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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 8 Nov 2016 - 13:40

Alors là sans moi par contre, film clinquant comme pas possible et d'un ennui profond. Sans Steve McQueen c'était les oubliettes assurées. D'ailleurs Jewison a fait 90% de très mauvais films après ça.

@Nulladies a écrit:
@RabbitIYH a écrit:
Très belle critique d'un des très beau film, trop souvent oublié des cinéphiles (Fleischer ayant une filmo très très inégale faut dire).

En effet... J'ai eu un peu de mal avec Soleil Vert par exemple. (et merci Wink )

Ah moi j'aime Soleil Vert par contre, mais moins Les Vikings ou Kalidor par exemple. Laughing
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 9 Nov 2016 - 6:36



Lie another day.

Un remake, c’est toujours avec une certaine suspicion qu’on l’aborde, qui plus est si l’original était à la fois un bon film et le parfait produit de son époque.
Mais lorsque McTiernan est aux commandes, on est en droit de lui donner sa chance. Le petit génie cinéphile derrière des morceaux de bravoure comme Predator ou Last Action Hero, s’il s’empare d’un jalon du 7ème art, va forcément le faire avec déférence et désir d’en découdre.
Non ?
Peut-être la déférence se limite-t-elle au clin d’œil faisant de Faye Dunaway, splendide binôme de la première version, la psy de Thomas Crown, séquences qui servent avant tout le dossier de presse et les anecdotes inutiles servant à épaissir les critiques, comme c’est le cas ici-bas.
Parce que formellement, force est de reconnaitre que rien de nouveau n’advient sous le soleil : le film est assez paresseux, même si les deux séquences de vol dans le musée attestent d’une certaine fluidité et de quelques inventions scénaristiques, bien loin cependant des sommets de la carrière du McT.
Reconnaissons une constance, celle de l’intérêt du personnage féminin qui prend ici toute la place face à la beaugossitude pour le moins insipide du James Bond de service. Entreprenante, dénudée au point de dévoiler sa poitrine (un exploit en Hollywood aussi rarissime que la réussite des comédies en hexagone), gonflée et castrant au poteau toute la police environnante, Renee Russo tire son épingle du jeu.
Las, c’est là la seule audace : le politiquement correcte nivelle bien le reste du film. Notre millionnaire cambrioleur se pique d’art, et non d’argent, et ne cesse, au gré de twist plus poussifs les uns que les autres, de montrer à quel point il est amoureux et philanthrope. Car c’est bien à cela que se résume l’ensemble : une comédie romantique sirupeuse avec happy end bien rance, aux antipodes de la savoureuse amertume de l’original.
Dommage : pour la frilosité qui abime l’original, mais aussi, et surtout, pour celle de McTiernan, dont ce petit opus est une des facettes du grand gâchis que fut sa carrière.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 9 Nov 2016 - 14:46

Mon dieu cette honte. C'est l'un des seuls remakes jamais tournés qui ridiculisent l'original au contraire. Shocked  Et sans doute le meilleur McT après ses deux Die Hard. Une mise en abîme de l'artiste incompris tiraillé entre business et passion (on peut difficilement être plus clair et subtil à la fois, l'iconoclaste au sein de l'industrie qui dupe son monde en insufflant de l'art dans son divertissement), et l'un des plus beau films d'amour des 90s, pas sirupeux pour un sou justement tant ces deux personnages, avec leur peur d'exposer leur vulnérabilité et leurs incertitudes sur les sentiments de l'autre font bien plus écho au CO Charade qu'au piètre l'original - qui au risque de me répéter est un navet pur sucre... daté, cliquant, creux et chiant comme pas permis, j'aurais jamais cru qu'on puisse encore défendre un truc pareil en 2016. scratch Sinon, pas d'amertume chez le personnage de Denis Leary ? Sérieusement ?
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 9 Nov 2016 - 15:39

Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 9 Nov 2016 - 17:11

L original vaut tt juste pr Faye Dunaway et la "ferrari 275 spyder Nart" ( avis aux connaisseurs) Wink
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 10 Nov 2016 - 1:06

Oui c'est assez affreux comme film. Nulladies peut rire mais la plupart des critiques sont d'accord aujourd'hui sur l'absurdité du statut "culte" de ce machin (et aussi sur le fait que le McTiernan est bien plus réussi/jubilatoire/intelligent/personnel).
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 10 Nov 2016 - 6:10

@RabbitIYH a écrit:
Oui c'est assez affreux comme film. Nulladies peut rire mais la plupart des critiques sont d'accord aujourd'hui sur l'absurdité du statut "culte" de ce machin (et aussi sur le fait que le McTiernan est bien plus réussi/jubilatoire/intelligent/personnel).

