Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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Esther
Yul le grincheux


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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 4 Aoû 2014 - 21:34

J'ai voulu me faire "les diaboliques" ce soir, mais je suis vanné et je ne serais pas allé au bout, ce sera donc pour demain. J'ai trouvé ces films en DVD et quelques autres pour 50 centimes pièce, en neuf.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 4 Aoû 2014 - 21:39

@Esther a écrit:
J'ai voulu me faire "les diaboliques" ce soir, mais je suis vanné et je ne serais pas allé au bout, ce sera donc pour demain. J'ai trouvé ces films en DVD et quelques autres pour 50 centimes pièce, en neuf.

 cheers cheers cheers 
Ce serait dommage de s'endormir devant, réserve toi en effet !
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 7:25



Les fous de Wall Street

Margin Call est d’autant plus intéressant à voir lorsqu’on le compare à The Wolf of Wall Street. Ceux qui reprochaient au film de Scorsese son obscénité et sa frénésie gratuite trouveront ici l’exact contrepoint qu’ils recherchaient peut-être sur le sujet.
Le film fonctionne sur le principe de l’épure. Dans le monde fou de la finance, c’est paradoxalement la suppression qui l’ouvre : les licenciements en masse et la mise en parallèle volontairement douteuse avec l’agonie d’une chienne pleurée par un patron par ailleurs d’une indifférence notoire à l’égard des humains.
Film nocturne, Margin Call s’articule autour de ressorts dramatiques propres au théâtre, voire à la tragédie. Nombre progressivement réduit de personnages, tractations en coulisses, mise en avant des dialogues, c’est l’épure qui domine. De la richesse démesurée des protagonistes, on ne voit presque rien. Pas de coke, de putes, de villas. On en parle : le montant du salaire annuel, des primes, mais tout cela reste des chiffres, et c’est bien là l’une des démonstrations du film. L’enjeu n’est pas tant l’action que sa préparation dans une activité sans cesse différée qui par sa dynamique génère une tension très habile. Intérieurs glacés, bureaux laqués, visages professionnels. On prend la mesure du séisme à venir, connu des spectateurs puisqu’il s’agit de la crise des subprimes.
Mais sur ce point aussi, c’est la logique de l’évidement qui prime. Alors que la surcharge verbale et les échanges intimistes devraient logiquement dévier vers la leçon didactique au spectateur, leur teneur principale est celle de l’ignorance. On demande à chaque fois aux experts de parler « en anglais », d’expliquer ça de façon claire ce qui ne l’est pour personne. De ce point de vue, on se rapproche au mot près de l’exposé de McConaughey dans The Wolf of Wall Street : tout est du vent, tout est virtuel. On comprend mieux que les tireurs de ficelle de ce jeu de dupes n’aient aucun état d’âme avec les conséquences sur le marché, les emplois, et les crédits de la masse populaire. On le dit clairement : tout le monde veut vivre au-dessus de ses moyens, et de temps en temps, logiquement, ça craque.
Il semble un temps durant que les dilemmes moraux de certains personnages, celui de Spacey en tête, ne sont pas très crédibles : c’est là une des habiles fausses pistes du film, qui retombe toujours avec rouerie sur les pattes de son cynisme. Si quelques lourdeurs des dialogues empèsent çà et là la démonstration, le jeu des acteurs, impeccable, l’équilibre avec brio. Tragédie feutrée, les échanges remontent le « chain of command » et les numéros de comédiens, de Quinto à Bettany de Spacey, à Baker pour aboutir à un Irons dont la rareté ajoute au crédit dans ce rôle du grand manitou. Et partout, le même silence, la même ignorance des tenants et aboutissants de ce qui se joue. Un seul objectif : tirer ses marrons du feu et préparer la prochaine étape de la course au profit, quelles qu’en soient les conséquences.
Film glacial, brillamment déceptif, Margin Call fait de sa neutralité sombre une tonalité audacieuse et intelligente : elle met le spectateur dans cette inconfortable position du citoyen face à la marche folle du monde : celle de l’impuissance désenchantée.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 8:44

J'avais énormément aimé ce film à sa sortie. Tu as vu All is Lost, le nouveau film de Chandor passé quasi inaperçu l'an dernier ? Je l'ai justement téléchargé y a quelques jours mais pas encore eu le temps, visiblement un film d'aventure en mer sans dialogues avec Robert Redford dans le rôle principal...



