Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 Intégrale Michael Mann

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Nulladies
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Mer 22 Juin 2016 - 10:34

Oui, c'est un peu long, ce qui n'est jamais le cas dans The Insider. Un peu machine à oscars comme tu l'avais dit, mais ça reste de haut vol tout de même, et assez fin dans les touches qu'il parsème ici et là sur le biopic traditionnel.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Mer 22 Juin 2016 - 16:20

Certes ! Mon petit classement au passage (sans LA Takedown que je n'ai jamais vu et qui n'a pas l'air facile à trouver sur la toile, si tu as un lien je suis preneur) :

1. Collateral
2. The Insider
3. Le solitaire
4. Miami Vice
5. Heat
6. Le dernier des Mohicans
7. Le sixième sens
8. The Jericho Mile
9. Ali
10. Hacker
11. Public Enemies
12. La forteresse noire

The Jericho Mile quand même tout y est déjà : l'antihéros solitaire qui reprend goût à la vie, la droiture du criminel, la liberté dans l'isolement (tant physique que mental) au prix de la solitude, le respect mutuel et l'amitié entre personnages que tout oppose mais qui au fond se ressemblent, la mixité (une constante dans les duos de Mann), la politique, c'est une matrice idéale quand même, pas encore sur le plan visuel bien sûr mais ça manquait de moyens faut dire.

Quant à La forteresse noire, malheureusement d'accord avec toi, quelques plans magnifiques voire impressionnants (la découverte du charnier nazi par Gabriel Byrne, d'ailleurs seul acteur convaincant du film, qui en compte pourtant de très bons) mais le gros du film est embarrassant.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Jeu 23 Juin 2016 - 6:35

Je mettrai Le sixième sens beaucoup, beaucoup plus haut !

Et pour ce qui est de la critique à suivre, disons... pas taper. Very Happy

Ce qui est marrant, c'est que je connais tes arguments à l'avance pour le coup. J'ai beau les respecter, ça ne passe pas du tout. Les défauts et le toc l'emportent sur moi, ce que je ne m'explique pas, vu que j'aime énormément Mann et que tout ce qui peut convaincre dans ce film est typiquement le genre qui me botte... Mais là, non, j'ai vraiment trop le sentiment de me faire entuber par des grosses ficelles.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Jeu 23 Juin 2016 - 6:35



Taxi sniper

Revu il y a trois ans et massacré par une note divisée par deux, je me devais de redonner sa chance à Collatéral : au sein d’une intégrale consacrée à Mann surgiraient peut-être de nouvelles ébauches de sens.
Définitivement, non. Contextualiser cet opus dans la filmo du maitre ne lui rend pas service.
Commençons par reconnaitre que son talent n’est pas étiolé pour autant : s’il est un film qui renoue bien avec les premières amours de Mann, c’est bien Collateral. On retrouve ici tout ce qui a fait sa patte, cette façon unique d’arpenter la ville, des voitures la sillonnant (Le Solitaire) aux hélicos rutilants qui la surveillent (Le Sixième sens), des gangsters qui la gangrènent (LA Takedown), dans une nuit orthonormée, brillant de mille feux (Heat et Révélations).
C’est beau et fluide, le rythme est maitrisé au cordeau et l’architecture est investie au service du thriller : en intérieurs, dans la belle séquence de fusillade dans la discothèque, ou au dehors, dans le passage très de Palmien de voyeurisme effaré des fenêtres du building, ou encore sur l’arrivée perpendiculaire de deux rames de métro.
Dans les autres films de Mann, cette esthétique a toujours été mise au service d’un récit, de personnages dotés d’une véritable épaisseur, voire de questionnements de plus en plus ambitieux, délaissant les terres du pur thriller. La musique, par exemple, est dans Ali le vecteur d’une culture afro-américaine et vise à contextualiser une époque : si elle est trop présente, on peut comprendre sa raison d’être, tandis qu’elle occasionne ici des transitions clipesques poseuses et clinquantes.
Il en va de même pour à peu près tout le reste : les personnages sont grossièrement ébauchés, les pistes scénaristiques lourdes au possible (la photo des Maldives, le projet des limousines, le gimmick du mort dans le métro que personne ne voit, et la coïncidence à la tronçonneuse de la femme cliente devenant la prochaine victime…) et les dialogues d’une pauvreté affligeante. Voulant dessiner des ébauches d’ambiguïté entre le ravisseur et sa proie, on nous impose un échange de coaching de magazine dans lequel l’émancipation consiste à jouer au mec viril face à un baron de la drogue et foutre un flic à terre en répétant une phrase dite auparavant par le méchant : « When did this become a negotiation? ». Notre gentil, soumis à maman et n’osant pas répondre aux avances d’une gentille procureur, joue la carte de la maladresse avec la subtilité d’un footballeur en boite un soir de victoire.
On le comprend assez vite : tout ceci ne dépassera pas l’ambition d’un petit polar du dimanche soir sur TF1. Le final grotesque au cours duquel le méchant peine à mourir voit Tom Cruise (jusqu’ici très convaincant, force est de le reconnaitre) se transformer en une sorte de Terminator de plus en plus pâle et déréalisé sous la pellicule numérique.

