Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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Tony's Theme
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 29 Déc 2013 - 20:17

@guil a écrit:


quelle bande de crétins!
pas le meilleur des coen, mais jouissif
Ouais, pas le meilleur en effet mais quelques bonne scènes.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 29 Déc 2013 - 20:29

Tony 'les bons tuyaux' a écrit:
@guil a écrit:


quelle bande de crétins!
pas le meilleur des coen, mais jouissif
Ouais, pas le meilleur en effet mais quelques bonne scènes.

Un des rares que je n'ai pas vu
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 29 Déc 2013 - 20:33

Tony 'les bons tuyaux' a écrit:
@guil a écrit:


quelle bande de crétins!
pas le meilleur des coen, mais jouissif
Ouais, pas le meilleur en effet mais quelques bonne scènes.

C'est certes assez light, mais il faut reconnaître qu'en matière d'illustration des profondeurs de la bêtise humaine, les Cohen sont les meilleurs.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 30 Déc 2013 - 7:25



Vous n’avez pas la version en noir et blanc ?

Les Etats-Unis cherchent à se remettre de la 2nde guerre mondiale : il s’agit d’honorer les victimes, de saluer le dévouement des américains et de composer avec les dommages collatéraux. Thèmes somme toute parfaitement légitimes.
L’ouverture du film est pourtant assez prometteuse, par la découverte de l’enfant rasé et mutique, et lorsque le récit débute, filtré par la subjectivité de l’enfant, alignant les maisons, les parents adoptifs et le fantasme du métier de « Grandpa’ ».
Mais les artifices de la narration (les cheveux verts, franchement, c’est aussi convaincant qu’un épisode des Teletubies), la carte postale manichéenne de la société, divisée entre gentils apôtres du bien, et méchants commerçants et enfants ignorants est tout sauf captivante. Ajoutez la réunion des enfants victimes, sorte de Pays imaginaire de Peter Pan totalement improbable et vous avez le raisin sec sur le cake.
Bon, avec les meilleures intentions du monde, en emmenant un bus de l’école primaire, à la rigueur, et encore… La fable a ses vertus, mais là, c’est un peu rude. Oui, oui, la guerre c’est mal et la tolérance c’est bien, mais ça n’empêche pas l’exigence.
Losey, pour le moment, c’est celui-là et La bête s’éveille… Et je suis très loin d’avoir envie d’insister.

Le film a un mérite, il nous fait découvrir enfant Dean Stockwell le héros de Code Quantum et l’un des protagonistes de Dune, qui remplacera les cheveux verts par des costumes d’un gout tout aussi douteux.
Et surtout, pour les fans de Neil Young qui auront eu le courage de lire cette critique jusqu’au bout, Dean Stockwell est un grand pote du loner avec qui il a contribué en réalisant l’une des plus belles pochettes de sa carrière, celle de… American Stars’n bars. Et oué.
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Tony's Theme
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 30 Déc 2013 - 9:11

Le gamin c'est Dean Stockwell ! Rien que pour ça j'ai envie de le voir  Razz 

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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 30 Déc 2013 - 10:24

@bro' a écrit:
@Esther a écrit:
@bro' a écrit:
Pour ceux qui ont le bouquet Canal +, grand film ce soir sur Canal + Cinéma : La Couleur des Sentiments.

Par contre, pour les autres, y'a que des merdes...

grave. et comme j'ai déjà vu La Couleur des Sentiments...

Vous avez aimé la couleur des sentiments ? Essayez si ce n'est déjà fait  Arrow "Loin du paradis"
de 2003 avec des thèmes qui se croisent... petite bourgeoisie desesperate, racisme, homosexualité...

"L'Amerique provinciale des années 1950. Mère et épouse exemplaire, Cathy Whitaker fait partie des notables de sa petite communauté. Rien ne semble altérer son beau sourire, peu importe que son mariage s'effrondre et que ses amies l'abandonnent. Quand l'amitié qui la lie avec son jardinier provoquera un scandale, elle sera forcée derrière son sourire d'affronter la réalité."

