Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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Zwaffle
un mont de verres


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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 21 Oct 2015 - 9:37

@Nulladies a écrit:


Les illusions perdurent

La restitution naturaliste de l’adolescence est un sujet en soi : un monde cruel et retors, au gré de montagnes russes qui suivent avec passion des voies que la raison ignore.
Naissance des pieuvres tente de restituer cet univers impitoyable en l’inscrivant sur une toile de fond particulièrement éloquente, le milieu de la natation synchronisée : règne du beau et du factice, ce ballet des corps fascine autant qu’il déconcerte, à l’image de l’éveil des sens des protagonistes.
Au centre des échanges, la jeune Marie fait figure d’une Effrontée des années 2000 : même air renfrogné, même rage rentrée et désir d’en découdre avec la vie en dépit du silence qu’elle lui impose, on retrouve trait pour trait les expressions de Charlotte Gainsbourg à ses débuts. Face à elle, Adèle Haenel dans l’un de ses premiers rôles est tout aussi convaincante, tandis que la troisième comparse, archétype de l’adolescente complexée au physique ingrat sait admirablement distiller tout le malaise propre à cet âge.
Séduction, amour, découverte de la sexualité, rites d’initiation font les quêtes de ces maladroits apprentis adultes. Des parents, nulle trace : leur progéniture est livrée à elle-même face aux grands enjeux de la vie sentimentale. Céline Sciamma parvient à restituer avec tact et sans didactisme les contradictions des personnages, de leur désœuvrement à leurs coups d’éclat, de leurs erreurs de jugement à leur sensibilité douloureuse.
Dans un monde où le paraitre est l’obsession première, la compétition, qu’elle soit dans les bassins ou en soirée, occasionne de belles prises de vues et un recours à la musique souvent très pertinent.
On peut s’interroger sur certains détours du scénario (comme la scène de dépucelage entre filles, par exemple, ou la révolte des seconds couteaux à la fin), et la distance du regard empêche aussi une véritable empathie avec les personnages. Il n’en demeure pas moins que cette plongée dans le monde opaque de l’adolescence réussit là où trop souvent, le  regard des adultes occulte les vraies problématiques de cette période trouble.

très chouette film et excellente BO
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Zwaffle
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 21 Oct 2015 - 9:45



n'ayant pas de gamins, je n'ai pas d'impératif d'aller voir tous les dessins animés qui sortent

depuis maintenant un gros paquet d'années, j'ai lâché l'affaire notamment avec Disney dont les films me paraissaient niais et formatés au possible (c'est sûr que la découverte en parallèle de ceux du studio Ghibli n'a pas aidé)

néanmoins à l'époque de la sortie de "Lilo et Stitch", j'avais preeeesque eu envie d'aller voir le film qui semblait un poil plus intéressant que les autres

mais je n'y suis pas allé et c'est seulement 13 ans plus tard que j'entame enfin la vision (sur les conseils d'une amie journaliste tellement fan qu'elle a un tatouage de Stitch sur l'épaule...) et ma foi, c'est en effet pas si mal

bon on dévie pas complètement des bons sentiments tout ça mais quand même, les personnages sont assez touchants et on se surprend même à rire à quelques gags bien trouvés

en revanche, les images de synthèse qui apparaissent de temps en temps sont assez horribles (mais on mettra ça sur l'époque, on a fait de gros progrès depuis)
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 24 Oct 2015 - 15:36