Alors excuse moi, mais autant on peut reconnaître l'aspect daté du premier, - et avoir une forme de tendresse pour ces expérimentations - autant la resucée ne contient à mon sens aucune des richesses que tu lui trouves. Rien que la romance, avec tous ces rebondissements dignes d'un soap low cost ("ah en fait, salaud, t'es avec une blonde en vrai" "mais non chéri, c'est de l'humanitaire en vrai") suffisent à rendre tout ça franchement ringard.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 10 Nov 2016 - 6:37



La communauté de l’étau.

S’il était encore nécessaire de le prouver, Martha Marcy May Marlene démontre une nouvelle fois à quel point le fait de tout ignorer d’un film (pitch, bande annonce, etc…) peut servir l’intensité de son exposition.
Fondée sur un mystère et de nombreuses lacunes, le récit s’ouvre sur deux temporalités : celle d’un passé proche au sein d’une communauté qui se révélera progressivement comme une secte, puis celle de la « libération » par l’une de ses adeptes, Martha, donc, rebaptisée des autres noms éponymes lors de son embrigadement.
Tout est à apprendre : ce qui s’est passé, les raisons pour lesquelles la jeune fille a fui, ses liens avec celle qui l’accueille, à savoir sa sœur ; Sean Durkin dilue ses révélations dans une ouate trouée de toutes parts, par une ambivalence en totale adéquation avec son fascinant personnage. Le film est aussi l’occasion de révéler une actrice, Elizabeth Olsen, (aujourd’hui noyée dans des effets numériques de la franchise Avengers, et bien en peine de faire valoir son talent), aussi délicate qu’insaisissable.
Si la photo vintage est un peu excessive dans son mode Instagram, l’atmosphère du film reste très prenante par les liens qu’elle tisse sans cesse entre les deux époques, s’acharnant à déjouer les repères qu’on croit pouvoir établir. Martha révèle ainsi qu’elle fustige encore la vie banale de sa sœur et qu’elle reste convaincue par l’idéologie du groupe qu’elle a quitté. Sa confusion permet des raccords troublants entre ses souvenirs et le présent, embarquant le spectateur, par le point de vue interne, dans des séquences d’une confusion particulièrement efficace. On mesure ainsi le traumatisme vécu, et l’impossibilité de se défaire de l’aliénation subie. Celle qu’on avait déclarée « A teacher and a leader » se retrouve certes dépourvue, mais ce n’est pas son refuge qui lui apportera les réponses attendues : lieu interlope, cette maison de campagne du Connecticut est aussi décrochée du réel que l’était sa communauté auparavant, et son beau-frère a beau lui faire la leçon, personne ne croit vraiment dans sa posture pour le moins conformiste.
Autant de prénoms que d’identités, que de tentatives d’individualités : Martha échoue à nouveau, parce que le monde est illisible comme l’est ce lac dans lequel elle avait plongé, nue, et sur la lisière duquel le passé se réinvite. Le final, assez terrible, achève l’identification du spectateur avec cette protagoniste torturée : pas de distance, mais une immersion dans les tréfonds d’une angoisse qui semble sans issue, faisant de ce film un digne héritier de Polanski qui illustrait ce qu’est la réelle épouvante : celle des écarts de notre propre esprit.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 10 Nov 2016 - 13:57

@Nulladies a écrit:
@RabbitIYH a écrit:
Oui c'est assez affreux comme film. Nulladies peut rire mais la plupart des critiques sont d'accord aujourd'hui sur l'absurdité du statut "culte" de ce machin (et aussi sur le fait que le McTiernan est bien plus réussi/jubilatoire/intelligent/personnel).

Alors excuse moi, mais autant on peut reconnaître l'aspect daté du premier, - et avoir une forme de tendresse pour ces expérimentations - autant la resucée ne contient à mon sens aucune des richesses que tu lui trouves. Rien que la romance, avec tous ces rebondissements dignes d'un soap low cost ("ah en fait, salaud, t'es avec une blonde en vrai"  "mais non chéri, c'est de l'humanitaire en vrai") suffisent à rendre tout ça franchement ringard.

Prétendre qu'on aime McTiernan et si mal comprendre ce film... ça tient du non sens, désolé.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 11 Nov 2016 - 7:30



La belle et le clocher.