J'ai vu hier "la couleur des sentiments" (le titre anglais "The help" aurait donné "Les bonnes", trop connoté Genet ?) simple, juste en effet !
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bro'
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 30 Déc 2013 - 11:46

je prends note.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 31 Déc 2013 - 8:09

@Azbinebrozer a écrit:
@bro' a écrit:
@Esther a écrit:
@bro' a écrit:
Pour ceux qui ont le bouquet Canal +, grand film ce soir sur Canal + Cinéma : La Couleur des Sentiments.

Par contre, pour les autres, y'a que des merdes...

grave. et comme j'ai déjà vu La Couleur des Sentiments...

Vous avez aimé la couleur des sentiments ? Essayez si ce n'est déjà fait  Arrow "Loin du paradis"
de 2003 avec des thèmes qui se croisent... petite bourgeoisie desesperate, racisme, homosexualité...

"L'Amerique provinciale des années 1950. Mère et épouse exemplaire, Cathy Whitaker fait partie des notables de sa petite communauté. Rien ne semble altérer son beau sourire, peu importe que son mariage s'effrondre et que ses amies l'abandonnent. Quand l'amitié qui la lie avec son jardinier provoquera un scandale, elle sera forcée derrière son sourire d'affronter la réalité."

J'ai vu hier "la couleur des sentiments" (le titre anglais "The help" aurait donné "Les bonnes", trop connoté Genet ?) simple, juste en effet !

Pas vu la couleur, Mais Loin du Paradis est un très beau film.
Et puis Julian Moore, quoi.  drunken 
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 31 Déc 2013 - 8:09



J’aurais pu faire un jeu de mot pathétique dans mon titre, qui aurait donné « ether-minable », mais c’eût été un peu trop méchant.

Ce film est assez singulier, difficilement notable.
Les reproches sont nombreux : c’est assez foutraque, toutes les parties filmées par les personnages dans une esthétique « found footage » sont assez dispensables et pénibles à suivre, l’ensemble est très composite et franchement long (2h30, tout de même.). Les ellipses et les scénettes qui ne sont pas forcément reliées entre elles ajoutent à la confusion générale, certes volontaire, mais qui n’ont pas toujours une grande cohérence. On a du mal à s’attacher à des personnages dont on ne comprend pas toutes les motivations et les revirements, et le sentiment pointe de temps à autre de se trouver face à du presque n’importe quoi élevé qui se légitimerait par une pose arty. Et ça, ça m’énerve.
Ceci étant posé, il faut reconnaître au film certaines qualités. L’alternance entre la vie officielle des personnages reclus et leur chat en ligne est assez touchante, car elle donne à voir l’invisible de leur souffrance et pousse à prendre en considération ceux qui se taisent.
Car le propos le plus intéressant du film est bien là : donner à voir la cruauté du monde adolescent. Prostitution, racket, harcèlement, humiliations, tout l’éventail des sévices est déplié, témoin d’une société malade où les adolescents dictent aux adultes déboussolés leurs conditions. Cela occasionne de belles scènes, soit en intense retenue (Kuno debout au piano face à la chorale) ou en déchainement de violence.
Autre intérêt du film, son titre déceptif : de cette chanteuse qui obsède les adolescents, nous ne saurons que peu de choses, et sa musique elle-même ne vient que très tardivement, lorsque le récit s’intensifie vers la tragédie.
Le discours fumeux sur l’éther prend ainsi sens : c’est vers l’immatériel, la musique, le silence, la chute, l’envol, les espaces cybernétiques que s’élancent ces ados en recherche de paix et de substitut à la violence du réel.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 2 Jan 2014 - 7:48



Sexe : prétexte, sous texte, intertextes.

On sait depuis longtemps à quel point LVT est un être malin et sournois, jouant habilement de la manipulation, de ses comédiennes ou de son public. Au terme d’une campagne plus qu’active pour son nouveau film, dont on nous parle depuis plus d’un an et les teasers et extraits se multiplient au point qu’on a du mal à les suivre, la trainée de souffre martialement accompagnée par un Rammstein qui fait bien moins mouche que chez Lynch accouche de cet objet étrange et hybride, fascinant et abscons.
Cerise sur le gâteau, on nous donne à voir une version courte et censurée. Difficile d’y voir autre chose qu’un appel à nous précipiter sur la prochaine édition intégrale en DVD…
Mais on sait depuis tout aussi longtemps à quel point jouer le jeu chez ce petit être pervers peut nous mener à de grands moments cinématographiques. Et son film mérite qu’on lui laisse sa chance.

