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 [cycle] Jacques Tourneur

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MessageSujet: [cycle] Jacques Tourneur   Sam 25 Jan 2014 - 17:39

Jacques Tourneur, parfois anglicisé en Jack Tourneur, Jacques Thomas de son nom de naissance1, est un réalisateur français, né à Paris 12e le 12 novembre 1904 et mort à Bergerac le 19 décembre 1977. Il a fait l'essentiel de sa carrière à Hollywood, et a obtenu la nationalité américaine en 1919.

Sommaire

1 Biographie
1.1 Carrière
2 Filmographie
2.1 Cinéma (réalisateur)
2.1.1 Courts métrages
2.1.2 Longs métrages
2.2 Télévision
2.3 Participations
3 Notes et références
4 Voir aussi
4.1 Bibliographie
4.2 Liens externes

Biographie

Jacques Tourneur est le fils de Maurice Tourneur, illustrateur et réalisateur lui-même. Il suit son père aux États-Unis à l'âge de dix ans et tous deux rentrent en France en 1925.
Carrière

Il débute dans le cinéma au début des années 1930, comme monteur des films de son père (dont Les Gaietés de l'escadron), ou d'autres metteurs en scène. Il réalise quatre films en France à partir de 1931, avant de partir pour Hollywood en 1934. Il n'y réalise d'abord que des courts métrages, puis dirige des secondes équipes sur des films plus importants. Il n'apparaît pas dans ce cas au générique, les secondes équipes n'étant pas créditées à l'époque. They All Came Out (1939), un documentaire romancé sur les prisons, lui permet d'accéder à la réalisation de longs métrages.

Imposé par le producteur Val Lewton à la RKO, il va exceller dans le film fantastique, mais réaliser également de remarquables westerns, films d'aventures et films noirs jusqu'à la fin des années 1950. Dans ses films fantastiques, il se distingue en jouant avant tout sur le non-dit et la suggestion pour susciter l'angoisse. Il est l'inventeur de l'effet-bus.

Un bon exemple de sa « méthode » est la scène de la piscine, dans le film La Féline, scène reprise telle quelle dans le remake réalisé quarante ans plus tard par Paul Schrader. Tourneur suscite une forte tension en jouant sur l'éclairage et les zones d'ombre, l'instabilité de l'environnement (l'eau de la piscine, les reflets de l'eau sur les murs), les prise de vue en plongée et contre-plongée, et la réverbération du son qui enveloppe totalement le spectateur, ce qui est un tour de force avec une bande son mono. Il passa d'ailleurs deux jours à enregistrer le son de cette scène dans la piscine (pour une durée de tournage totale de 21 jours).

Il réalise quelques autres chefs-d'œuvre, comme Vaudou, L'Homme Léopard (1943), Pendez-moi haut et court (Out of the Past) (1947) et plus tard Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon) (1957).

Il travaille ensuite pour la télévision, notamment les séries Bonanza et La Quatrième Dimension.

En 1966, il revient en France et s'installe en Dordogne, près de Bergerac où il reçoit quelques-unes de ses connaissances d'Hollywood, notamment un de ses comédiens d'élection, Dana Andrews.
Filmographie
Cinéma (réalisateur)
Courts métrages

1936 : A Miniature: The Story of 'The Jonker Diamond'
1936 : Harnessed Rhythm
1936 : Master Will Shakespeare
1936 : Killer-Dog
1937 : The Grand Bounce
1937 : The Boss Didn't Say Good Morning
1937 : The Rainbow Pass
1937 : Le Roi sans couronne (The King Without a Crown)
1937 : Romance of Radium
1937 : The Man in the Barn
1937 : What Do You Think?
1938 : What Do You Think? (Number Three)
1938 : Mort d'un bateau (The Ship That Died)
1938 : Un visage derrière un masque (The Face Behind the Mask)
1938 : What Do You Think?: Tupapaoo, sur Tabou de Murnau
1938 : Un nimbe de gloire (Strange Glory)
1938 : Think It Over
1939 : Yankee Doodle Goes to Town
1942 : L'Étranger mystérieux (The Incredible Stranger)
1942 : L'Alphabet de la santé (The Magic Alphabet)
1944 : Reward Unlimited