Petit accident dans une filmographie ambitieuse, chef d’œuvre incompris par votre serviteur ou début de la fin ? Collateral a les jantes chromées d’une voiture de luxe, mais le moteur d’une Opel Corsa.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Jeu 23 Juin 2016 - 6:43

@Nulladies a écrit:

On le comprend assez vite : tout ceci ne dépassera pas l’ambition d’un petit polar du dimanche soir sur TF1.

Neutral

@Nulladies a écrit:

chef d’œuvre incompris par votre serviteur

Bah oui, clairement hein. C'est tellement loin au-dessus de tout ce qu'il a fait d'autre - et tellement plus ambitieux en premier lieu, contrairement à ce que tu prétends, visuellement c'est son plus abouti, thématiquement c'est le plus complexe, les personnages sont loin d'être grossièrement ébauchés si tu les prends pour ce qu'ils sont en réalité, deux facettes d'une personnalité en conflit, et plus cette double lecture tout du long, c'est quand même impressionnant. En fait on croirait lire une chronique de Blackhat tellement on a pas vu le même film.... mais du coup je suis curieux de savoir ce que tu penses de Miami Vice, qui pour moi est assez fabuleux pour tout un tas de raisons mais présente infiniment plus de vrais "défauts" que Collateral (parce que pour l'amateur de films de genre que je suis, ce dernier est assez parfait même au degré d'interprétation littéral).

@Nulladies a écrit:
la coïncidence à la tronçonneuse de la femme cliente devenant la prochaine victime…

Tiens j'avais oublié... de toute évidence ça sert ma théorie, Vincent n'est au fond qu'une projection des instincts refoulés de Max. Personnellement j'ai rarement vu un film fonctionner aussi bien (avec un peu d'indulgence sur les rebondissements) au premier degré et sur un plan entièrement métaphorique, à part peut-être Femme Fatale de De Palma justement.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 6:32

Tu sais que je suis ouvert aux interprétations, mais ça ne m'inspire guère dans le cas présent...
Je devrais me poser des questions, comme pour Miami Vice d'ailleurs, je sais que Thoret, pour qui j'ai immensément de respect, le considère comme un CO, mais ça bloque chez moi, j'ai vraiment le sentiment qu'on essaie de forcer le sens pour faire passer des choses assez moisies... D'autant que c'est la cas pour ses quatre derniers films maintenant !
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 6:32



Under the fridge.