La première sensation issue de la découverte de Nymphomaniac est celle d’un étonnement. Au cours de la très belle et contemplative séquence d’ouverture, où l’eau ruisselle sur les murs sombres et les tuiles d’une rue peu identifiable, le travail sur le son et la lenteur évoque d’emblée Tarkovski ; mais l’horizon d’attente du spectateur déforme tout aussi vite cet intertexte, cherchant dans le ruissellement et le zoom progressif vers la lucarne les connotations vers le sujet qu’il est venu voir traiter.
Ce prologue illustre parfaitement la malice du film : naviguant violemment entre deux tendances, le symbolisme dissertatif et la vision crue de l’acte lui-même, il déconcerte et ne donne jamais les clés de son positionnement.
La rencontre entre Seligman et Joe, prétexte narratif éculé, donne lieu à un récit et une dissertation étonnante d’austérité sur la pêche, la morale et la musique. Schémas à l’appui, par de petites affèteries de styles auxquelles LVT ne nous a pas habitués, (souvent, une image d’une comparaison du discours apparaît à l’écran : un oiseau, un guépard…) le récit dissémine une dissection des propos de Joe en tentant, littéralement, de les coucher sur la pellicule. Elle-même allongée sur son lit, se confesse avec recul, le visage tuméfié par le dernier chapitre de son histoire, auquel nous n’aurons pas encore accès à l’issue de ce premier volet. Charlotte Gainsbourg cantonne son rôle à celui de la narratrice et laisse donc interpréter son personnage par Stacy Martin, une jeune femme dont le dévouement et l’éclatante interprétation n’est pas sans nous rappeler celle d’Adele Exarchopoulos chez Kechiche il y a quelques mois.
De cet échange dissertatif et didactique, assez proche de Ma nuit chez Maud, surgit un récit dont la facticité est sans cesse soulignée. A la manière du final d’Usual Suspects, chaque objet de ce décor décati, la nymphe de l’hameçon, la fourchette de la pâtisserie, est un prétexte au flashback, dont Seligman lui-même doute de la véracité. Trop de coïncidences, trop de parallèles évidents, trop de leçons, trop de métaphores. Cette facticité structurante d’un film censé nous plonger crûment dans les affres du sexe est le grand pari de son auteur.
Car s’il déçoit en un sens l’attente du spectateur voyeur, il permet surtout un nouveau regard sur la confession de Joe, à l’image de la bienveillance un peu étrange et décalée qu’offre Seligman tout au long de son récit. Détruite, Joe cherche à nous apitoyer par le dégoût et propose un prologue réducteur et moralisateur de sa destinée : je suis une perverse, je suis punie. Les premières séquences de son souvenir, particulièrement celle du train, devraient confirmer cet axiome, par un discours froid qui nous renverrait à la vision de Haneke dans La Pianiste. Mais l’évolution de l’échange et la lente reconstitution du puzzle nous éloignent progressivement de ce simplisme, et le bon grand père pêcheur empêche le prêche de la pécheresse. (Désolé).
L’erreur aurait bien entendu été de faire de Joe une victime et de légitimer ses actes. LVT étant bien trop malin pour tomber dans ce panneau à l’américaine, il laisse s’écrire une somme d’expériences qui s’affranchissent de la morale et du code. Lorsque Seligman lui demande contre qui sa bande d’amies se rebelle en se dévouant au sexe sans entraves, elle nomme l’amour, le grand inconnu à cette étape de sa vie. A la façon dont Dom Juan ne cesse de blasphémer et d’affirmer son athéisme dans l’attente éperdue d’un signe de Dieu (… « dis seulement une parole et je serai guéri ») Joe cherche et attend, et compose à travers ses diverses expériences un amant archétypal qui serait l’homme au service de ses besoins. Elle le dit elle-même, son désir (lust) est une quête, une attente, et non une finalité.
Bien entendu, la morale rôde, et la vie dissémine sur la voie de cette quête les péripéties d’un parcours convenu : l’amour, l’ingrédient secret, la paternité, la mort, et les épouses. A ce titre, la scène d’Uma Thurman, sorte de sous Festen assez laborieuse, peut être lue de la même façon que bien des apparents défauts du film : intervention incongrue de la morale dans les pratiques effrénées de Joe, hystérie féminine et maladroite, c’est soit une scène ratée parce que grotesque, soit une illustration de l’erreur de placer la réflexion de la protagoniste sous le signe de la morale. Dans le même registre, les accouplements dans les sous-sols de l’hôpital ou la lubrification n’ont pas, à mon sens, vocation à être vus comme des provocations, mais des invitation à l’échappée des codes moraux rivés à nos consciences.
Si tel est le cas, quel serait donc le propos de cette confession ? Modulée par Seligman, le confesseur athée mais plein d’esprit, maladroit dans ses tentatives d’explication et de lisibilité d’un des plus grands mystères de l’homme, sa sexualité, il finit par dire deux évidences.
La première, « Les avions ont des ailes pour voler ». Et l’avion d’apparaître à l’écran, comme souvent dans ces propos didactiques. Mais pour une fois, l’argument ne suit pas. L’homme et la femme, pourvus de sexe, ont à faire avec lui et tout ce qu’il offre, et il permet effectivement l’envol.
Cet envol, c’est par une finalité esthétique qu’il achèvera de se déployer lors de sa deuxième explication. La magnifique dissertation finale sur la musique, dissection d’un choral de Bach boucle la référence à Tarkovski, par le choix d’un morceau qui structure son Solaris (http://www.youtube.com/watch?v=FcglyhUre4w à partir de 4’10) : c’est bien cette lévitation désincarnée qui serait l’objet de la quête, par le pétrissage des chairs corporelles.
Grand moment de cinéma, cette construction d’une partition musicale et charnelle justifie enfin le déplacement de la morale vers l’esthétique, et l’avènement d’une éthique : Joe définit les harmonies du sexe, et la nymphomanie comme une simple exigence du compositeur qui recourt à la polyphonie pour atteindre la perfection.