Utopia for the devil

Il faut parfois mettre de côté certains facteurs pour laisser sa chance à une œuvre. Nul doute que la comparaison entre le roman graphique et son adaptation le fera basculer dans du côté obscur de la note. Pourtant, pris isolément par un spectateur qui ne connaitrait pas son encombrant modèle, V pour Vendetta se défend plutôt bien.
Certes, c’est avant tout à son scénario profus qu’il doit son intérêt. De la découverte progressive d’une société dystopique au portrait complexe d’un justicier masqué, de l’initiation à l’engagement résistant au décryptage du néofascisme, le film explore simultanément plusieurs pistes avec un joli sens de l’équilibre. C’est d’ailleurs avec un calme certain qu’il construit son édifice, encadré par deux explosions lyriques en diable, sur un Tchaïkovski tonitruant. On est par exemple étonné de l’atonie des deux flics sur les traces de V, de même que les longues discussions avec Evey prennent le tour de cours de philo dans un alcôve, musée clandestin à l’abri du monde. De ce fait, le film est très british et y gagne un ton singulier qui l’éloigne des traditionnels blockbusters, le rapprochant d’un autre chant crépusculaire de la civilisation, de loin supérieur il est vrai, Les fils de l’homme. La condamnation est généralisée, du règne de la télévision au big brother, des accointances entre industrie, fascisme et Eglise, la société dépeinte renvoie à celle de Brazil, mais sans l’humour, et avec cette conviction un peu plus naïve d’un possible infléchissement des événements.
Ce qui pourrait sembler être une mauvaise gestion du rythme finit par servir l’ensemble : assez ténu, sombre et lucide, le film est en réalité au diapason de cette préciosité britannique de V, qui parle comme dans une pièce de Shakespeare et se voudrait l’un des rares survivants de l’espèce humaine d’avant la chute.
De ce fait, V pour Vendetta est davantage une utopie qu’un blockbuster : cette volonté de croire à l’humanisme et à la possibilité d’éduquer les foules, ce chant d’espoir et d’amour presque gothique, sorte de Fantôme de l’Opéra timoré où les sous-sols d’un monde à la dérive promettent des lendemains meilleurs.
On aurait envie d’y croire, d’autant que le film nous donne un argument imparable par la présence d’une chanson de Richard Hawley : oui, la beauté subsiste.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 24 Oct 2015 - 15:38



« Putain, on va cartooner »

Les esprits s’étant calmés après l’euphorie et les excès de la trilogie Matrix, il était grand temps de redonner sa chance à cet étrange objet qu’est Speed Racer.
Speed Racer est le prototype du film en roue libre que se permettent des artistes qui ont carte blanche. La pente est glissante, entre mégalomanie et enfermement dans une formule, et le moins qu’on puisse dire est que cette nouvelle livraison a pu déconcerter les attentes des fans.
La problématique du virtuel, déjà omniprésente dans Matrix, ressurgit ici dans toute sa splendeur : les Wachowski vont donner aux rêves d’enfant leur pleine mesure : le carnet sur lequel le jeune garçon griffonne au crayon une série d’images est l’impulsion donnée à une croissance exponentielle : vers le cartoon et la CGI, toujours plus vite.
Sur bien des points, Speed Racer est admirable dans la façon qu’il a d’assumer pleinement ses excès. C’est loin de faire toujours mouche, particulièrement dans son maelstrom de tonalités, du kungfu au comique japonisant le plus stupide, et des interminables discussions sur la valeur ultime de la cellule familiale face aux tentaculaires World Companies. Le film est clairement trop long, et les tentatives d’équilibrer les courses par des interludes sont le plus souvent maladroites. Car personne ne s’y trompe, c’est bien dans ces séquences à pleine vitesse que toute la substance s’épanche. Dans une variété de décors tous plus factices les uns que les autres, du désert (en ambiance très Mad Max) à une reproduction de la Mezquita de Cordoue, de la neige aux circuits urbains, le déroulé des images possible est exhaustif. On s’affranchit de toute cohérence comme de la gravité pour imaginer des cascades au ralenti, des accessoires délirants et des retournements dans tous les sens du terme, narratifs et géographiques.
L’indigestion guette évidemment à chaque virage, et force est de constater qu’à trop vouloir jouer la carte de la surenchère, on frôle l’épilepsie oculaire dans la course finale, qui devient presque aussi illisible que les pires scènes de Jupiter, Le destin de l’univers.
Mais ce qui fascine réellement est la contamination de ces morceaux de bravoure sur l’esthétique générale du film. La façon d’entremêler espace et temps, course et récit fait l’objet d’un travail d’orfèvre. La première course qui permet une exposition relativement complexe superpose ainsi deux temporalités différentes, voyant le jeune coureur élancé sur les traces de son frère défunt, à la poursuite d’une voiture fantomatique. De la même manière, les commentateurs des compétitions sont sans cesse en mouvement, défilant à l’écran dans un ballet théâtral délibérément factice et souvent très séduisant.
Objet rutilant, décomplexé et vertigineux, ode à la vitesse et à la cinétique, Speed Racer est certes un monstre, mais à la singularité salvatrice, bien plus fascinante que les pompeux Cloud Atlas ou formatés Jupiter.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 26 Oct 2015 - 6:34



Graphiques influences.