Un village, des hommes, des femmes. La misère et le folklore, la guerre.
Même si une ou deux répliques ancrent le récit dans le Japon du début du XXème siècle avec la guerre contre la Russie, tout contribue à poser ici une fable hors du temps, à la dramaturgie universelle : celle des individus broyés par la collectivité.
Le portrait est d’abord celui d’Okane, à qui le titre refuse même un prénom, comme l’avait fait avant lui Madame Bovary : épouse dès l’âge de 17 ans à un riche vieillard, elle est doublement humiliée : d’avoir perdu sa jeunesse à ses côtés, et d’être considérée comme une prostituée lorsqu’elle en devient la veuve.
Face à elle, le modèle du village, Seisaku, japonais jusqu’à la moelle, soldat exemplaire qui se met en charge de régler la vie de sa communauté au son d’une cloche qu’il va sonner chaque matin.
Deux résistances avant la rencontre : Seisaku, qui irrigue de ses principes modélisant une foule un peu paresseuse, et Okane qui refuse de jouer le jeu du formatage, assumant la souillure qu’est la sienne.
L’amour qui va les unir, loin de faire l’unanimité, sera le révélateur d’une inversion des forces. À partir du moment où l’évidence de leurs sentiments peut mettre en péril certaines valeurs et émailler les sacro-saintes apparences, la masse se dresse.
L’agression est finalement constante : sur le terrain conjugal, de la femme vendue à la putain réprouvée, des commentaires désobligeants et de la vulgarité générale, aucun répit n’existe ; sur le plan social, le retour lancinant de la guerre, et les termes galvaudés de l’honneur, autre nom du sacrifice et la soumission à des impératifs incompréhensibles. En pâture à la foule, la femme et l’homme n’ont plus que des comptes à rendre.
Centre névralgique de cet étau social, Okane luit d’une lumière noire. Outre le fait qu’Ayako Wakao soit objectivement l’une des plus belles femmes du monde, la pâleur de son visage n’a d’égal que l’intensité de sa présence, et des sentiments qu’elle va affirmer avec une passion croissante. Plus on prend en considération son silence et l’affolement de son visage, plus la parole collective se fait rance, notamment dans sa façon de souiller ses retrouvailles avec son mari et le devoir conjugal qu’elles occasionnent.
(Spoils)
La folie passionnelle conduit Okane à l’irréparable et au statut d’héroïne tragique : elle crève les yeux de son mari pour lui faire échapper, malgré, lui, à un retour au front et une nouvelle mission suicide. L’épreuve qui en découle permet une catharsis généralisée : la peine de prison pour Okane la renforce dans son dévouement amoureux, tandis que le ressentiment de son mari se dilue progressivement dans la haine nouvelle que lui jette au visage un village qui ne peut plus l’aduler, et qui finit par considérer comme de la lâcheté son handicap.
En l’aveuglant physiquement, Okane ouvre les yeux de l’homme qu’elle aime, et lui apprend ce que c’est que d’être un proscrit. Le final, aussi romantique que contestataire, voit donc un couple se retrouver pour mieux s’opposer à la meute, métaphore évidente de toute la société japonaise. En refusant l’exil, en assumant l’amour, les membres de la communauté deviennent la putain et le lâche, mais surtout des individus.
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Rorschach
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 11 Nov 2016 - 9:29

@Rorschach a écrit:
L original vaut tt juste pr Faye Dunaway et la "ferrari 275 spyder Nart" ( avis aux connaisseurs)  Wink

Je prends l importance de l oubli d une virgule xD, je refais ma phrase :
L original vaut tt, juste pr Faye Dunaway et la "ferrari 275 spyder Nart" ( avis aux connaisseurs)  Wink
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Nov 2016 - 3:04

@Nulladies a écrit:


La belle et le clocher.