Oeuvre très personnelle de Johnnie To déguisée en film mineur, double hommage à Akira Kurosawa (via de multiples clins d'oeil et références à La légende du grand judo) et à la poésie urbaine de Tati et Albert Lamorisse, Throw Down porte un regard tendre et volontiers humoristique sur trois losers magnifiques dont les tragédies personnelles ne sont jamais soulignées plus que de raison. Poursuite de ses rêves coûte que coûte, tentation nihiliste, rédemption personnelle, honneur et amitié sur fond de judo, de petites arnaques et de chorégraphies aussi absurdes que fascinantes. Un petit bijou, si l'on fait abstraction de la musique qui lui donne des airs de film des années 80.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 8:46

@RabbitIYH a écrit:
J'avais énormément aimé ce film à sa sortie. Tu as vu All is Lost, le nouveau film de Chandor passé quasi inaperçu l'an dernier ? Je l'ai justement téléchargé y a quelques jours mais pas encore eu le temps, visiblement un film d'aventure en mer sans dialogues avec Robert Redford dans le rôle principal...

Ah tiens, j'avais pas fait le rapprochement. Ce dernier ne m'inspirait absolument pas, il faut dire... Tu me diras si ça vaut le coup que je m'y attarde.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 9:04

Oui moi non plus à la base, c'est après qu'on en ait parlé à ma femme que j'ai fait le rapprochement en me renseignant sur le film. Pas sûr que ça me passionne non plus, mais je te dirai.
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Zwaffle
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 9:26

@Nulladies a écrit:


Les fous de Wall Street

Margin Call est d’autant plus intéressant à voir lorsqu’on le compare à The Wolf of Wall Street. Ceux qui reprochaient au film de Scorsese son obscénité et sa frénésie gratuite trouveront ici l’exact contrepoint qu’ils recherchaient peut-être sur le sujet.
Le film fonctionne sur le principe de l’épure. Dans le monde fou de la finance, c’est paradoxalement la suppression qui l’ouvre : les licenciements en masse et la mise en parallèle volontairement douteuse avec l’agonie d’une chienne pleurée par un patron par ailleurs d’une indifférence notoire à l’égard des humains.
Film nocturne, Margin Call s’articule autour de ressorts dramatiques propres au théâtre, voire à la tragédie. Nombre progressivement réduit de personnages, tractations en coulisses, mise en avant des dialogues, c’est l’épure qui domine. De la richesse démesurée des protagonistes, on ne voit presque rien. Pas de coke, de putes, de villas. On en parle : le montant du salaire annuel, des primes, mais tout cela reste des chiffres, et c’est bien là l’une des démonstrations du film. L’enjeu n’est pas tant l’action que sa préparation dans une activité sans cesse différée qui par sa dynamique génère une tension très habile. Intérieurs glacés, bureaux laqués, visages professionnels. On prend la mesure du séisme à venir, connu des spectateurs puisqu’il s’agit de la crise des subprimes.
Mais sur ce point aussi, c’est la logique de l’évidement qui prime. Alors que la surcharge verbale et les échanges intimistes devraient logiquement dévier vers la leçon didactique au spectateur, leur teneur principale est celle de l’ignorance. On demande à chaque fois aux experts de parler « en anglais », d’expliquer ça de façon claire ce qui ne l’est pour personne. De ce point de vue, on se rapproche au mot près de l’exposé de McConaughey dans The Wolf of Wall Street : tout est du vent, tout est virtuel. On comprend mieux que les tireurs de ficelle de ce jeu de dupes n’aient aucun état d’âme avec les conséquences sur le marché, les emplois, et les crédits de la masse populaire. On le dit clairement : tout le monde veut vivre au-dessus de ses moyens, et de temps en temps, logiquement, ça craque.  
Il semble un temps durant que les dilemmes moraux de certains personnages, celui de Spacey en tête, ne sont pas très crédibles : c’est là une des habiles fausses pistes du film, qui retombe toujours avec rouerie sur les pattes de son cynisme. Si quelques lourdeurs des dialogues empèsent çà et là la démonstration, le jeu des acteurs, impeccable, l’équilibre avec brio. Tragédie feutrée, les échanges remontent le « chain of command » et les numéros de comédiens, de Quinto à Bettany de Spacey, à Baker pour aboutir à un Irons dont la rareté ajoute au crédit dans ce rôle du grand manitou. Et partout, le même silence, la même ignorance des tenants et aboutissants de ce qui se joue. Un seul objectif : tirer ses marrons du feu et préparer la prochaine étape de la course au profit, quelles qu’en soient les conséquences.  
Film glacial, brillamment déceptif, Margin Call fait de sa neutralité sombre une tonalité audacieuse et intelligente : elle met le spectateur dans cette inconfortable position du citoyen face à la marche folle du monde : celle de l’impuissance désenchantée.

