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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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Esther
Yul le grincheux


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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 5:57

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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 6:48

@Esther a écrit:

Alors ? Aussi indispensable que Que ma joie demeure ?
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 6:48



Sage against the machine

Etonnant, c’est le mot qui vient sans cesse à l’esprit au visionnage de ce film. Qu’on puisse avoir tant d’ambition, tant de moyens, et qu’il en résulte cette petite chose inégale et, finalement, bien fade.
Brad Bird est un cinéaste qu’on peut vouloir suivre, du jubilatoire Indestructibles au plutôt réussi opus 4 de Mission : Impossible, il sait conjuguer l’action à un sens visuel certain, avec une efficacité qu’on retrouve parsemée ici et là dans Tomorrowland.
On saura aussi gré au réalisateur et à Disney d’avoir le courage de proposer un nouvel univers dans le sentier balisé et aseptisé des franchises à répétition. Evidemment, l’autoréférence à ses parcs d’attraction ne brille pas par son originalité, mais pourquoi pas… Le principal atout de son film est d’avoir à faire l’exposition d’une terra incognita de la SF, même si les influences sont nombreuses dans cette sorte de rétrofuturisme plutôt sympathique. Si l’on égrène quelques séquences, comme celle du décollage par extraction de la tour Eiffel, des diverses méthodes de blocage de la maison de Clooney face à l’intrusion ou de la présentation en plans séquences d’une belle fluidité de Tomorrowland par le biais d’un métro aérien, les qualités du film sont nombreuses, voire sa propension à susciter l’admiration ou l’émerveillement dont il parle tant.
Dès lors, d’où vient le problème ? Précisément de ce qui faisait a priori sa force : la découverte d’un nouvel univers. Les gars, ils sont tellement fiers de leur dimension parallèles qu’ils n’en finissent pas de différer le fin mot de l’histoire. Ce qui nous fait bien 1h40 de private joke entre des initiés et une ado hyper intelligente qui ne cesse de poser des questions, (tu l’as saisie, ma mise en abyme overlourde du spectateur ?) auxquelles on répond par des mystères plus obscurs encore. Même la droïde fait semblant de se disjoncter pour ne pas répondre. Le résultat ne se fait pas attendre, les gamins ont disjoncté de concert (et le film lui-même, d’ailleurs, qui a sauté plusieurs fois, je vous dis, c’est un complot).
La démesure visuelle ne parvient pas à suffire en matière d’attention : il faut une substance, et ce n’est pas les micro idées, comme cette boule qui fige le temps, ou cette sous intrigue en référence à A.I qui y changeront grand-chose. Tomorrowland s’effondre sous son propre poids sans propos, noyé qui plus est dans un montage particulièrement confus pour le jeune public.
Reste le sentiment d’un certain gâchis, d’autant plus regrettable qu’on se serait bien vu avoir une tendresse pour cette fable plastiquement séduisante mais inepte.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 6:53

@Nulladies a écrit:
@Esther a écrit:

Alors ? Aussi indispensable que Que ma joie demeure ?

Drôle et intelligent en tout cas.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 6:54

On n'en attend pas moins de lui.
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Tony's Theme
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 9:17

@Esther a écrit:
@Nulladies a écrit:
@Esther a écrit:

Alors ? Aussi indispensable que Que ma joie demeure ?

Drôle et intelligent en tout cas.
Moi je l'ai vu en vrai What a Face

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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 15:52

@Tony's Theme a écrit:
@Esther a écrit:
@Nulladies a écrit:
@Esther a écrit:

Alors ? Aussi indispensable que Que ma joie demeure ?

Drôle et intelligent en tout cas.
Moi je l'ai vu en vrai What a Face

J'ai loupé le coche...
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 18:22

@Nulladies a écrit:


Sage against the machine

Etonnant, c’est le mot qui vient sans cesse à l’esprit au visionnage de ce film. Qu’on puisse avoir tant d’ambition, tant de moyens, et qu’il en résulte cette petite chose inégale et, finalement, bien fade.
Brad Bird est un cinéaste qu’on peut vouloir suivre, du jubilatoire Indestructibles au plutôt réussi opus 4 de Mission : Impossible, il sait conjuguer l’action à un sens visuel certain, avec une efficacité qu’on retrouve parsemée ici et là dans Tomorrowland.
On saura aussi gré au réalisateur et à Disney d’avoir le courage de proposer un nouvel univers dans le sentier balisé et aseptisé des franchises à répétition. Evidemment, l’autoréférence à ses parcs d’attraction ne brille pas par son originalité, mais pourquoi pas… Le principal atout de son film est d’avoir à faire l’exposition d’une terra incognita de la SF, même si les influences sont nombreuses dans cette sorte de rétrofuturisme plutôt sympathique. Si l’on égrène quelques séquences, comme celle du décollage par extraction de la tour Eiffel, des diverses méthodes de blocage de la maison de Clooney face à l’intrusion ou de la présentation en plans séquences d’une belle fluidité de Tomorrowland par le biais d’un métro aérien, les qualités du film sont nombreuses, voire sa propension à susciter l’admiration ou l’émerveillement dont il parle tant.
Dès lors, d’où vient le problème ? Précisément de ce qui faisait a priori sa force : la découverte d’un nouvel univers. Les gars, ils sont tellement fiers de leur dimension parallèles qu’ils n’en finissent pas de différer le fin mot de l’histoire. Ce qui nous fait bien 1h40 de private joke entre des initiés et une ado hyper intelligente qui ne cesse de poser des questions, (tu l’as saisie, ma mise en abyme overlourde du spectateur ?) auxquelles on répond par des mystères plus obscurs encore. Même la droïde fait semblant de se disjoncter pour ne pas répondre. Le résultat ne se fait pas attendre, les gamins ont disjoncté de concert (et le film lui-même, d’ailleurs, qui a sauté plusieurs fois, je vous dis, c’est un complot).
La démesure visuelle ne parvient pas à suffire en matière d’attention : il faut une substance, et ce n’est pas les micro idées, comme cette boule qui fige le temps, ou cette sous intrigue en référence à A.I qui y changeront grand-chose. Tomorrowland s’effondre sous son propre poids sans propos, noyé qui plus est dans un montage particulièrement confus pour le jeune public.
Reste le sentiment d’un certain gâchis, d’autant plus regrettable qu’on se serait bien vu avoir une tendresse pour cette fable plastiquement séduisante mais inepte.


Pour la substance sous-jacente on retrouve pourtant complètement ces thématiques de la peur de devenir inutile en vieillissant, de ne plus avoir de rôle à jouer, de place dans le monde, cette attachement pour les inadaptés qui peinent à trouver leur place, et puis ce goût pour la SF et les comics des années 50, entre tendresse et paranoïa, qu'on décelait déjà dans Les indestructibles et Le géant de fer. La substance c'est comme le reste, on la voit où on veut, si on veut et quand on est d'humeur j'imagine. geek Sinon le film m'a généralement émerveillé, si ce n'est dans son dernier quart un peu laborieux par moments. Candide et sincère, ça fait plaisir en ces temps de cynisme dont on parlait par ailleurs, et puis Brad Bird a un sens visuel assez magique qui a peu d'équivalent à Hollywood aujourd'hui.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 5 Oct 2015 - 20:26

Je me suis peut être un peu mal exprimé : j'ai évidemment compris le message, qui effectivement se distingue de la sinistrose ambiante. Le problème, c'est vraiment le montage et la dynamique, qui ne fonctionne pas du tout et gâche le vrai potentiel visuel du film.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 6 Oct 2015 - 3:06

Si ce n'est dans ce dernier quart j'ai pas trouvé...
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 6 Oct 2015 - 5:34



Vu ça hier. J'ai adoré.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 7 Oct 2015 - 6:28



Another brick off the wall.