Mais nous ne sommes qu’au premier volet. Cette épiphanie utopiste, quand bien même elle justifierait le récit tout entier, ne peut être durablement atteinte.
Lors du rapport enfin amoureux, Joe implore M. Jérôme : « Fill all my holes ». Si à la nonchalance succédait la croyance, c’est bien sur la béance que s’achève le récit. Miroir de celle du spectateur, relance d’un parcours qu’on pensait arrivé à son terme, elle suspend un temps la musique qui venait combler la quête d’affirmation d’un corps en dialogue avec son propre silence.
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Rorschach
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 2 Jan 2014 - 8:29

Superbe critique ! Les critiques sur le film sont pas mal sur d autres sites (je suis allé voir). Il faut que je le regarde et que je me touche fasse une opinion !
Bravo en tt cas pr la qualité de ton post !
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 2 Jan 2014 - 8:35

@Rorschach a écrit:
Superbe critique ! Les critiques sur le film sont pas mal sur d autres sites (je suis allé voir). Il faut que je le regarde et que je me touche fasse une opinion !
Bravo en tt cas pr la qualité de ton post !

Merci à toi ! Tu me diras ce que tu en penses, ça vaut le coup de se faire une ...opinion.  Very Happy 
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 3 Jan 2014 - 7:21



Les clodos se taisent pour mourir

Prends ça dans ta face…c’est Roumain, ça dure 2h35, c’est un joyau.
La séquence d’ouverture confirme les craintes du spectateur réticent. Difficile de faire plus âpre. Vieux, gros, alcoolo, entouré de ses chats au milieu d’un appart sale et encombré, Dante Remus est tout sauf sexy, et n’a rien pour susciter la compassion ou l’intérêt, le nôtre ou celui de son entourage.
Voilà le programme et le défi de Puiu : dans une œuvre dont le propos est de fustiger le manque d’amour de son prochain, nous river au destin de cet homme insignifiant, choisi dans la masse grouillante qui converge chaque nuit vers les urgences, alors qu’un terrible accident de bus mobilise tous les hôpitaux. A l’écart de l’exceptionnel, à l’écart des priorités, il sera celle du regard du cinéaste qui va nous le rendre attachant et intime.