j'ai mis du temps avant de le choper en dvd pour le voir parce que le pitch était pas sexy au possible

mais c'est justement cette sobriété et ce côté anti-spectaculaire qui le rend passionnant
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Goupi Tonkin
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 12:10


 I love you S'il ne faut voir qu'un seul Rohmer...

J'aime beaucoup ce qu'en a dit Claude-Jean Philippe : "Cette justesse semble produite sans effort. L'intuition psychologique et le jugement moral sont toujours étroitement confondus. Rien n'est jamais arrêté, définitif. Le récit romanesque rivalise alors avec la musique, la plus belle, la plus souverainement maîtrisée des musiques de chambre. "

Musique de chambre, c'est tout à fait ça.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 16:38

J"arrive jamais à me souvenir desquels j'ai vu. A priori pas celui-là... j'ai vu les Contes, L'arbre, le maire et la médiathèque... mais sans en garder aucun souvenir, le seul qui m'ait marqué c'est Pauline à la plage.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 20:39

@RabbitIYH a écrit:
J"arrive jamais à me souvenir desquels j'ai vu. A priori pas celui-là... j'ai vu les Contes, L'arbre, le maire et la médiathèque... mais sans en garder aucun souvenir, le seul qui m'ait marqué c'est Pauline à la plage.
Je garde un bon souvenir de Pauline à la plage, mais L'arbre, le maire et la médiathèque, je n'ai jamais pu le voir jusqu'au bout. Je cale aux deux tiers.

Top 3 Rohmer

Ma nuit chez Maud  I love you I love you I love you 
Les nuits de la pleine lune
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 5 Aoû 2014 - 22:04

Les nuits de la pleine lune j'ai l'impression de l'avoir vu mais pareil, j'arrive pas à visualiser.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 6 Aoû 2014 - 7:04

@Goupi Tonkin a écrit:
@RabbitIYH a écrit:
J"arrive jamais à me souvenir desquels j'ai vu. A priori pas celui-là... j'ai vu les Contes, L'arbre, le maire et la médiathèque... mais sans en garder aucun souvenir, le seul qui m'ait marqué c'est Pauline à la plage.
Je garde un bon souvenir de Pauline à la plage, mais L'arbre, le maire et la médiathèque, je n'ai jamais pu le voir jusqu'au bout. Je cale aux deux tiers.

Top 3 Rohmer

Ma nuit chez Maud  I love you I love you I love you 
Les nuits de la pleine lune
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Je connais mal Rohmer, mais Ma nuit chez Maud m'avait beaucoup marqué.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 6 Aoû 2014 - 10:22

@RabbitIYH a écrit:
Les nuits de la pleine lune j'ai l'impression de l'avoir vu mais pareil, j'arrive pas à visualiser.
Pourtant difficile d'oublier ces jeunes bourgeois parisiens 80's, veste aux épaulettes démesurées pour monsieur et boucles d'oreilles clips pour madame, qui sautillent avec une raideur aujourd'hui désuète et touchante sur les vieux parquets des appartements Haussmanniens.

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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 7 Aoû 2014 - 7:10



Audace, ô désespoir.

Je dois la vision de cette œuvre à François Angelier, qui l’avait décrété comme film de chevet chez Bou et Thoret il y a quelques années.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que celui-ci est hors norme.
Toujours à la lisière de l’incongruité, il fusionne plusieurs niveaux de réalité, épouse les obsessions d’un détective borderline sur la piste d’une croqueuse de diamants en la personne d’Adjani, qui change de perruque un plan sur deux, et se trouve nue dans les autres.
Ce n’est pas foncièrement mauvais, et on peut même considérer comme une réussite le fait que le malaise se distille, notamment grâce au jeu ténu et ambigu de Serrault. Tout aussi déconcertant, le mélange des genres : film sur le deuil, polar burlesque ne s’embarrassant nullement de cohérence, délire psychotique, comédie franchement drôle sur certaines répliques, Mortelle Randonnée prend un malin plaisir à sortir des sentiers balisés et nous chahuter dans les hors-pistes.
Non dénué de maladresses, s’étirant sur deux heures bien senties, le film a le mérite de son originalité, mais n’en est pas pour autant mémorable. Dans ce registre, et avec infiniment plus de grinçant, on ira plutôt voir du côté de Blier pour avoir de quoi se mettre quelque chose qui crisse sous la dent.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 7 Aoû 2014 - 8:32