Comme tout film historique, De l’autre côté du mur doit commencer par opérer un choix : sous quel angle restituer la période qui l’intéresser. Pour évoquer le Berlin de 1975 et le passage d’une mère accompagnée de son enfant de la RDA à l’Ouest, c’est sur les individus que décide de se pencher Christian Schwochow. Rivée à son personnage, la caméra fait dans un premier temps des embardées assez vaines, soulignant avec un peu trop de zèle son désir de s’inscrire dans un regard naturaliste, avant de s’apaiser pour laisser la possibilité à un véritable récit d’émerger.
Son intelligence réside dans la capacité qu’a le réalisateur à concilier fond et forme : dans ce climat paranoïaque de la guerre froide, les exilés de l’Est sont avant tout des espions potentiels, et leur attachement à ce qui fut leur patrie est toujours suspecte. Saturé d’ellipses et de non-dits, le film progresse en nous perdant. Les personnages secondaires comme la principale, subtilement incarnée par Jördis Triebel, sont avant tout opaques : attachés à ce désir d’intégration, déchirés ou mystérieux, on ne sait pendant longtemps déterminer s’ils sont les victimes d’un système ou les pions consentant d’une nébuleuse illisible. C’est là tout le charme vénéneux du film, dans lequel la survie passe par l’exploitation de l’autre ou la défiance, et où le surgissement d’un attachement, d’une complicité semble faire vaciller les individus pour en révéler brièvement les dernières traces d’une humanité abimée par l’Histoire.
Car s’il se pose comme un possible thriller d’espionnage, ménageant la possibilité de twists, De l’autre côté du mur en joue habilement pour désactiver ces pistes au profit d’un regard d’une grande empathie. Ce qui compte, c’est le deuil et la vie, le passé qui ne passe pas, et l’avenir qu’on aimerait voir serein. Le regard d’un enfant et la confiance, après les années de Stasi, qu’on peut éventuellement renouveler. En ce sens, passer de l’autre côté du mur ne se fait pas sans encombre, et c’est cette délivrance, ce délestage des briques traumatiques que restitue ce film délicat et sensible.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 7 Oct 2015 - 6:30



L’odyssée de Vespa.

Reprocher à ce film son nombrilisme a quelque chose d’un peu malhonnête tant son titre annonçait la couleur avec la plus grande franchise. Nanni Moretti se filme, parle de lui en voix off et déambule dans Rome sur sa Vespa. C’est souvent assez beau, porté par une B.O. éclectique et de haute volée, et assaisonné de petites séquences insolites qui parviennent à renouveler l’attention, comme la prise à parti du chauffeur au feu rouge, qui semble clairement représenter le spectateur que monopolise le cinéaste, ou le caméo de Jennifer Beals, objet de toutes les convoitises.
L’intérêt du film ne se cantonne pas à cette audace de n’avoir rien à raconter, sinon à livrer, apparemment sans fil conducteur, ses pensées et ses errances. C’est aussi dans cette restitution et dans l’illusion de vérité que se jouent les enjeux de cette entreprise originale : Moretti s’amuse avec nonchalance, et travaille à gommer tout signe d’artificialité dans sa tonalité, cherchant presque l’illusion d’une caméra cachée. Il ne s’agit pas de faire un faux documentaire, mais de permettre à la poésie une irruption plus prégnante, qu’elle soit d’ordre comique ou contemplative : danser dans une boulangerie, interroger des touristes américains sur la suite d’Amour, Gloire & Beauté, ou interrompre sa logorrhée au profit de virées musicales.
Moretti n’épargne personne, et surtout pas lui-même : s’il se permet une vision satirique de la société italienne, notamment dans sa tournée des îles à la recherche d’un havre de travail, il écorche aussi bien le règne de l’enfant roi, la bêtise de la hype que la vanité des intellectuels.
Le projet est original, le ton rafraichissant. Reconnaissons tout de même qu’on sait gré au réalisateur de ne pas excéder les 100 minutes, particulièrement dans la dernière partie consacrée à ses problèmes de santé, règlement de compte assez pénible et sans intérêt, nous laissant sur une note d’ennui et d’indifférence qui gâche quelque peu le plaisir initial qu’on avait pu ressentir.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 10 Oct 2015 - 6:48



Another brick off the wall.