Un certain nombre d’éléments contribuent à condamner d’emblée Lost River : le BG jeune premier aux commandes, sa laborieuse envie de bien faire et les lourdes influences dont il s’encombre. Tentons de le considérer comme le premier film d’un réalisateur inconnu avant de lui intenter tout procès.
Le film commence sous les meilleurs hospices : doté d’une photographie superbe, il fait de la ville sacrifiée par la crise un personnage martyr, par l’entremise d’un réalisme esthétique qui la fait basculer dans un récit qui pourrait être d’anticipation. Il est aisé de faire des liens entre cet univers décati, où l’on pille le cuivre, et les problématiques de Mad Max 2, par exemple. Toujours sur le fil, le scénario ne tranche jamais véritablement, et insiste sur une crédibilité destinée à amplifier l’effroi face à ce dont l’humain serait capable. On retrouve ici des thématiques propres au père spirituel qu’est Refn, particulièrement dans Onyl God Forgive : intérieurs sombres, pervers raffinés et un goût prononcé pour un gore chic qui n’est pas toujours du meilleur effet.
Dans Lost River, tout est crépusculaire au point d’atteindre assez fréquemment le grotesque, le plus souvent involontaire. Maman sera pute, Mamie camée devant la télé, et la jeune génération oscillera entre sacrifice et révolte. Les méchants seront des psychopathes ostentatoires, et le tout sera servi dans un récit à trames multiples, accentuant une construction musicale qui peine à s’affranchir des modestes ambitieux d’un clip un peu dark ou d’une publicité à la photo ultra léchée. Il ne suffit pas de filmer des soirées déviantes pour atteindre les noirceurs hypnotiques de Lynch, dont le film convoque plus que de raison les séminaux Blue Velvet ou Mulholland Drive.
Car c’est bien là l’une des grandes limites du film : sa difficulté à trouver un point d’équilibre, entre son désir de provocation (attention, ultraviolence et gore), son positionnement arty (attention, mise en scène soignée et primat accordé à l’imagerie sur le discours, night clubs, avenue nocturne et incendies) et son pathos mal assumé (jeunes protagonistes héroïques, danse amoureuse dans les ruines et apnée pour sauver la ville sur le mode conte de fée) ; se dépêtrant assez gauchement dans ce maelström d’influences et d’ambitions disparates, Ryan Gosling ne sait plus trop où donner de la caméra.
Il n’empêche : cela aurait pu être bien pire en terme de naïveté, et si l’esthétisme est un peu trop appuyé, il n’en est pas moins souvent pertinent. Il reste à espérer que l’apprenti cinéaste saura tirer les leçons de ses excès originaux en poursuivant dans cette voie malgré tout prometteuse.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 26 Oct 2015 - 6:36



Mc T : masterclass aux boloss

Mc Lane est de retour aux affaires, et il est toujours au plus bas.
On va bien se marrer.
Voilà l’exposition de Die Hard with a vengeance : sans ambages, sans fioritures, sur les chapeaux de roue, Mc Tiernan reprend la baraque en main en commençant par faire sauter sans sommation un étage entier sur une rue bondée de New York.
Puisqu’il s’agit de s’amuser, faisons-le jusqu’au bout : cette gueule de bois va s’avérer des plus ludiques pour le flic au marcel sanguinolent. Moins de face à face, mais une course folle. Fini le huis clos dans un bâtiment-monde du premier opus, la ville entière devient une aire de jeux explosive, et Mc Tiernan s’éclate à déployer dans toutes les directions sa gestion au cordeau de l’espace : Central Park, le métro, le bateau, le taxi, l’hélico, les camions benne : tous les moyens de transports sont convoqués pour tisser un réseau où les marionnettes répondent aux injonctions sadiques d’un puppet master aux motivations troubles. Car tout est jeu : les explosions, le duo imparable formé avec Samuel L Jackson en obsédé racial, la figure du flic badass comme celle du méchant germanique, et les différentes missions comme autant de tours de passe-passe. Ecrans de fumée, dés pipés : la machine rutilante ne se contente pas de rouler des mécaniques, elle se fout de notre gueule. Et là où tant de films tentent péniblement de rejouer cette carte du twist (des abominables Insaisissables au dernier Die Hard en date, justement…), ici, tout fonctionne. Entre Bruce Willis, Samuel L Jackson et Jeremy Irons, c’est le concours du charisme, du je m’en foutisme au militant intègre, en passant par le raffinement machiavélique. Tous les autres sont relégués à des rôle de potiches dont on se fiche éperdument : les boss de la police, le FBI ne sont que des fantoches qui eux aussi courent là où on lance l’os.
Et c’est finalement là le secret d’un blockbuster réussi. Sa maitrise visuelle, certes, mais surtout, le degré avec lequel il assume de jouer cartes sur table. Point de famille, nul ancrage émotionnel, à un coup de téléphone avorté près à son ex : Mc Lane est l’incarnation du personnage rivé à son genre, sans implication d’un pathos hors de propos, cette mélasse qui englue la quasi-totalité des grosses machines hollywoodiennes depuis des décennies.
Back to basics : le modèle du genre est là, camarades, prenez-en de la graine.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 28 Oct 2015 - 10:03