Un village, des hommes, des femmes. La misère et le folklore, la guerre.
Même si une ou deux répliques ancrent le récit dans le Japon du début du XXème siècle avec la guerre contre la Russie, tout contribue à poser ici une fable hors du temps, à la dramaturgie universelle : celle des individus broyés par la collectivité.
Le portrait est d’abord celui d’Okane, à qui le titre refuse même un prénom, comme l’avait fait avant lui Madame Bovary : épouse dès l’âge de 17 ans à un riche vieillard, elle est doublement humiliée : d’avoir perdu sa jeunesse à ses côtés, et d’être considérée comme une prostituée lorsqu’elle en devient la veuve.
Face à elle, le modèle du village, Seisaku, japonais jusqu’à la moelle, soldat exemplaire qui se met en charge de régler la vie de sa communauté au son d’une cloche qu’il va sonner chaque matin.
Deux résistances avant la rencontre : Seisaku, qui irrigue de ses principes modélisant une foule un peu paresseuse, et Okane qui refuse de jouer le jeu du formatage, assumant la souillure qu’est la sienne.
L’amour qui va les unir, loin de faire l’unanimité, sera le révélateur d’une inversion des forces. À partir du moment où l’évidence de leurs sentiments peut mettre en péril certaines valeurs et émailler les sacro-saintes apparences, la masse se dresse.
L’agression est finalement constante : sur le terrain conjugal, de la femme vendue à la putain réprouvée, des commentaires désobligeants et de la vulgarité générale, aucun répit n’existe ; sur le plan social, le retour lancinant de la guerre, et les termes galvaudés de l’honneur, autre nom du sacrifice et la soumission à des impératifs incompréhensibles. En pâture à la foule, la femme et l’homme n’ont plus que des comptes à rendre.
Centre névralgique de cet étau social, Okane luit d’une lumière noire. Outre le fait qu’Ayako Wakao soit objectivement l’une des plus belles femmes du monde, la pâleur de son visage n’a d’égal que l’intensité de sa présence, et des sentiments qu’elle va affirmer avec une passion croissante. Plus on prend en considération son silence et l’affolement de son visage, plus la parole collective se fait rance, notamment dans sa façon de souiller ses retrouvailles avec son mari et le devoir conjugal qu’elles occasionnent.
(Spoils)
La folie passionnelle conduit Okane à l’irréparable et au statut d’héroïne tragique : elle crève les yeux de son mari pour lui faire échapper, malgré, lui, à un retour au front et une nouvelle mission suicide. L’épreuve qui en découle permet une catharsis généralisée : la peine de prison pour Okane la renforce dans son dévouement amoureux, tandis que le ressentiment de son mari se dilue progressivement dans la haine nouvelle que lui jette au visage un village qui ne peut plus l’aduler, et qui finit par considérer comme de la lâcheté son handicap.
En l’aveuglant physiquement, Okane ouvre les yeux de l’homme qu’elle aime, et lui apprend ce que c’est que d’être un proscrit. Le final, aussi romantique que contestataire, voit donc un couple se retrouver pour mieux s’opposer à la meute, métaphore évidente de toute la société japonaise. En refusant l’exil, en assumant l’amour, les membres de la communauté deviennent la putain et le lâche, mais surtout des individus.

Ben voilà, on se rejoint régulièrement sur ce genre de CO quand même. cheers Un des films les plus désespérés qu'il m'ait été donné de voir sinon avec Les salauds dorment en paix de Kurosawa à quelques années d'intervalle, et puis les autres Masumura de l'époque bien sûr (L'Ange Rouge est à se tirer une balle, aussi). Mais c'est dans le cas de La femme de Seisaku c'est surtout émotionnellement ravageur.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Nov 2016 - 9:28

@RabbitIYH a écrit:
@Nulladies a écrit:


La belle et le clocher.

Un village, des hommes, des femmes. La misère et le folklore, la guerre.
Même si une ou deux répliques ancrent le récit dans le Japon du début du XXème siècle avec la guerre contre la Russie, tout contribue à poser ici une fable hors du temps, à la dramaturgie universelle : celle des individus broyés par la collectivité.
Le portrait est d’abord celui d’Okane, à qui le titre refuse même un prénom, comme l’avait fait avant lui Madame Bovary : épouse dès l’âge de 17 ans à un riche vieillard, elle est doublement humiliée : d’avoir perdu sa jeunesse à ses côtés, et d’être considérée comme une prostituée lorsqu’elle en devient la veuve.
Face à elle, le modèle du village, Seisaku, japonais jusqu’à la moelle, soldat exemplaire qui se met en charge de régler la vie de sa communauté au son d’une cloche qu’il va sonner chaque matin.
Deux résistances avant la rencontre : Seisaku, qui irrigue de ses principes modélisant une foule un peu paresseuse, et Okane qui refuse de jouer le jeu du formatage, assumant la souillure qu’est la sienne.
L’amour qui va les unir, loin de faire l’unanimité, sera le révélateur d’une inversion des forces. À partir du moment où l’évidence de leurs sentiments peut mettre en péril certaines valeurs et émailler les sacro-saintes apparences, la masse se dresse.
L’agression est finalement constante : sur le terrain conjugal, de la femme vendue à la putain réprouvée, des commentaires désobligeants et de la vulgarité générale, aucun répit n’existe ; sur le plan social, le retour lancinant de la guerre, et les termes galvaudés de l’honneur, autre nom du sacrifice et la soumission à des impératifs incompréhensibles. En pâture à la foule, la femme et l’homme n’ont plus que des comptes à rendre.
Centre névralgique de cet étau social, Okane luit d’une lumière noire. Outre le fait qu’Ayako Wakao soit objectivement l’une des plus belles femmes du monde, la pâleur de son visage n’a d’égal que l’intensité de sa présence, et des sentiments qu’elle va affirmer avec une passion croissante. Plus on prend en considération son silence et l’affolement de son visage, plus la parole collective se fait rance, notamment dans sa façon de souiller ses retrouvailles avec son mari et le devoir conjugal qu’elles occasionnent.
(Spoils)
La folie passionnelle conduit Okane à l’irréparable et au statut d’héroïne tragique : elle crève les yeux de son mari pour lui faire échapper, malgré, lui, à un retour au front et une nouvelle mission suicide. L’épreuve qui en découle permet une catharsis généralisée : la peine de prison pour Okane la renforce dans son dévouement amoureux, tandis que le ressentiment de son mari se dilue progressivement dans la haine nouvelle que lui jette au visage un village qui ne peut plus l’aduler, et qui finit par considérer comme de la lâcheté son handicap.
En l’aveuglant physiquement, Okane ouvre les yeux de l’homme qu’elle aime, et lui apprend ce que c’est que d’être un proscrit. Le final, aussi romantique que contestataire, voit donc un couple se retrouver pour mieux s’opposer à la meute, métaphore évidente de toute la société japonaise. En refusant l’exil, en assumant l’amour, les membres de la communauté deviennent la putain et le lâche, mais surtout des individus.