Comme tout film historique, De l’autre côté du mur doit commencer par opérer un choix : sous quel angle restituer la période qui l’intéresser. Pour évoquer le Berlin de 1975 et le passage d’une mère accompagnée de son enfant de la RDA à l’Ouest, c’est sur les individus que décide de se pencher Christian Schwochow. Rivée à son personnage, la caméra fait dans un premier temps des embardées assez vaines, soulignant avec un peu trop de zèle son désir de s’inscrire dans un regard naturaliste, avant de s’apaiser pour laisser la possibilité à un véritable récit d’émerger.
Son intelligence réside dans la capacité qu’a le réalisateur à concilier fond et forme : dans ce climat paranoïaque de la guerre froide, les exilés de l’Est sont avant tout des espions potentiels, et leur attachement à ce qui fut leur patrie est toujours suspecte. Saturé d’ellipses et de non-dits, le film progresse en nous perdant. Les personnages secondaires comme la principale, subtilement incarnée par Jördis Triebel, sont avant tout opaques : attachés à ce désir d’intégration, déchirés ou mystérieux, on ne sait pendant longtemps déterminer s’ils sont les victimes d’un système ou les pions consentant d’une nébuleuse illisible. C’est là tout le charme vénéneux du film, dans lequel la survie passe par l’exploitation de l’autre ou la défiance, et où le surgissement d’un attachement, d’une complicité semble faire vaciller les individus pour en révéler brièvement les dernières traces d’une humanité abimée par l’Histoire.
Car s’il se pose comme un possible thriller d’espionnage, ménageant la possibilité de twists, De l’autre côté du mur en joue habilement pour désactiver ces pistes au profit d’un regard d’une grande empathie. Ce qui compte, c’est le deuil et la vie, le passé qui ne passe pas, et l’avenir qu’on aimerait voir serein. Le regard d’un enfant et la confiance, après les années de Stasi, qu’on peut éventuellement renouveler. En ce sens, passer de l’autre côté du mur ne se fait pas sans encombre, et c’est cette délivrance, ce délestage des briques traumatiques que restitue ce film délicat et sensible.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 10 Oct 2015 - 6:49



I wanna kill your dog.

On commence à repérer de loin ces films fleurant bon le fair trade, le Max Havelaar du cinéma indépendant mondialiste. Destinée microscopique d’un individu attachant d’anonymat, références à un paysage économique morose, éloge de l’amitié et de l’humanité cachée dans les petits moments du quotidien, tout est là.
On ne va pas tirer à boulet rouge sur cette recette qui peut souvent fonctionner, d’autant qu’elle ici agrémentée de paysages argentins de toute beauté et que film fait montre d’un réel travail dans sa photographie. Le recours à la caméra à l’épaule peut néanmoins s’avérer irritant, voire injustifié dans ses mouvements erratiques, comme si l’amateurisme du cameraman pouvait garantir la tonalité naturaliste du film, de même que ces gros plans sur les visages font un temps penser que le format du DVD n’a pas respecté celui du film originel.
La première partie du film, avant l’irruption du chien éponyme, est assez pertinente et dresse un portrait touchant du protagoniste. Mais l’évolution du scénario, sorte de Little Miss Sunshine canin, est plutôt lourde, rappelant le récent et très pénible Les merveilles, et la tonalité supposée comique (le chien aura-t-il une libido ?) tombe à plat. Ajoutons à cela une musique envahissante et totalement hors de propos, sorte de sucrerie américaine, et l’ensemble achève de ne pas convaincre.
Voyager, c’est bien. Les paysages exotiques, c’est fascinant. Les petites gens aussi. Mais si l’on veut porter à l’écran une singularité, il est tout à fait contreproductif de prendre pour cela les rails d’un récit éculé et de procédés pathétiques inefficaces.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 10 Oct 2015 - 6:51



Le testament des blockbusters qu’abusent.