Le patient est encombrant, il pue l’alcool, et très vite, l’urine. Commence un lent et long périple, fondé sur le modèle d’un jeu de l’oie kafkaïen dans les dédales d’une administration cloisonnée, incapable de coordination face à un individu. Balloté de services en services, les examens se répètent, le retour à la case départ est permanent. Chaque médecin fait son propre diagnostic, la fatigue exacerbant les réactions à mesure que la nuit avance.
Il serait excessif de voir dans le film une simple dénonciation des manquements du système hospitalier, même s’ils sont patents ; certes, la lutte des classes entre les différentes fonctions du corps médical, le mépris des médecins à l’égard de l’ambulancière et l’absence d’empathie de certains ont de quoi choquer. Mais Puiu s’attache surtout à démontrer à quel point chacun a ses raisons. Oui, il y a des priorités, oui, les services sont pleins, non, on ne peut pas opérer un homme qui refuse de signer la décharge. L’humain face à l’administratif est ici le nerf de cette tragédie banale, et de la difficulté à composer, dans un système collectif, avec des problématiques individuelles. Pas de cibles précises, mais une fourmilière ankylosée, elle-même malade.
Alors qu’elle le rudoie aussi un peu dans les premiers temps, l’ambulancière devient progressivement l’ange gardien de Dante Remus, et la véritable héroïne du film, être fragile qui tente courageusement de combler les lacunes de la communication entre les différents établissements. Elle aussi, on l’apprend au fil de dialogues en second plan, a ses propres problèmes, comme tous les acteurs du système : divorces, célibat, amourettes, trafic, la vie continue, modeste et attachante.
Face à elle, notre héros avance, se délestant progressivement de tous ses attributs : chats, habits, contrôle de ses sphincters, cheveux, pour ne devenir qu’un corps blanc, double grotesque du Christ au tombeau.
L’esthétique du documentaire qui construit le film est ici son véritable génie : pas de musique, de longs plans séquences, des comédiens criants de vérités, tout contribue à nous immerger dans cette modeste quête. L’autre grande réussite du récit tient dans sa gestion du rythme : c’est dans la pulsation du temps réel, de sa lenteur et de sa répétition, que se loge l’intensité dramatique. On ouvre des portes, on dialogue, on hésite, on repart. Dante, pantin manipulé, dont on ne considère plus que la grosseur de l’estomac ou la rigidité du foie, devient un morceau qu’on trimbale en attente de place… ou de péremption.
Car le propos, s’il est assez terrifiant sur le système, n’en demeure pas moins comiquement désenchanté, comme chez les dramaturges de l’absurde : belle idée que de dénuer progressivement Dante de la capacité à parler : face à lui, l’inflation du discours, jusqu’à la nausée, illustre un gigantesque dialogue de sourd où l’on n’écoute pas la seule qui dit la vérité, parce qu’elle n’a pas le même droit à la parole que les autres.

Film d’une tension continue, profondément authentique et émouvant, La mort de Dante Lazarescu n’a pas d’autre ambition que son titre : attirer notre regard, pour une fois, sur les portions congrues de notre société, sur l’invisible et le nocturne, une ambition folle, humaniste et couronnée d’un succès aussi éclatant qu’il est humble.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 4 Jan 2014 - 7:20



Pelechian - Notre Siècle

« …éveiller dans le cœur des échos prolongés » (V. Hugo)