Michael Mann fait partie de ces auteurs parvenus à un point de leur carrière où l’on ne sait plus trop quoi penser. Leur prestigieux passif permet une lecture plus attentive de leur œuvre, voire une tolérance démesurée à certains écueils ; mais elle peut aussi rendre ces derniers déraisonnablement impardonnables.
Depuis Heat, Mann est du sérail, et chaque nouveau film s’empare d’un genre pour le sublimer ou le détourner : le biopic un peu malade avec Ali, l’investigation avec Révélations en sont deux exemples : la patte Mann fonctionne et génère une œuvre singulière, dotée d’une force d’impact que seul lui pouvait lui donner.
Miami Vice ne sort pas de nulle part, contrairement au précédent Collateral, petit thriller inepte joliment emballé : Mann était déjà aux commandes de la série dans les années 80. Le plaisir des retrouvailles est assez palpable dans ce bling-bling assumé de belles bagnoles, de boites de nuit, du fric et de frime : on va à la Havane pour boire le meilleur Mojito, on se déplace dans des hors bords rutilant, dans une atmosphère à la James Bond.
Comme il l’a fait depuis pour Hacker, le principe est de prendre les stars du moment (ici, Collin Farrel et Gong Li), de capter le frisson contemporain (technologie, caméras de surveillance, téléphones cellulaire) et de restituer le tout dans une esthétique le plus souvent numérique, et qui emprunte assez largement à la série 24h : caméra à l’épaule, mise au point sauvage à la façon du documentaire, mouvements nerveux. On a connu Mann plus inspiré.
Le scénario reste le point le plus fragile, dans cette banale histoire d’agents undercover, construite avec tous les gimmicks attendus (la scène de douche du couple black annonce celle de Farrel et Li, la menace de transformer le méchant en Jackson Pollock se concrétise deux heures plus tard…). L’intrigue manque clairement d’enjeu, le montage est impersonnel, et tout se joue avec une distanciation très étrange, une froideur qui posera aussi problème dans Public Ennemies et Hacker : cette volonté de nimber l’œuvre d’une mélancolie malade annihilant à peu près tout son potentiel. Le cinéphile ne s’y trompera pas : tout ceci est plus de l’ordre d’une volonté audacieuse que d’un ratage maladroit, mais il reste à se poser la question de l’effet : bien souvent, le registre lui-même est loin d’être efficient. Gong Li a beau être sublime, son personnage n’est jamais crédible. Farrell joue tout aussi mal qu’Hemsworth dans Hacker, à croire qu’on leur donne des consignes, et leur liaison impossible est bien loin de la noirceur bien plus palpable qui irriguait celle des couples dans Le Solitaire ou Heat.
Ce point délicat d’équilibre – la franchise blockbuster et le regard de l’auteur – n’est jamais véritablement atteint. Tout au plus peut-on être séduit de voir un sujet aussi éculé que ce polar lambda contaminé par des velléités non commerciales : c’est là le mérite de Mann, mais il se limite à une intention, dont les effets sont loin de convaincre.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 8:55

@Nulladies a écrit:
Collateral, petit thriller inepte joliment emballé

Mais c'est qu'il insiste. Laughing

@Nulladies a écrit:

Le scénario reste le point le plus fragile

Certes, mais finalement on s'en fout...

@Nulladies a écrit:

L’intrigue manque clairement d’enjeu

... car comme dans Collateral (voire même Hacker dans une bien moindre mesure), les personnages n'en manquent pas et c'est ça qui compte.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 8:58

mmmoui... Moi je m'en fous pas, du scénar, c'est quand même un peu le squelette du film. Bon, tu me diras que j'ai sûrement dit le contraire un jour dans une de mes critiques, où le récit importait peu, etc... Le pb, c'est que ce n'est pas que le scénar est maigre, c'est qu'il est miné par des clichés vraiment malaisants, et qu'on retrouve aussi dans Hacker... On est trop indulgents avec Mann parce qu'il a mis la barre très haut à un certain moment de sa carrière et qu'on refuse d'accepter son déclin.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:19