A mesure que les décennies passent et que le monstre Hollywood maintient sa mainmise en dépit des Cassandre/Spielberg, Last Action Hero gagne en ampleur dans sa place unique au sein de l’histoire de cet empire malade.
Bilan amusé et plutôt bienveillant de l’industrie à son sommet, le blockbuster joue la carte de la parodie sur un terrain si glissant qu’il finira par lui être fatal. Autoréférentiel, dans la mise en abyme permanente, le film digère tous les codes, non pas pour les dénoncer, mais pour en révéler la charge émotionnelle et mettre en relief les grosses coutures d’une écriture qui fait de la lourdeur son fonds de commerce. Comme dans Total Recall, (ce qui achève de faire de Schwarzenegger un personnage décidemment bien intéressant), les recettes du divertissement primaire sont explicitées et exploitées, conviant le spectateur à cette place aussi privilégiée qu’ambigue : témoin lucide de la recette éculée qu’on lui sert habituellement et en éprouvant toujours autant de plaisir.
Mc Tiernan est un entertainer hors pair, sans doute l’un des plus grands. De Predator à Die Hard, il a toujours su allier le sens de l’action à une exigence visuelle imparable, et ce n’est pas le regard retors sur les ficelles de son milieu qui va l’en dispenser ici. Poursuites mémorables, explosions à la minute, personnages comme autant de clichés, l’alchimie entre comédie et blockbuster est totale. Le recours aux écrans multiples, les références, le grossissement du trait, l’exploitation du second plan pour surenchérir font de cette machine un petit bijou qui gagne sur tous les plans : dans son efficacité purement cinématographique comme dans l’intelligence de son autocritique. (On remarquera d’ailleurs à plusieurs reprises, au détours de certaines répliques, que l’ennemi chez Mc Tiernan est avant tout l’homme politique : l’homme se prétendant du réel et à son service, et qui est en réalité le plus grand des menteurs…) Le soleil est fixe, les figurantes des canons, la bande son bien grasse, les répliques badass : régression totale, le film s’assume comme le cartoon qu’il cite sans arrêt, notamment dans la place récurrente du logo ACME, et les transgressions constantes de Danny, porte-parole à la fois cynique émerveillé du spectateur consentant.  
Last Action Hero est assez inépuisable : relever le nombre de références au catalogue hollywoodien serait un travail de titan , disons simplement qu’il constitue la synthèse parfaite sur le sujet, et se délecte de ses mises en abyme avec une intelligence rare, allant jusqu’à faire du protagoniste du Septième Sceau de Bergman un témoin privilégié du final…
Pour prendre la mesure de la finesse du propos, une séquence mérite d’être distinguée : celle de la prise de pouvoir de Benedict. Alors qu’il prend conscience de la possibilité de voyager entre les univers, il s’adresse directement à la caméra, transgression narrative déjà assez intéressante. Mais si l’on regarde attentivement la scène (entre 1’48 et 1’52) on aperçoit dans le reflet des baies vitrée le caméraman. Erreur laissée volontairement ? Cela semble plus que probable, et ajoute une nouvelle couche à ce savoureux mille-feuille réel/fictionnel. Et Benedict de conclure : “If God was a vilain, he’d be me”



La deuxième partie du film, l’incursion dans le réel, reste un festival de piques au système, dans son versant mercantile : l’avant-première de Jack Slater IV est ainsi l’occasion pour Mc Tiernan d’évoquer le tournage démesuré et le service marketing en roue libre, la criminalité à New York ou la vie monoparentale.

Bide magnifique, chant du cygne, contre-champ cynique, Last Action Hero porte en son titre une prédiction impossible : celle de vouloir tourner une page face à un système qui n’est pas prêt à desserrer la mâchoire, et qui aujourd’hui recycle numériquement à tout va, sans même accorder une once de dérision amusée à ses pratiques mercantiles. Les temps sont tristes.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 10 Oct 2015 - 8:14

J'adore ce film, et McTiernan.  cheers

@Nulladies a écrit:
ce qui achève de faire de Schwarzenegger un personnage décidemment bien intéressant

Il fait particulièrement fort dans l’autodérision ici.  Very Happy  "And remember, don't plug the restaurants... that's tacky". Plus loin... "So by the way my restaurants, Planet Hollywood..."  Razz

@Nulladies a écrit:

Mc Tiernan est un entertainer hors pair, sans doute l’un des plus grands

C'est clair, et l'un des seuls cinéastes ouvertement soumis aux studios à être capable - du moins il y a quelques années avant qu'une poignée d’échecs ne viennent plomber sa marge de manœuvre - d'investir de sa personnalité des scénarios et productions sur lesquels il n'a aucun contrôle. D'ailleurs au fond c'est un artiste, et il aime à le rappeler via des références particulièrement explicites (Vivaldi, Mozart et Bergman dans Last Action Hero, la peinture impressionniste dans son excellent Thomas Crown qui éclate le piètre original, Beethoven dans Die Hard...).