Longs métrages

1931 : Tout ça ne vaut pas l'amour ou Un vieux garçon
1933 : Toto ou Son Altesse voyage
1933 : Pour être aimé
1934 : Les Filles de la concierge
1939 : They All Come Out
1939 : Nick Carter, Master Detective
1940 : Phantom Raiders
1941 : Doctors Don't Tell
1942 : La Féline (Cat People)
1943 : Vaudou (I Walked with a Zombie)
1943 : L'Homme-léopard (The Leopard Man)
1944 : Jours de gloire (Days of Glory)
1944 : Angoisse (Experiment Perilous)
1946 : Le Passage du canyon (Canyon Passage)
1947 : Pendez-moi haut et court ou La griffe du passé (Out of the Past)
1948 : Berlin Express
1949 : La Vie facile (Easy Living)
1950 : Stars in my Crown
1950 : La Flèche et le Flambeau ( The Flame and the Arrow)
1951 : L'Enquête est close (Circle of Danger)
1951 : La Flibustière des Antilles (Anne of the Indies)
1952 : Le Gaucho (Way of a Gaucho)
1953 : Les Révoltés de la Claire-Louise (Appointment in Honduras)
1955 : Le juge Thorne fait sa loi (Stranger on Horseback)
1955 : Un jeu risqué (Wichita)
1956 : L'Or et l'Amour (Great Day in the Morning)
1957 : Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon)
1957 : Poursuites dans la nuit ( Nightfall)
1958 : La Cible parfaite (The Fearmakers)
1959 : Tombouctou (Timbuktu)
1959 : Frontière sauvage (Frontier Rangers), The Gunsmith, The Bound Women, The Burning Village, (3 épisodes de Northwest Passage, série TV)
1959 : La Bataille de Marathon (La Battaglia di Maratona)
1960 : Passage secret (Mission of Danger), coréalisé avec George Waggner
1961 : Fury River
1963 : Le croque-mort s'en mêle (The Comedy of Terrors)
1965 : La Cité sous la mer (War-Gods of the Deep ou The City Under the Sea)

Télévision

Réalisateur

1955-1961 : General Electric Theater (en) (série), 4 épisodes
1955 : The Martyr
1955 : Into the Night
1960 : Aftermath
1961 : Star Witness: The Lili Parrish Story
1956 : Fireside Theater (en) (série), 3 épisodes
1956 : A Héro Returns
1956 : Kirsti
1956 : The Mirror
1957 : Schlitz Playhouse of Stars (en) (série), 1 épisode
1957 : Outlaw's Boots
1957 : The Walter Winchell File (en) (série), 3 épisodes
1957 : The Steep Hill
1958 : House on Biscayne Bay
1958 : The Stopover
1958 : Cool and Lam, CBS Productions
1958 : Northwest Passage (en) (téléfilm), 8 épisodes
1958 : The Gunsmith
1958 : The Burning Village
1958 : The Bond Women
1959 : The Break Out
1959 : The Vulture
1959 : The Traitor
1959 : The Assassin
1959 : The Hostage
1959 : Bonanza (série), 1 épisode
1960 : Denver McKee
1959 : The Alaskans (en) (série) , 1 épisode
1960 : The Devil Makers
1960 : The Barbara Stanwyck show (en) (série), 11 épisodes
1960 : The Mink Coat
1960 : Ironbark's Bridge
1960 : The Miraculous Journey of Tadpole Chan
1961 : Frightened Doll
1961 : The Choice
1961 : Sign of the Zodiac
1961 : Adventure on Happiness Street
1961 : The Golden Acres
1961 : Confession
1961 : Dragon by the Tail
1961 : Dear Charlie
1962 : Aventures dans les îles (Adventures in Paradise) (série), 1 épisode
1962 : Une fiancée pour le capitaine (A Bride for the Captain)
1962 : Follow the Sun (en), (série), 1 épisode
Sergeant Kolchak Fades Away
1963 : La Quatrième Dimension (The Twilight Zone) (série), 1 épisode
1963 : Night Call
1966 : T.H.E. Cat, (série), 1 épisode
1966 : The Ring of Anasis

Participations

1927 : Le Navire des hommes perdus (Das schiff der verlorenen menschen) de Maurice Tourneur, assistant réalisateur
1928 : La Piste de 98 (The Trail of '98) de Clarence Brown, acteur (rôle indéterminé, non-crédité)
1932 : Les Gaietés de l'escadron de Maurice Tourneur, monteur
1933 : Les Deux Orphelines ou Frochard et les deux orphelines de Maurice Tourneur, monteur
1933 : La Fusée de Jacques Natanson, monteur
1933 : Le Voleur, de Maurice Tourneur, monteur
1935 : Le Marquis de Saint-Évremont (A Tale of two Cities) de Jack Conway, réalisation de la séquence de la prise de la Bastille.