Aucune indulgence pour ma part, la preuve je n'aime pas Public Enemies, Ali m'ennuie un brin et n'a rien pour moi d'un grand film, et je tolère à peine Hacker, qui ne retrouve le niveau des films précédents que dans la scène de l'explosion de la voiture et de la mort du frère... par ailleurs ce sont The Insider puis Collateral qui m'ont fait réaliser à quel point Mann était un génie donc ça n'a pas sûrement pas fonctionné dans ce sens me concernant (je n'avais pas encore vu Le solitaire, à l'époque, à mon avis son seul film antérieur de ce niveau). Pour moi Miami Vice est un CO, malade certes, moins "parfait" que Heat mais plus risqué, plus audacieux, plus personnel, finalement plus poignant... alors que tout ce qui fonctionne (pour moi) dans ce film - crescendo émotionnel, mélancolie sous-jacente, expansion de la psyché des personnages dans la dimension visuelle, situations métaphoriques, etc - tombe à plat, sans vraie profondeur dans les deux films suivants. Donc oui il y a un déclin, depuis deux films, et il est malheureusement très marqué mais les ambitions atmosphériques de Hacker, film pas si dégueulasse quand même malgré ses énormes clichés d'écriture, me font penser qu'on n'est pas encore prêt d'avoir perdu Michael Mann.

En parlant d'indulgence je pourrais te faire le reproche inverse, il y a sans doute un état d'esprit à avoir pour apprécier ces films qui demande de rompre avec une immersion classique (jeu d'acteur au premier degré, ficelles du scénario deviennent des prétextes et pourtant l’émotion est réelle car les personnages existent toujours sur un autre plan) et que tu n'as pas (encore?) su trouver, si Les Cahiers du Cinéma ou Les Inrocks faisaient des critiques de 6 pages sur les films de Mann à cette époque ça n'est quand même pas un hasard (on peut ne pas être d'accord, ne pas aimer mais prétendre que ces films sont sans ambition ou ne disent rien ça me dépasse). Je pensais d'ailleurs à toi en revoyant Volte/Face ce matin, ça m'étonne quand même que quelqu'un qui apprécie autant l'audace de certains auteurs "indépendants" ait autant de mal avec Volte/Face, Collateral ou Inception qui sont certainement trois des films hollywoodiens les plus conceptuels et risqués des 20 dernières années avec Fight Club et quelques autres. J'ai encore eu le frisson une bonne dizaine de fois devant Volte/Face, et son ambiguïté émotionnelle vraiment dérangeante par moments qui ressort bien plus de la mise en scène pure que du scénar, c'était quelque chose comme la 20ème fois que je le voyais et pour moi c'est toujours un chef-d’œuvre, bien plus profond et personnel que n'importe quel film de Refn par exemple.


Dernière édition par RabbitIYH le Ven 24 Juin 2016 - 9:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:25

Mais j'adore Volte Face !

C'est vrai que j'ai un peu peur de le revoir.

Le point fondamental, c'est celui de l'émotion, je te rejoins. Et je n'en ai presque pas devant ces films. Collateral, pas du tout, c'en est mystérieux d'ailleurs. Miami Vice et Hacker, oui, un peu, j'aime cette distance et cette mélancolie, mais que ne faut-il se farcir pour en arriver là... Y'a tellement de films bien plus immédiats et frappants, qui s'abstiennent de ces clichés !
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:32

Essaie pas de m'arnaquer, j'ai des preuves. Laughing

http://www.senscritique.com/film/Volte_face/critique/24400614 Razz
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:36

Putain, je ne me souviens même pas d'avoir écrit ça !!!
C'était à mon arrivée sur SC, je voulais tout chroniquer de mémoire. Ça fait partie des textes que j'efface au fur et à mesure, quand je leur substitue de véritables avis... Apparemment, donc, je l'avais revu. C'est vraiment bizarre, parce que je croyais avoir ce ressenti sur M:I II plutôt...
En tout cas, je l'ai pas revu de façon construite et pour une véritable critique.

C'est horrible internet en fait, y a des archives de toutes tes conneries Razz
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:50

Laughing  désolé je suis tombé dessus complètement par hasard après avoir revu le film, je me demandais la côte qu'il avait sur SC et je me suis souvenu que c'était ton pseudo (confirmé au vu de la dernière critique postée - Collateral).
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Ven 24 Juin 2016 - 9:52

Ah ben voilà quoi, j'ai juste à assumer... ou effacer, tiens. Wink
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Dim 26 Juin 2016 - 8:29



Stealing in the rain.