dubitatif j'étais à la vue de la bande annonce à sa sortie, dubitatif je reste après la vision du film

autant j'avais adoré "Persepolis", autant "Poulet aux prunes" m'avait déjà paru bien bancal

et là, ça ne s'arrange pas bien au contraire

on voit bien l'intention, le mélange gore et comédie, le 2nd degré constant, les couleurs flashy... on voit bien où veut en venir Marjane Satrapi mais au final rien ne marche vraiment, ce n'est pas vraiment drôle, pas très subtil (enfin moins que ce qu'en disaient beaucoup de critiques dythirambiques au moment de la sortie)

en fait, j'ai pas trop compris l'intérêt du film
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 10:57



Boulevards des minuscules.

Le regard sur un continent mythologique par un étranger : voilà à quoi on pourrait résumer, entre autre, l’intense poésie de Paris, Texas.
Dans une très puissante séquence apparemment décrochée du reste du récit, un prophète de malheur s’adresse du haut d’un pont à l’autoroute en contrebas, cette fameuse freeway américaine. Inaudible et indélogeable, le prédicateur est une des figures de l’étranger qu’incarne le mystérieux Travis, dont la trajectoire mutique dans Death Valley ouvre le film : un spectre, une émanation en osmose avec l’espace, magnifiée par la guitare somptueusement mélancolique de Ry Cooder.

De route, il sera question tout au long de ce récit qui ne cesse d’établir des retours : retour à la maison pour le frère, retour aux sources pour Travis, retour à l’unité éclatée d’une famille ravagée par des démons internes, dissous par le feu.
Wim Wenders est une des figures du regard sur l’Amérique, européen fasciné et lucide par un Nouveau Monde aux potentiels romanesques infinis. C’était déjà le cas dans Alice dans les villes : la quête d’une famille à ressouder passe immanquablement par la domestication de l’espace. Les routes sont droites, au bord desquels s’égrènent dans des paysages infinis, les carcasses de vies rongées par la rouille. Tout, dans Paris, Texas, jusqu’au lieu singulier de son titre, fonctionne sur le contraste et la demi-mesure : l’Amérique, terre de contraste, se joue à la jonction des extrêmes : un homme qui voudrait marcher jusqu’à l’épuisement et contemple les avions aux jumelles. Des demi pare-brise, occultant un hors champ dans lequel l’essentiel se joue.

La question restera ouverte : qui, du territoire ou de son occupant, est l’intrus ? Est-ce cet étrange pays trop neuf et pourtant si exténué qui n’est pas à la hauteur, ou ceux qui le sillonnent avec mélancolie, s’y cachent et y fuient sans prendre conscience qu’ils tournent en rond ? Si Paris, Texas est un road movie, force est de constater qu’il ne propose pas un trajet, mais bien une réappropriation de l’espace : c’est l’histoire d’un homme qui tente de retourner sur son propre chemin et de remettre les siens sur les rails. Pour cela, il faudra abolir les distances : géographiques, d’un bout à l’autre du pays ou d’un étage à l’autre, lors de cette scène de retrouvailles avec le fils ; d’une route qu’il maintiendra entre eux au retour de l’école. D’une épouse réduite à une présence sur pellicule super 8, à un miroir sans tain qu’il faudra briser par les mots.

La famille américaine est à l’image du territoire qu’elle occupe : recomposée, héritée de traditions ancestrales qui semblent ne plus vraiment lui appartenir et se perdre dans les limbes d’une mémoire parcellaire. Avec mélancolie, sans lyrisme exacerbé, avec cette tristesse sourde de la lucidité, on tente tout de même de ressouder les fragments du cadre brisé. Dans le no man’s land de l’intimité, la chambre d’hôtel, un nouveau départ est possible.

Et le bon samaritain de reprendre la route.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 10:59



Les joies de l’attraction.