Notes et références

↑ lesgensducinema.com [archive]

Voir aussi
Bibliographie

Michael Henry Wilson, Jacques Tourneur ou la magie de la suggestion, Éditions du Centre Pompidou, 2003
Écrits de Jacques Tourneur. Written by Jacques Tourneur, présentation de Jacques Manlay, Rouge Profond, 2003
Frank Lafond, Jacques Tourneur, les figures de la peur, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2007.
Chris Fujiwara "The Cinema of Nightfall, Jacques Tourneur" The Johns Hopkins University press, édition 2000

Liens externes

(en) Jacques Tourneur sur l’Internet Movie Database
Jacques Tourneur sur le site CinéRessources.net
La tombe de Jacques Tourneur à Bergerac (24)
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Sam 25 Jan 2014 - 17:55

Wop

Edit: hoooo le wip à disparu

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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Sam 25 Jan 2014 - 19:57

Mince je savais pas qu'il avait tourné autant de trucs pour la télé !

Le bel ovni de sa filmo (ou du moins ce que j'en ai vu) c'est Stars in My Crown, histoire d'un pasteur de campagne vu par l'orphelin qu'il a recueilli. Même si la chronique est parfois sombre (épidémies, lynchages en toile de fond), on est loin des thrillers et autres films d'épouvante, c'est surtout tendre et humaniste, un trésor caché des 50s.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Dim 26 Jan 2014 - 10:29



« Maybe it’s better not to know »

Le film d’épouvante est un genre délicat, qui suppose une maitrise indéfectible de son réalisateur et une véritable intelligence du scénariste pour parvenir à ses fins.
Tourneur est très clairement un maitre du genre, qui a la malchance de travailler dans un milieu où les impératifs économiques vous contraignent à dépendre de producteurs, dont le moins qu’on puisse dire est que la finesse et la subtilité ne sont pas les qualités premières. D’où les fameux ajouts du début du film qui ruinent considérablement l’économie générale du récit. Fi de l’ambiguïté et de cette précarité délicieuse entre surnaturel et réalisme que Maupassant savait si bien doser. Sorte de prequel noir et blanc des Gremlins, le démon s’invite dans la séquence d’ouverture et force la compréhension du film.
Ce dernier met un certain temps à démarrer, handicapé par l’éventement de son ouverture. Mais la progression du personnage d’Holden qui voit son scepticisme radical se fissurer lentement prend de l’ampleur et occasionne, dans la deuxième partie, de très belles séquences.  La photographie, la lumière sont parfaitement exploitées (et magnifiées par la récente réédition en Blu-ray) pour mettre en place l’atmosphère requise du film d’angoisse. Perspective infinie d’un couloir obscur, poursuite dans les bois nocturnes par un nuage de fumée, plongée sur un escalier au premier plan duquel une main apparait furtivement sur la rambarde, violence du fracas des trains face à un personnage déboussolé… Les morceaux de bravoure s’enchainent et le film délivre enfin toute sa puissance visuelle, forçant notre indulgence face aux maladresses du début. Tourneur s’en tire donc avec panache, et fournit lui-même la réponse au programme énoncé au sceptique qui commence à douter : « You say show me. I say look for yourself. »
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Dim 26 Jan 2014 - 10:30



 “I don’t know what love really is”  