Ben voilà, on se rejoint régulièrement sur ce genre de CO quand même.  cheers  Un des films les plus désespérés qu'il m'ait été donné de voir sinon avec Les salauds dorment en paix de Kurosawa à quelques années d'intervalle, et puis les autres Masumura de l'époque bien sûr (L'Ange Rouge est à se tirer une balle, aussi). Mais c'est dans le cas de La femme de Seisaku c'est surtout émotionnellement ravageur.

Bon ben voilà quand tu veux geek

L'ange rouge est au programme dans mes grandes lacunes à rattraper en matière de classiques nippons..

Un aperçu de ce que je prévois (à très long terme, ce sera pas sous la forme d'un cycle en une fois) :

http://www.senscritique.com/liste/Japon_une_selection/1498416
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Nov 2016 - 9:29




Précis initiatique

« Au XIè siècle, quand l’homme ignorait sa valeur, cette légende nous est venue » : l’exergue de L’intendant Sansho est davantage qu’une contextualisation historique : c’est l’avertissement de la valeur fondatrice de la fable à venir. Le récit jouant des antagonismes les plus marqués va permettre, dans le parcours tortueux et torturé d’un fils, pivot d’une famille déchirée, de dessiner les contours de la part d’humanité inhérente à chaque individu.
Pétri d’une éducation humaniste dont on répète les préceptes (« un homme sans pitié n’est pas humain », « sois dur avec toi et généreux envers les autres »), Zushiô se voit confronté au pire, ses dictions éprouvés par la réalité coercitive du monde. Esclavage, prostitution, deuil jalonnent une destinée au terme de laquelle sa propre sagesse sera colorée de l’inévitable expérience.
Cette illustration des extrêmes, propre à toute légende, se marque autant dans les figures (la mère et son chant plaintif qu’on entend dans le vent, l’esclavagiste Sansho dénué de toute moralité et volontiers cruel) que les paysages : d’une forêt à la clarté lunaire qu’on croirait sortie d’un conte (et en cela très proche de l’imaginaire que développera Laugthon dans La Nuit du Chasseur l’année suivante) à l’épure d’un palais impérial, en passant par l’enfer des camps de travail, chaque espace se distingue par une existence et une valeur symbolique propre.
Car chez Mizoguchi, l’image semble être dépositaire d’une sacralité qui surpasse tous les autres moyens d’expression. Le plan fixe, largement majoritaire, instaure un cadre étudié à l’extrême, et au sein duquel les personnages vont établir leur quête. La durée du plan est de ce fait toujours justifiée, tant l’harmonie et le travail de composition invitent à la contemplation : les arbres, l’architecture, la disposition des figures disent la légende d’un monde qui serait, comme dans toute fable, lisible par des instances supérieures, et l’objet d’une initiation pour les individus qui le parcourent.
(Spoils)
La trajectoire de Zushiô va ainsi être celle du héros officiel : passé du jour au lendemain d’esclave à gouverneur, c’est en respectant le cadre qu’il veut obtenir une réparation humaniste. Sorte de Spartacus légitime, il transforme sa passion personnelle en bienfait collectif, et retrouve les traces de son père, au prix de la perte de son statut.
Puisque rien n’est acquis, et qu’il s’agit avant tout d’être en accord avec soi-même, et dans la sérénité, il aura tôt fait de redevenir un individu devant retrouver les siens, par le deuil ou l’amour. La dernière séquence, catharsis filiale, combine ainsi la partition sentimentale et visuelle : le plan s’élargit sur la mer, le panoramique amplifie les pleurs communs de deux êtres brisés par le monde, mais forts de leurs retrouvailles, une thématique très ressemblante à celle qui clôt La femme de Seisaku.
« À moins de changer le cœur humain, le monde de ton rêve ne naitra jamais », avait affirmé un moine pessimiste à Zushiô. Cet épilogue pourrait lui donner raison, à moins de lui opposer l’évolution du cœur du rêveur lui-même, qui, de la peur au courage, du ressentiment à la compassion, a su forger d’autres rêves et de nouvelles quêtes.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Nov 2016 - 10:43

Mon Mizoguchi préféré. cheers

Dans ta liste j'avais été pas mal déçu par L'Impératrice Yang Kwei Fei par contre, que je trouve assez artificiel tant thématiquement que visuellement (d'autant plus en comparaison des CO entre lesquels il est sorti).
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 13 Nov 2016 - 8:21



Youngs without youth.