Un braqueur comme Dillinger ne pouvait qu’intéresser Michael Mann : entièrement dévoué à sa cause, méticuleux et talentueux, il est une nouvelle incarnation de cette figure qui, depuis Le Solitaire jusqu’à Heat, n’a cessé de fasciner le cinéaste.
L’incursion dans les années 30 permet de renouveler un peu le décorum : on quitte les ambiances bleutées des opus précédents pour se concentrer sur un étrange sépia numérique, assez déconcertant de prime abord. Limité à ses costumes et débarrassé du maquillage habituel, Johnny Depp s’en sort mieux que les autres comédiens des derniers opus du Mann, mais se limite souvent à mâcher son chewing-gum, pâle imitation du Vincent Hanna de Heat ; Cotillard joue la pleureuse comme elle le refera dans Inception l’année d’après.
Une fois n’est pas coutume, Mann instille un peu d’humour dans son récit, notamment dans la façon dont Dillinger joue avec les médias et la foule, rappel de la virtuosité de Clay dans Ali. Car le titre l’explique bien : il s’agit de définir le statut public du braqueur, thématique nouvelle lorsqu’on considère le secret dans lequel opèrent généralement les virtuoses de l’œuvre du cinéaste. En ce sens très proche de Bonnie & Clyde, et situé dans la même période, le protagoniste est obsédé par son impact sur l’opinion, faisant la même remarque à un particulier lors d’un braquage : on prend l’argent de la banque, non celui des gens. De l’autre côté émerge une contre-communication du FBI, notamment au cœur d’une scène centrale qui part de la présentation des agents spéciaux, filmés aux actualités, l’image devenant celle d’un écran de cinéma lors d’une projection à laquelle assiste… Dillinger, lui-même identifié à l’écran, dans un message qui demande de vérifier s’il n’est pas le voisin des spectateurs. Le cinéma revient d’ailleurs à la fin du film, dans une mise en abyme qui n’est pas de la première finesse, mais qui file la métaphore de cette conscience du mythe et de la motivation/pression qu’elle exerce sur l’homme incarnant la légende.
Sur le plan stylistique, Mann paie sa dette à Melville, particulièrement dans la première séquence qui semble un hommage à l’ouverture du Deuxième souffle : démesure de l’architecture, précision clinique des plans, l’ambition de mise en scène est évidente. L’épure melvillienne ne sera pourtant pas de mise sur l’ensemble du récit. Certes, le personnage fait figure de héros sacrificiel dévoué à sa cause, envers et contre tout, particulièrement un monde en pleine mutation, notamment dans les méthodes d’investigation (scientifique, écoute, durcissement presque fasciste des techniques d’interrogatoire…). Mais le mélo, la musique pompière et le plaisir pour les fusillades qui finissent par s’enchainer de manière trop mécanique ont tôt fait de lénifier tout cela. Le film est trop long, la structure redondante, et, comme pour Miami Vice, on finit par se demander ce que cherche à nous dire son réalisateur. La rivalité fondamentale entre les antagonistes Depp/Bale est bien fade, les figures se délayant dans des archétypes dénués de véritable chair, exactement sur le même modèle que Collateral : les costumes et les accessoires l’emportent sur les âmes.
A sans cesse explorer les mêmes thématiques, Mann épuise son filon, leurré par cette idée selon laquelle la forme pourrait la renouveler ; or, précisément, cette pâleur numérique est à l’image du film : exsangue.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Dim 26 Juin 2016 - 19:49

Je suis ce fil très intéressant un peu de loin pour y revenir ensuite en complétant car il y a pas de films de Mann que je ne connais toujours pas...
Il y a un peu plus de 15 ans j'ai pris une grosse claque avec The insider, je suis plutôt bon public pour ce genre de lutte solitaire. Ce film fait partie de ceux qui m'ont le plus marqué, sans que je ne l'ai revu...
Sur Ali, il y a des longueurs oui mais la dernière partie africaine très longue pour un biopic normal renverse le film de façon troublante, qui donne sa marque au film.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Dim 26 Juin 2016 - 20:28

