et où l’on se croit en pleine possession de ses moyens, métaphorisé par cette belle séquence où Gilbert dirige son orchestre… Scène d’autant plus déchirante lorsqu’elle trouvera son écho dans la contemplation de ce même orchestre dirigé sur plusieurs téléviseurs dans une vitrine, contemplée par Dominique seule, dans et à la rue.
Car l’ultime tâche dévolue à la Cour est de juger d’une passion amoureuse. En tentant de plaquer une grille de lecture froide, logique et rationnelle sur les ravages d’une brûlure destructrice, elle occasionne des débats passionnés, passionnants, glaçants et vains.
L’écriture du film est en tout point brillante, jusque dans ses longueurs qui donnent à vivre les revirements incessants des amants incapables de trancher. De la même façon, si leur jeu peut sembler parfois excessif, c’est surtout par contraste avec la froide et géniale maitrise des avocats, fielleux ou roublards dans leur éloquence.
Cette dichotomie entre la raison et la passion, le calcul rhétorique et la spontanéité  tragique trouve aussi son illustration dans le traitement du temps : alors que le récit originel est tout entier sous l’égide des coups d’éclats et des actes irréfléchis, la cour a pour elle la maitrise du temps : elle fige, elle dissèque, elle rembobine ad nauseam pour déceler ou prouver des intentions. La reconstitution du meurtre où l’on exige que Dominique reprenne le pistolet est en cela brillante : elle oppose deux visions, sadise l’accusée et l’enfonce dans un rôle mensonger où tout l’accable, parce qu’elle est incapable de mettre au jour cette vérité des sentiments humains. On soupçonne chez elle le mal froid et calculé, la préméditation, la destruction de la sœur ; le spectateur a bien compris que tous ces maux sont justement ceux de la cour, incapable de voir la brûlure de la passion.
Broyée, menée à bout, Dominique finit par enfin rejoindre le récit encadrant, dans un cri d’amour et de désespoir. Au mort, elle dit sa passion. A la cour, une des indicibles vérités : « Vous êtes là, déguisés, ridicules, vous êtes tous morts ! »

Quel verdict imaginer, qui ne soit pas faux, et qui puisse être juste ? Aucun, si ce n’est celui de l’impuissance du système à circonscrire le mystère des passions humaines. C’est bien la tragédie qui reprend ses droits. « Eteinte » en plein vol, la cour se reprend rapidement. « En piste », disait-on à l’ouverture du procès. « Sale coup », conclut l’accusation… « Les aléas du métier », reprend le collègue, déjà ancien adversaire, prêt à échanger son rôle la semaine suivante.  La machine reprend son cours, chaude encore des corps qu’elle a broyés, ignorante et rassasiée, ouvrant largement la gueule pour les suivants.

Fin du cycle Clouzot. Un très, très grand cinéaste.
Merci les gars, grâce à vous je m'arrache un peu plus dans le choix des films à voir.
Hier soir "La vérité" jamais vu et une bonne grosse claque !
Aucun souvenir d'avoir vu ça à la télé... est-ce que ça passait autant que ses autres CO ?...
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   Mar 25 Mar 2014 - 12:06

Je l'avais vu sur France 3 il y a quelques années pour ma part.
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MessageSujet: Re: [Cycle] H-G Clouzot   

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