Le cinéma américain a très vite compris l’intérêt à s’adresser directement à la jeunesse, friande de ce nouveau média. Dès La Fureur de vivre, on va redonner à cet âge ingrat ses aspérités en évitant l’image d’Épinal au profit d’une exploration des tourments propres à cette période de transition violente. Désœuvrés, violents (Outsiders), sur le point de renoncer à leurs illusions (Stand by Me), les individus sont loin de l’image véhiculée par les rocks stars censées les représenter.
La Dernière Séance s’attache à dépeindre cette gravité. Dans un monde baigné par la radio, le film en noir et blanc commence comme une mythologie qu’on égratigne rapidement : les adultes y semblent aussi paumés que leur progéniture, le sexe est l’occasion de cruauté (notamment par le handicapé qu’on dépucelle), de manipulation triste qui déterminent des ménages voués à l’échec. La bande d’ami initiale déploie des désillusions sur une période assez longue, dans laquelle le temps n’apporte rien d’autre au moulin que la confirmation qu’être adulte consiste à renoncer.
Le film est relativement bien joué, notamment par un tout jeune Jeff Bridges assez fougueux, mais ne parvient pas à gérer son rythme : trop long (130 minutes), souvent redondant, il multiplie les sous-intrigues et les thématiques (la guerre, l’adultère, l’amitié, le monde du travail, la solidarité, le capitalisme…) sans savoir en privilégier une.
On sent bien que cette chronique pourrait durer encore bien longtemps, et les différentes destinées, le plus souvent brisées mais sans drame provoquent chez le spectateur un même défaitisme qui ne rend pas service à son empathie pour les personnages.
Bogdanovich aime changer de ton : à cette fable un peu noire succèdera, toujours en noir et blanc et toujours sur le passé de l’Amérique (cette fois dans les années 30) le sémillant et splendide Paper Moon deux ans plus tard, qui propose un regard bien plus aiguisé sur l’enfance insolente et les adultes roublards qui l’entourent.
En 1990, il reprendra les mêmes personnages pour évoquer la suite de leur destinée dans Texasville. Un projet de même longueur, et qui motive aussi peu au vu de l’enthousiasme modéré que génère ce premier volet.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 13 Nov 2016 - 13:50

Tiens ça m'intéresse ça. Pratiquement rien vu de Bogdanovich d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 13 Nov 2016 - 18:36

Celui-là est le moins bon que j'ai pu voir.

Son dernier, Broadway therapy (2015), est sympathique, sans plus.

L'un de ses premiers, La Cible (1968) assez glaçant et intéressant.

Mais La Barbe à papa (Paper Moon, 1973) est un bijou de comédie, pour un duo entre Ryan O'Neal (juste après Barry Lyndon) et sa fille sur un mode Zazie dans le métro au temps de la prohibition, en noir et blanc... irrésistible.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 14 Nov 2016 - 6:33