@Azbinebrozer a écrit:
Je suis ce fil très intéressant un peu de loin pour y revenir ensuite en complétant car il y a pas de films de Mann que je ne connais toujours pas...
Il y a un peu plus de 15 ans j'ai pris une grosse claque avec The insider, je suis plutôt bon public pour ce genre de lutte solitaire. Ce film fait partie de ceux qui m'ont le plus marqué, sans que je ne l'ai revu...
Sur Ali, il y a des longueurs oui mais la dernière partie africaine très longue pour un biopic normal renverse le film de façon troublante, qui donne sa marque au film.

Tu as vu Le sixième sens ? Parce que ça a été ma claque dans cette redécouverte.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Dim 26 Juin 2016 - 21:05

@Nulladies a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:
Je suis ce fil très intéressant un peu de loin pour y revenir ensuite en complétant car il y a pas de films de Mann que je ne connais toujours pas...
Il y a un peu plus de 15 ans j'ai pris une grosse claque avec The insider, je suis plutôt bon public pour ce genre de lutte solitaire. Ce film fait partie de ceux qui m'ont le plus marqué, sans que je ne l'ai revu...
Sur Ali, il y a des longueurs oui mais la dernière partie africaine très longue pour un biopic normal renverse le film de façon troublante, qui donne sa marque au film.

Tu as vu Le sixième sens ? Parce que ça a été ma claque dans cette redécouverte.
Non non pas vu, comme Collateral, que j'avais commencé (foirade d'enregistrement Freebox...) et qui ne correspondait pas à l'image que je me faisais de son cinéma, avec un scénario un peu... irréel...
En fait j'en ai vu que 3 !... Heat, beaucoup aimé, Ali et Insider... Je vais rattraper tout ça !
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Dim 26 Juin 2016 - 21:09

@Azbinebrozer a écrit:
@Nulladies a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:
Je suis ce fil très intéressant un peu de loin pour y revenir ensuite en complétant car il y a pas de films de Mann que je ne connais toujours pas...
Il y a un peu plus de 15 ans j'ai pris une grosse claque avec The insider, je suis plutôt bon public pour ce genre de lutte solitaire. Ce film fait partie de ceux qui m'ont le plus marqué, sans que je ne l'ai revu...
Sur Ali, il y a des longueurs oui mais la dernière partie africaine très longue pour un biopic normal renverse le film de façon troublante, qui donne sa marque au film.

Tu as vu Le sixième sens ? Parce que ça a été ma claque dans cette redécouverte.
Non non pas vu, comme Collateral, que j'avais commencé (foirade d'enregistrement Freebox...) et qui ne correspondait pas à l'image que je me faisais de son cinéma, avec un scénario un peu... irréel...
En fait j'en ai vu que 3 !... Heat, beaucoup aimé, Ali et Insider... Je vais rattraper tout ça !

tu peux laisser tomber les deux derniers cela dit.
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MessageSujet: Re: Intégrale Michael Mann   Mer 29 Juin 2016 - 9:42

Perso je ne dirais pas qu'il faut laisser tomber Hacker, très inégal voire foireux mais plus Mannien que Public Ennemies... ou Ali.

Effectivement Collateral est irréel, loin de manquer d'âme il est plutôt mental, tout est symbolique dans ce film. Et quand je dis tout c'est vraiment TOUT.

@Nulladies a écrit:

Johnny Depp s’en sort mieux que les autres comédiens des derniers opus du Mann

Pour moi c'est le pire ou pas loin, presque aussi insignifiant qu'Hemsworth dans Hacker, le comble pour un personnage supposément charismatique. Cruise est fabuleux dans Collateral par contre.

@Nulladies a écrit:
Cotillard joue la pleureuse comme elle le refera dans Inception l’année d’après.  

C'est Leo la pleureuse dans Inception  Razz  Cotillard n'est qu'un souvenir, volontairement désincarné. Ça lui allait bien du coup, pour une fois.
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