@Nulladies a écrit:

l’ennemi chez Mc Tiernan est avant tout l’homme politique

... et l'industrie du cinéma seulement motivée par l’appât du gain et qu'il dézingue de l’intérieur tel un Joe Dante en moins méchant - cf. les bad guys de ses deux Die Hard dont l'apparente sophistication ne cache finalement que de vulgaires voleurs, les assurances dans Thomas Crown, Benedict qui veut convoquer tous les méchants cultes du cinéma dans Last Action Hero - anticipation de la vague de remakes à venir ?... ou encore les militaires manipulateurs dans le sous-estimé Basic, son dernier très bon film, clin d’œil évident à la mode des twists scénaristiques enchainés jusqu’à l'absurde mais que McTiernan a le bon gout d'enrober dans une construction à la Rashomon.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 10 Oct 2015 - 13:53



J'aime bien le ton léger... mais pas inintéressant des films de Tchernia. Celui-ci a une résonance particulière, je trouve, à l'heure où l'on s'interroge sur les 30 années passées à urbaniser à outrance les villes...
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 11 Oct 2015 - 8:03



Mon fils a adoré... Moi pas.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 11 Oct 2015 - 8:25

@Esther a écrit:


Mon fils a adoré... Moi pas.

J'en ai entendu des horreurs absolues.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 11 Oct 2015 - 8:26




Les sentiers de la sédition.

Qu’est-ce qu’un blockbuster en 1938 ?
C’est cela : un technicolor flamboyant où les costumes rouges et verts claquent à l’écran, où les couchers de soleils sont des tableaux et les biens précieux des riches nantis on l’éclat du péché véniel, ou le vin coule comme du sang et les chiens déchirent les chairs délicates tandis que les gueux crèvent la faim dans les forêts de Sherwood. Bois sous lesquels l’eau scintille, les troncs forment des ponts et les chevaux traversent les rivières en gerbes de lumière au crépuscule.
C’est cela : une gestion des foules à nulle autre pareille, entre banquets grandiloquents, obscènes d’opulence dans les châteaux ou insolents de révolte au grand air, tournois aux centaines de figurant, arbres chargés de rebelles et convois officiels transportant impôts et belle au cœur résistant.
C’est aussi le sens du détail, et l’exploitation du moindre accessoire au service de l’action pure : lames luisantes, tables retournées, chaises renversées, escaliers circulaires, créneaux et corridors, tours escarpées : le décor est un terrain d’aventure, un parcours à obstacles sur lequel va bondir notre héros.
C’est surtout un sens du rythme inégalable : la sédition est ici prise avec le sens profond du carnavalesque : non seulement un renversement des pouvoirs, mais aussi une fête. Lorsqu’on dispose d’un comédien ayant la prodigieuse énergie d’Errol Flynn, impossible de faire autrement : le héros bondissant et pétillant qui deviendra à juste titre un renard chez Disney 35 ans plus tard crève la toile. Quitte à mettre à terre l’ordre établi, autant le faire dans un grand éclat de rire, de l’enrôlement des nouvelles recrues à l’humiliation des ventripotents, de la séduction de Marianne à la provocation du tyran. Robin des bois, c’est l’incarnation de l’insolence, dans ses répliques comme dans sa geste, ouragan qui traverse les salles luxueuses des châteaux et emporte tout sur son passage, dans ses flèches aussi acerbes que son regard, qui signent et revendiquent sa désobéissance civile.
Jovialité, hardiesse, souplesse, malice : Robin des bois est le personnage parfait pour ce film parfait, qui ajoute au savoir-faire et à la beauté visuelle ce petit supplément d’âme qui a toujours, mais rarement, hissé les grandes figures vers l’héroïsme atemporel : le panache.
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Esther
Yul le grincheux
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 11 Oct 2015 - 8:28

@Nulladies a écrit:
@Esther a écrit:


Mon fils a adoré... Moi pas.

J'en ai entendu des horreurs absolues.

C'est justifié.
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Otto Bahnkaltenschnitzel
génération grenat (dîne)
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 11 Oct 2015 - 22:06


La plupart des comédiens jouent comme des droïdes parkisoniens mais au final j'ai été pris par le charme qui se dégage de ce film.
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Nulladies
Cinéman
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 13 Oct 2015 - 6:48



Drôles de choix pour une rencontre.