Un justicier dans la bile

Une question parmi d’autres surgit au visionnage de Coup de torchon : pourrait-on encore faire des films de cet acabit aujourd’hui ?
Tiré d’un roman de Jim Thompson, le film relève d’emblée le rarissime défi de réussir son passage vers la France : en situant l’intrigue dans l’Afrique coloniale à la veille de la deuxième guerre mondiale, Tavernier crée le contexte idéal pour révéler les plus bas instincts : veulerie, racisme, appétits divers (nourriture, sexe, alcool, argent sale) motivent ainsi la petite communauté, dont le policier assure le laxisme généralisé.
Coup de torchon aligne les surprises : dans le dilettantisme de son nihilisme, tout d’abord, et qui nécessite une mise au diapason par le spectateur de façon aussi stimulante et jouissive qu’il doit le faire face au Buffet Froid de Blier sorti deux ans plus tôt. Dans son intrigue, ensuite, qui consiste comme son titre l’indique en une épuration par le meurtre qui ne fait pas pour autant de son justicier une figure héroïque. D’abord humilié, piétiné par la population locale, le personnage de Noiret, formidable, finit par provoquer une tuerie qu’il déguise en meurtres avec une facilité déconcertante tant la concentration de vices est élevée. Face à lui, de Marielle à Huppert en passant par Eddy Mitchell et Guy Marchand, on se tire la bourre pour donner à la bassesse humaine ses lettres de noblesse.
Cette revanche cathartique a tout d’un crachat jouissif à la face du monde : c’est justement parce qu’on la toujours cru incapable de quelque acte que ce soit que Cordier va pouvoir agir en toute impunité.
Rien n’échappe au regard ravageur du cinéaste : la complicité de l’Eglise (formidable scène de bricolage où l’on recloue un Christ en croix), celle des autochtones avec les blancs, des femmes, des entrepreneurs ou des criminels locaux. Puisqu’il ne reste rien à sauver, autant provoquer l’apocalypse : Cordier, à mesure qu’il massacre, s’accompagne d’aphorisme nihiliste de plus en plus percutants (« Pendant qu’on dort et qu’on mange, on se tracasse pas pour des choses contre lesquelles on ne peut rien », « On se dit que c’est par pure bonté que le bon Dieu a créé le meurtre »), sans jamais se départir de son flegme. Entre nouveau Christ et intellectuel français, son personnage qui se dit « de toute façon mort il y a si longtemps » hâte une mort généralisée qui de toute façon se presse aux portes du monde, avec l’imminence de la deuxième guerre mondiale.
Le monde touche à sa fin, et c’est tant mieux. Sorte de Règle du jeu passée par le tamis encore plus cynique des années 80, Coup de torchon fait mine de faire le ménage pour mieux exposer les souillures d’une humanité qui, décidemment, n’apprendra jamais rien.
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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 14 Nov 2016 - 21:42

Patlabor 2, le film.
Vu hier soir.  C'est très lent, très très beau et ça envoie du super lourd !

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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 15 Nov 2016 - 6:35



La course ou la vie.

Commençons par régler l’épineuse question du lien entre Le convoi sauvage et The Revenant, qui tous deux présentent la destinée de Hugh Glass, (ici rebaptisé Bass), trappeur en proie à l’hostile nature américaine. Une différence de taille permet déjà d’envisager les films séparément, même si la thématique du survival leur est commune : le rapport à Dieu “I’ve never much agreed with God’s will”, affirme ici le protagoniste, qui n’a pas non plus la mort d’un fils à venger, mais d’un vivant à retrouver. La dynamique s’en trouve modifiée, par l’évocation d’un double trajet : celui de ses lâches compagnons, l’ayant abandonné son sort, soumis à une forme de spirale infernale de l’angoisse et de la culpabilité, jusqu’à l’embarquement dans une rivière asséchée, et le sien, plus rectiligne
Le passé motive ainsi les deux camps : l’un, toxique, fait de Bass un véritable fantôme qui hante le capitaine, allant jusqu’à viser dans la nuit ses propres hommes ou tirer un canon dans le vide, cristallisant le vide autour d’une figure tragique qui finira fatalement par revenir. L’autre, bienfaiteur, est celui des souvenirs de Bass, de l’attachement à une forme modeste de sacré en la personne de sa défunte épouse, qui savait encore formuler quelques ébauches d’espoir dans une monde violent, un enfer sur terre dans lequel son mari refusait de faire naitre un enfant. “Sometimes I think you know things nobody knows”, lui affirme-t-il au détour d’un flash back. Fort de cette appréhension supérieure, le survivant semble pouvoir avancer.
Car le monde qu’il traverse est une comédie humaine, un carnaval aussi risible que violent. De ce point de vue, Sarafian nous offre un panorama assez proche du monde traversé par le chauffeur de Vanishing Point : celui qui trace observe avec une forme de distance une foule bigarrée et malade. A l’aspect documentaire des méthodes de survie s’ajoutent donc le portrait des indiens et des colons, dont les tueries (y compris intestines) sont souvent l’occasion d’une aide pour le protagoniste. Si l’indien mutique semble osciller entre la violence insondable et une fusion avec la vie de la nature (comme dans cette scène d’accouchement), le blanc se caractérise par un degré de sophistication poussé dans ses retranchements, jusqu’à une forme de poésie absurde : cette tâche folle du déplacement d’un bateau (qui renvoie au flamboyant Fitzcarraldo), cette aliénation du capitaine deviendront d’ailleurs l’objet de fresques chez les indiens, fascinés par cette étrangeté de l’homme supposément civilisé. De ce fait, l’épique combat final se présente à la fois comme un enjeu extérieur au protagoniste, et la matérialisation de sa présence : au milieu, et témoin, craint, menacé, et protégé par une sagesse neutre le mettant à l’abri des coups.
Nul n’est besoin d’un regard caméra qui dirait la catharsis enfin accomplie, telle que celle de Di Caprio chez Innaritu : en effet, Bass ne cherche après tout qu’à récupérer son fusil pour s’en aller cultiver son jardin, retrouver son fils, loin de la folie meurtrière des hommes aliénés par une terre dont ils se croient les propriétaires. Réconcilié avec sa mémoire, prêt à faire croître la vie.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 15 Nov 2016 - 14:33

@Azbinebrozer a écrit:
Patlabor 2, le film.
Vu hier soir.  C'est très lent, très très beau et ça envoie du super lourd !