Jalon dans l’histoire du cinéma fantastique, La Féline est une œuvre qui conjugue une écriture profondément littéraire à un sens visuel malin et suggestif.  Il faut revenir, une fois encore, à Maupassant et aux analyses lumineuses que fait Todorov de ce qu’est le fantastique pour mesurer à quel point le film applique avec brio toutes les ficelles du registre. Tout fonctionne sur le contrechamp et l’invisible, et la quasi-totalité du film trouve une possible explication rationnelle. Maitre d’une atmosphère souvent nocturne, Tourneur place le regard au premier plan de l’effroi : du personnage qui voit, ou plutôt craint les limites de sa vision, et du spectateur, enfermé dans les choix rigides du metteur en scène qui ne montre que ce qu’il juge nécessaire. Ainsi, lors de la poursuite dans la rue, la lumière d’un réverbère est aussi rassurante qu’anxiogène parce qu’elle accentue l’obscurité alentour, et la scène de panique dans la piscine est un sommet d’effroi où seul le son et les ombres permettent à ce qui a tout d’une hallucination de se déployer.  La grande intelligence du film consiste aussi à laisser tout l’espace d’expression à la femme, qui passe de la victime traditionnelle et passive à celle par qui le mal arrive, initiant un courant nouveau dans le fantastique américain à venir. La française Simone Simon fait des merveilles, déchirée entre sa connaissance du mal et les pulsions qui l’assaillent. Son mari se retrouve par conséquent dans le rôle de la potiche terne et attentiste : castré, frustré, pris dans un piège assez pervers (ne couche pas avec moi, ne m’embrasse pas, rends moi heureuse et surtout, ne suscite en moi ni colère ni jalousie), sa passivité ne fait que renforcer la présence de son épouse et celle de la victime, la potentielle maitresse qui lui volera aussi la vedette dans ces morceaux de bravoure où le spectateur se délectera de cette violence latente des femmes entre elles. Car, en plus d’être un film féministe, La Féline est bien entendu un récit puissant sur la sexualité. Il baigne tout d’abord dans un christianisme puritain dont la représentation est plutôt ambiguë, car certes triomphateur (à l’image de la règle d’architecte transformé par un jeu d’ombre en crucifix) mais aussi associé à un folklore naïf qui subit le discrédit des sceptiques. Mais c’est clairement l’acte physique amoureux, et le désir sensuel qui sont perçus comme déclencheurs de la transformation. La femme désirante laisserait l’animal sauvage parler en elle et lutte contre cette pulsion, qui ne fait qu’exacerber le désir de l’homme : « Le feu qui couve en elle me captive », dira son mari. Le scénario achèvera avec malice cette idée à travers le personnage du psychiatre : comme le Holden de Rendez-vous avec la peur,  la figure du sceptique va progressivement ouvrir les yeux, mais ici en cédant au désir : l’irrationnel prendra le dessus lorsque son éthique professionnelle cèdera face à la passion masculine.  La féline est enfin une tragédie, celle du déchirement de cette femme qui ne sait qui écouter en elle, sa morale chrétienne ou son désir coupable issu d’un amour on ne peut plus pur, mais entaché par le mal d’une souillure ancestrale. Sacrificielle, incapable d’humanité sous peine de mort, cette vision subtile et suggestive d’une sexualité vampirique achève la profondeur de ce portrait d’un être sublime et grotesque qui a toute sa place dans la mythologie du 7ème art.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 6:47



« There’s no beauty here, only death and decay »

Après La Féline et avant Rendez-vous avec la peur, Tourneur explore le fantastique de l’ailleurs. Les Antilles, c’est l’univers à la fois exotique, paradisiaque et d’une violence secrète : celle de l’esclavage et de la colonisation. L’arrivée opportune d’une infirmière, nouvelle venue candide, va être l’occasion d’une initiation multiple : à l’amour, à la maladie, et surtout à l’autochtone, cet autre pourtant séculairement chez lui.
Tourneur complexifie ici les rapports entre les personnages par l’instauration d’un quatuor amoureux, où tout se joue entre deux frères et leur lien à deux archétypes de femmes : la belle innocente altruiste, et la statue d’une beauté froide et atemporelle.
Autour de ce microcosme névrotique et passionnel, la nature mystérieuse de la lisière fonctionne comme l’exacerbation des passions vers l’irrationnel : au rythme de lancinants tam-tam qui scandent des cérémonies opaques, les personnages se dévoilent et se laissent attirer par la nuit et l’occulte.
Au centre, la figure de la mère, monstrueuse et respectable, nœud tragique autour duquel tout gravite.
Tourneur, à son habitude, exploite au mieux l’éclairage et la vision de l’extérieur pour susciter l’effroi : c’est la limite d’un champ de canne, la porte d’une tour, ou l’inerte d’objets effrayants, à l’image de cette proue de navire, syncrétisme du christianisme (St Sebastien) et de l’histoire locale, transformée en une inquiétante fontaine. Le parcours des personnages vers les profondeurs de la forêt, vers la révélation d’un monde qui restera opaque et se finira dans l’infini des vagues, boucle admirablement le programme initial : alors qu’elle contemplait la beauté du paysage exotique, son hôte s’échinait, dès le départ, à expliquer que toute cette harmonie n’était que la vision, flamboyante certes, d’une mort en cours.
Tragédie, policier, ce récit d’une forte densité (68 minutes) confirme le talent rare du réalisateur dans un registre finalement peu souvent exploité avec autant de justesse et de retenue.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 8:48