Pas de récit.
Pas de dialogues.
Pas de propos ?
Après L’homme à la caméra de Vertov, où le ciné-œil donnait à voir la ville, Pelechian propose ici qu’on la quitte vers les hautes sphères.
Mises à feu, décollages, mouvement continu des engins fabriqués par l’homme et l’arrachant à la pesanteur : on vole, on roule, on décolle.
On s’écrase, on explose en plein vol.
Notre siècle, donc : celui de la conquête verticale d’un espace entièrement colonisé dans son horizontalité, celui de l’avènement de la machine, esclave monstrueuse et dévorante de nos ambitions à la mesure d’un monde sans Dieu, que l’humain peut désormais lui-même anéantir par son ingénierie dans un ballet splendide de champignons atomiques.
Pelechian ne fait pas un documentaire, mais un collage d’images d’archives dont la collusion fait sens. Pas d’images en couleurs, alors que nous sommes en 1982 : le noir et blanc, souvent bleuté, assure une cohésion supplémentaires à la masse disparate des fragments, autant qu’il nous renvoie à une expression nostalgique d’une modernité déjà désuète.
La musique et le montage sont les cœurs du sujet. Le poème visuel qui s’en dégage génère un clip de cinquante minutes, extrêmement travaillé dans sa structure fondée sur les échos et les inflexions, les modulations et les points d’orgues. Alors qu’on ne cesse de décoller, que les comptes à rebours reprennent incessamment, l’envol progressif du spectateur par l’hypnotique rythme procure l’ivresse des hommes montrés à l’écran.
Un film expérimental qui se vit comme une expérience sensorielle, pour peu qu’on accepte de lâcher les amarres du film traditionnel rivé à la narration, ode à l’envol, hommage aux hommes, regard attendri et en surplomb sur les petits remous du XXème siècle.

« Il y a eu la Tour de Babel : pour punir les hommes, Dieu a séparé les peuples en différentes langues. Moi, j’essaye de m’adresser à ce domaine commun qui liait l’humanité avant cette séparation, celui de l’émotion. Il ne s’agit pas de prétention ; je crois que le cinéma en tant que tel, pas seulement le mien, possède les moyens de cette ambition ».
Artavazd Pelechian - Entretien avec Pelechian réalisé par François Niney en mai 1991 pour Les Cahiers du cinéma, n°454, avril 1992.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 4 Jan 2014 - 23:10





je continue mon périple Coen avec des revisionnages...
The Big Lebowski !  cheers  I love you 

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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 5 Jan 2014 - 7:40

Les deux sont des musts dans leur genre respectif !
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 5 Jan 2014 - 7:41



Sous le spotlight des lubriques

Etude de mœurs d’une ville allemande dans les années 50, Lola, une femme allemande a tout du récit réaliste et acide donnant à voir les bouleversements d’une époque, à savoir les 30 glorieuses et l’avènement du libéralisme corrompu. Au fil d’un récit que ne renieraient pas Balzac et ses courtisanes ou Zola dans les « notes de l’or et de la chair » de La Curée, Fassbinder fait de la prostituée l’allégorie du capitalisme, autour de laquelle tout gravite. Le bordel, lieu des décisions les plus importantes et de plaisirs monnayés, où tout est « en extra » est ainsi le QG d’une ville dévolue à la jouissance, soucieuse d’avancer sans se retourner sur son noir passé.
Le trio formé par l’idéaliste, la prostituée et le promoteur, un temps un brin caricatural, se complexifie au gré de l’intrigue par la quête de Lola qui veut s’offrir Von Bohm, être moral et respectable qui ne fréquente pas les bordels. On peut penser un temps qu’elle cherche à fuir sa condition et s’initier au véritable amour, ce que Von Bohm est prêt à lui offrir. Le renversement qui s’opère alors est le sel du film : ce dernier va renier son éthique au profit de sa passion amoureuse quand l’objet de son amour va se révéler une redoutable femme d’affaire qui le fera payer, dans tous les sens du terme.
L’immoralité du dénouement et la victoire de la corruption conduisent à un propos cynique assez ravageur et donnent son mérite au film, servi par des comédiens de talent, du moins pour les rôles principaux.
On peut néanmoins soulever quelques réserves sur sa mise en scène, assez clinquante et très marquée par les années 80 naissantes : spots bleus et roses permanents, couleurs bien trop soulignées, fondu enchainés par le flou de mauvais gout… quand bien même cette esthétique serait mise au service du propos (à savoir que la société toute entière est un lupanar, kitsch et bling bling), elle n’en est pas moins assez laide et pesante.

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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   

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