Charade, c’est la nonchalance à son apogée. Un polar qui se met à l’unisson de ses personnages, abordant l’intrigue avec autant d’enthousiasme que de flegme, au point qu’on se nait pas qui du personnage ou du comédien se fait plaisir.
Le pistolet en plastique qui ouvre le film sur Audrey Hepburn annonce clairement la couleur : les fausses pistes vont se multiplier, et l’intrigue retorse va clairement accumuler les cadavres, mais en pyjama, multiplier les courses folles dans le métro et visiter un Paris infesté d’espions à tous les recoins.
Sur un ton très screwball, Charade suit aussi la constitution d’un couple irrésistible, celui de la sémillante Hepburn et du ténor Cary Grant, qui n’a pas besoin de jouer plus que d’habitude vu qu’il change d’identité tous les quarts d’heure, occasionnant une nouvelle première fois à la femme qui le convoite. Les dialogues sont percutants, et l’alchimie entre le vieux beau masquant sa raideur sous un charme ineffable et la jeune trentenaire bondissant avec grâce sur tous les twists est d’une efficacité redoutable.
L’hommage à Hitchcock, que ce soit Vertigo pour le combat sur le toit ou Psychose pour la douche, est constant, et participe de cet état d’esprit général : tout le monde a conscience d’être une référence cinématographique, et joue de ce statut pour nous inviter à une soirée décontractée. La facilité déconcertante avec laquelle tout cela fonctionne fait partie de ce talent propre aux américains, y compris sur nos terres…
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 13 Oct 2015 - 8:13

cheers

Surtout comme souvent chez Donen c'est un immense film d'amour, sur l'amour, les faux-semblants amoureux, la crainte d’être dupé par les apparences - et ce jeu d'imitation voire de détournement avec Hitchcock tout comme le scenario sert aussi ce propos-là, les choses sont-elles bien ce qu'elles semblent être ? - où l'on épouse complètement le point de vue d'Hepburn, ne sachant pas jusqu’à la fin la véritable nature des sentiments de Grant. Personnellement c'est surtout pour cet aspect-là que ce film, faussement léger, m'avait profondément touché, cette dernière scène et son revirement, la potentielle tragédie intime à laquelle on vient peut-être d'assister à moins que... (je vais pas spoiler) font à eux seuls du film un CO absolu.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 15 Oct 2015 - 6:35



Hologrammes de finesse dans un monde de brutes.

Thor aura eu ce mérite : commencer par une telle bouse qu’on avait toutes les raisons d’espérer que le deuxième volet serait meilleur.
Et de rentrer dans ce cas rarissime où la note se voit multipliée par trois d’un chapitre à l’autre. Certes, c’était facile, mais tout de même, saluons la performance.
Alors voilà, toute la laideur wagnérienne est au rendez-vous, avec les traditionnelles batailles de notre squad versus portnawak, des cornus, des braises, des cailloux, de l’éther, de l’obscur, de la fin du monde et tout. Sur terre, le même humour périmé, et des répétitions permanentes, « C’est mon choix, j’aime une mortelle mais je peux vivre 5000 ans », « Je suis un méchant dans une cellule dont on va bientôt me libérer avant que je trahisse, en fait non, en fait si », etc, etc.
Reconnaissons que les effets sont un peu moins laids qu’auparavant. Certes, l’ambition de donner un peu d’ampleur à tout ça fait fortement perdre au film toute la singularité qu’il pouvait avoir, mais dans la mesure où il n’en avait aucune jusqu’alors, on l’excuserait presque de pomper à ce point Star Wars, des batailles d’aéronefs aux combats, jusqu’à la main tranchée, il fallait oser tout de même.
Mais il y a une astuce : l’hologramme. Et là, le gimmick des scénaristes en panne est franchement douloureux. Encore plus lourd que les masques de latex dans la saga Mission : Impossible, le coup « mais non en fait c’était pas vraiment moi » nous est resservi tous les quarts d’heure, jusqu’au twist final aussi pesant qu’inutile. Grâce à lui, toutes les scènes un tant soit peu intenses sont désactivées. Mais on le sait, tous ces épisodes sans enjeux dans les arcs généraux du MCU se contrefoutent de leur scénario, inféodé aux effets cataclysmiques. Sur ce terrain, l’idée d’un combat qui passe d’une dimension à l’autre dans des vortex, si elle n’est pas foncièrement novatrice, est plutôt amusante dans ses diverses exploitations.
La CGI atteint de tels degrés de perfection aujourd’hui qu’on parvient à voir si des orfèvres sont à son service. Thor est un mauvais film, à n’en point douter, mais plutôt joliment emballé par endroits.
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En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....
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