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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 16 Nov 2016 - 6:38

@RabbitIYH a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:
Patlabor 2, le film.
Vu hier soir.  C'est très lent, très très beau et ça envoie du super lourd !


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Vu aucun... Il sont biens tous les trois ?
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 16 Nov 2016 - 6:39



Hostile power.

Le lyrisme soviétique de Kalatoozov a déjà fait ses preuves en temps de guerre avec Quand passent les cigognes, deux ans plus tôt, lorsqu’on l’investit d’une nouvelle illustration de la grandeur de sa patrie. Dans La lettre inachevée, il s’agit de glorifier l’action des pionniers partis dans une Taiga hostile pour prospecter la terre en vue de mettre au jour des mines de diamants.
Dans le sublime noir et blanc qui le caractérise, d’une brillance hors-pair, la photographie commence par évoquer une nature grandiose et idyllique, génératrice d’un respect poétique comme le fera le même décor dans le splendide Dersou Ouzala de Kurosawa. L’histoire d’amour d’un couple dans l’équipe (occasionnant des errances parmi les troncs qui évoquent ce puissant lien du cinéma russe à la nature, qu’on songe aux bouleaux dans L’Enfance d’Ivan ou du rare moment d’accalmie sylvestre dans Requiem pour un massacre), associée à celle épistolaire d’un troisième membre achève la tonalité romantique d’âmes en fusion avec le paysage. Une série de fondus enchainés et de surimpression qui ne craignent pas l’emphase ne cessent de donner à voir l’osmose entre les éléments, air, terre, eau et feu, d’abord admirés pour leur beautés, puis craints pour leur puissance ravageuse.
Car La lettre inachevée a bien entendu pour sujet principal le travail : les scientifiques cherchent vaillamment des traces du diamant convoités, convaincus que leur théories se vérifieront, - et par là le génie soviétique, alliant ingénierie et volontarisme physique. La peine du labeur, les contre plongées sur les corps en sueur, la rythmique des coups de pioche annoncent ce qui deviendra un véritable chant dans Soy Cuba : le lien entre l’homme et cette terre qui lui résiste avant de livrer ses richesses.
A la victoire première récompensant l’acharnement et l’endurance succède une nouvelle épreuve : celle de la fragilité de l’homme face à l’hostilité de la nature. Le film, dans sa dernière partie, bifurque vers le survival, oscillant entre le réalisme mutique du Dernier convoi et les prétentions esthétisantes de son remake, The Revenant : incendie, neige, rivière glacée, il s’agit ici de s’extraire d’un environnement inhospitalier pour rejoindre le monde industrieux, lui indiquer les gisements pour fonder une nouvelle ville. La dimension sacrificielle du rescapé, entièrement rivé à cette carte, symbole de la conquête d’un nouveau territoire, sied parfaitement à l’éloge de la grandeur soviétique, sans pour autant dénuer le film de son lyrisme élégiaque.
Puissant, excessif, toujours aussi impressionnant par sa force visuelle, La lettre inachevée est certes inféodé à un discours idéologique marqué ; mais il permet, comme dans les autres films de Kalatozov, de saisir ces éléments plus grands que l’individu, qui l’émeuvent et peuvent aussi le dévorer : la beauté de la nature, et l’ampleur du regard pour l’honorer.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 16 Nov 2016 - 14:02

@Nulladies a écrit:
@RabbitIYH a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:
Patlabor 2, le film.
Vu hier soir.  C'est très lent, très très beau et ça envoie du super lourd !


cheers I love you

Vu aucun... Il sont biens tous les trois ?

Le 1 est bien, le 2 excellent, le 3 rien à voir a priori, c'est plus Oshii mais je l'ai pas vu.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 16 Nov 2016 - 15:32

@RabbitIYH a écrit:
@Nulladies a écrit:
@RabbitIYH a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:
Patlabor 2, le film.
Vu hier soir.  C'est très lent, très très beau et ça envoie du super lourd !


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Vu aucun... Il sont biens tous les trois ?

Le 1 est bien, le 2 excellent, le 3 rien à voir a priori, c'est plus Oshii mais je l'ai pas vu.
Idem ! je complète un peu plus tard...
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   

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