Bon maintenant faut attaquer le vrai chef-d’œuvre, La Griffe du Passé bordel ! Meilleur film des années 40 ou pas loin (j'exagère mais à peine).
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 8:49

@RabbitIYH a écrit:
Bon maintenant faut attaquer le vrai chef-d’œuvre, La Griffe du Passé bordel ! Meilleur film des années 40 ou pas loin (j'exagère mais à peine).

Bon d'accord.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 8:50



Archétype du film noir, le film joue sur tous les clichés de cette époque : le héros blasé, la femme fatale, la voix off désabusée, les ambiances nocturnes et le scénario retors.
Chaque personnage a son pendant : Douglas, clair et solaire, est le malfrat qui engage le sombre Mitchum au grand cœur. Ce dernier se frottera à la brune et sadomaso femme fatale à laquelle il essaiera d'échapper dans les bras de la blonde du présent potentiellement rédempteur...
Ambiance virile au plus haut point, on échange à coups de répliques cinglantes, voire de bonnes torgnoles qui font fissa se rasseoir madame sur son canapé.
Le film qui a tous les charme des témoignages d'une époque et d’un genre, où chaque plan, chaque visage nous donne à voir la quintessence du noir, dont il dessine avec talent les contours sombres.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 10:08

C'est fou comme ça a l'air moins génial là de suite.  rabbit Sens de l'ellipse formidable, passé qui vous rattrape, fatalité des erreurs que l'on ne peut s'empêcher de répéter : la quintessence du film noir certes mais nettement plus cru que la moyenne et dont les éléments sont complètement réagencés pour tendre vers le mélodrame désespéré aux allures de tragédie antique, véhicule d'une vision de l'humanité où toute rédemption est impossible pour les uns comme les pour les autres.
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 10:12

@RabbitIYH a écrit:
C'est fou comme ça a l'air moins génial là de suite.  rabbit Sens de l'ellipse formidable, passé qui vous rattrape, fatalité des erreurs que l'on ne peut s'empêcher de répéter : la quintessence du film noir certes mais nettement plus cru que la moyenne et dont les éléments sont complètement réagencés pour tendre vers le mélodrame désespéré aux allures de tragédie antique, véhicule d'une vision de l'humanité où toute rédemption est impossible pour les uns comme les pour les autres.

Bon, tu l'auras compris, c'est une réédition d'une ancienne critique, du temps où j'y consacrais beaucoup moins de temps.
Cela dit, je ne suis pas non plus totalement sous le charme avec ce film, tellement archétypal qu'il me semble parfois un peu outrancier... Même si je sais que c'est le propre du genre. Je trouve que ça manque de chair, et que ce glacis des personnages, engoncés dans leur paraître, a certes les rutilances de la légende, mais freine aussi les émotions du spectateur.
Purement subjectif, tu en conviendras.  Very Happy
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 10:16

Les films amènent tellement de critique littéraires qu'ils devraient sortir uniquement en livres.    albino
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MessageSujet: Re: [cycle] Jacques Tourneur   Lun 27 Jan 2014 - 10:47

Il y a pourtant énormément de choses à y voir, et la mise en scène est tout aussi signifiante et sublime que celle de ses films de terreur. Personnellement c'est plutôt ceux-là que j'ai tendance à trouver archétypaux sur les bords (à l'exception du personnage de La féline), Out of the Past - le titre en VO oriente aussi vers une dimension presque fantomatique qu'on ressent beaucoup dans le film -a justement les qualités trop rares du mélodrame qui ne surjoue pas l'émotion, on la ressent dans les choix moraux des personnages et dans la mise en scène, bien sûr.
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