Pour moi ça reste infiniment meilleur que n'importe quel Blier (bouark), par contre c'est loin d'être le meilleur Miller.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 7 Aoû 2014 - 10:33

Je déteste ces moments où j'aimerais défendre un film sans le pouvoir vraiment car vu il y a trop longtemps.  geek  Sans être aussi fan de celui-là que de Garde à vue, La meilleure façon de marcher, La petite Lili, L'effrontée et quelques autres, il me semble que la dimension de "jeu de rôles" est centrale pour appréhender ce mélange des genres. Effectivement film de deuil, qui fait écho à la soeur disparue bébé que Miller n'a jamais vraiment connue, Mortelle Randonnée parle d'un père qui s'invente une fille et d'une fille qui s'invente des pères. Il y a quelques chose de Vertigo dans ce film, la mise en scène d'une vie pour combler la tragique solitude et la perte d'un être cher, d'ailleurs la fin est assez proche de celle du film d'Hitchcock. Et comme souvent chez Miller le monde du fantasme interpénètre le réel et le monde de l'enfance envahit celui de l'âge adulte, il me semble qu'il y a une scène ou Serrault parle à un gamin, et lui-même sonne comme un enfant dans ce dialogue, comme si toute cette histoire lui rendait sa jeunesse, quelque part c'est une ode au pouvoir du cinéma. Quant à Adjani c'est une gamine grandie trop vite, qui s'invente des personnalités faute d'être vraiment femme. Il y a énormément de niveaux de lecture dans ce film, le nom du personnage, L'Oeil (metteur en scène, obsession du voyeur, illusion que l'on choisit de préférer au réel), évoque énormément de choses aussi mais tout ça n'est plus assez clair dans mon souvenir.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 7 Aoû 2014 - 10:47

Citation :
mais n’en est pas pour autant mémorable
Si, pour moi, il est assez "mémorable". J'aime beaucoup ce film ambigu, étrange et douloureux ( même si le thème de l'enfance est encore présent, comme toujours ou presque chez Miller, c'est en effet  un film sur le deuil. Audiard avait perdu son premier fils dans un accident de voiture. Il écrit là ce qui est certainement son dialogue le plus personnel... Serrault, qui lui aussi eut le malheur de perdre un enfant, est souvent assez bouleversant. Le film fut un exorcisme pour beaucoup de ses participants, un requiem un peu barré. Et ça se sent... ) Puis c'est aussi un conte noir, plus qu'un film noir, avec un château gothique, des sorcières, des fantômes et un masque de Blanche-Neige...
Chez Miller, dans la même veine trouble, j'aime aussi beaucoup Dites lui que je l'aime ( dans mon top 3 Miller ) et La classe de neige.

En revanche, j'ai un peu voire beaucoup de mal à percevoir nettement le lien avec le cinéma de Blier ( même avec Buffet froid ).  Blier, que j'aime bien aussi mais beaucoup moins que Miller, est un cinéaste agressif, transgressif et provocateur, ce que n'est absolument pas le mélancolique, nostalgique et délicat Miller. S'il arrive parfois à Miller de pratiquer lui aussi le "hors-piste", son cinéma lorgne plutôt vers un certain onirisme ( les hallucinations de l'enfant dans la classe de neige ) ou un certain "réalisme poétique" ( le très surprenant final de Dites lui que je l'aime )  quand celui de Blier pratique plus volontiers la farce noire et dévastatrice.

Citation :
Dans ce registre, et avec infiniment plus de grinçant, on ira plutôt voir du côté de Blier pour avoir de quoi se mettre quelque chose qui crisse sous la dent.
Mouais. C'est très subjectif mais je trouve La meilleure façon de marcher ou Dites lui que je l'aime bien plus dérangeants, troublants et inconfortables que Tenue de soirée ou Préparez vos mouchoirs ( que j'aime beaucoup d'ailleurs ), par exemple.

-------

http://3rocks.1fr1.net/viewtopic.forum?t=1226


Dernière édition par Goupi Tonkin le Jeu 7 Aoû 2014 - 16:23, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   

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