L’entertainment ne recule devant rien : voilà que Disney décide, en 2003, d’adapter une attraction d’un de ses parcs, ces croisières à thèmes où l’on traverse des décors enchanteurs, avec automates, ambiance musicale et pyrotechnique. Le projet a de quoi laisser dubitatif, d’autant que les films de pirates sont souvent chers et promis à la même malédiction que celle dont ils traitent, à savoir un bide abyssal.
On sait aujourd’hui à quel point la franchise s’est imposée, alors qu’un cinquième volet est actuellement en tournage. Regain pour la piraterie cinématographique, rebond pour la carrière de Depp et son emblématique personnage Jack Sparrow, débauche d’effets spéciaux, intrigue à rallonge avec autant de trahisons et revirements que dans les Mission : Impossible, tout sourit au studio.
Il faut reconnaitre au film une belle efficacité. Décors plantureux, une dose de dérision suffisante en la personne de Sparrow pour alléger les pesanteurs du blockbuster, l’équilibre est savamment travaillé. L’entrée du protagoniste sur un bateau qui coule résume bien la posture : en mettre plein les mirettes sans se prendre trop au sérieux.
Deux constituantes majeures font de Pirates des Caraïbes une attraction cinématographique : l’inventivité dynamique et le grand spectacle. La première se voit dans la rencontre à l’épée entre Bloom & Depp dans la forge, où l’on exploite tous les ressorts possibles des accessoires, planches, poutres, engrenages, pour un combat de haute volée qui nous renvoie aux belles heures de voltige d’un Errol Flynn quelque 70 ans auparavant. La seconde se joue dans les effets assez réussis des pirates zombies passant sous l’éclairage de la lune, notamment cette très belle marche sous-marine.
Le reste décline avec le savoir-faire propre aux américains tout le cahier des charges attendu : tempêtes, abordage, jambe de bois et perroquets, musique pompière et damoiselle peu farouche.
C’est un peu long, ça parle un peu trop, on gagnerait à dégraisser le mastodonte d’une petite demi-heure, mais l’ensemble reste plaisant et exploite avec honnêteté tout le potentiel d’un home cinéma un jour de vacances avec la marmaille.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 11:23



Bon, cette nuit, insomnie. Du coup, je farfouille dans mon disque dur et je tombe sur ça que je n'avais jamais vu. Ca partait pas gagnant vu que je ne supporte pas Dubosc. En plus d'être un comique qui n'a qu'une vanne à son compteur, il est un acteur consternant (même Clavier joue mieux que lui, c'est dire). Bref. Je lance ça. Je me dis: Depuis le temps qu'on t'en parle bla bla bla, des millions d'entrée, bla bla bla... Putain... Qu'est-ce que c'est que cette merde????? C'est d'un mauvais, mais mauvais. Je n'avais pas vu de film aussi nul depuis... je ne sais même plus. Je me demande si c'est pas l'un des pires que j'ai pu voire de toute ma putain de vie. Rien de drôle, même Lanvin ne parvient pas à se détacher (faut dire que maintenant, sorti des rôles de bougons vieillissants, il ne sait plus faire grand chose). D'une lourdeur absolue. Rien à sauver. Des sous Bronzés, des sous Sous doués, des sous tout... La France exception culturelle? Putain, quand je vois ça, je me demande. On demande pas la lune, mais quand même la comédie française qui se portait encore pas trop mal il y a quelques années a touché le fond et avec la relève qui s'annonce, je doute fort qu'elle remonte un jour à la surface (c'est sûrement pas grâce à des endives du calibre de Kev'Adams qu'on va s'en sortir). Bref, ça m'apprendra à avoir des merdes sur mon disque dur (en même temps, ça m'a permis de faire de la place, j'ai viré celui-ci, et j'ai pris sur moi de virer le 2 sans même le regarder). Faut juste que je vire dans la liste de mes contacts le mécréant qui m'a refilé cette merde!
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 14:15

@Esther a écrit:
Je me demande si c'est pas l'un des pires que j'ai pu voire de toute ma putain de vie.

Pas mieux. pig

Et Nulladies je te trouve bien indulgent avec Pirates..., une belle série de navets chiants comme la pluie avec un Johnny Depp à la limite de l'insupportable. Depuis qu'on le voit plus chez Burton il gâche bien sa carrière lui d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 20:01

Drôle d'idée quand même de regarder un film aussi mauvais...
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 31 Oct 2015 - 22:45

@bro' a écrit:
Drôle d'idée quand même de regarder un film aussi mauvais...
Tant qu'on a pas vu un film, on ne peut pas savoir s'il est mauvais. Certes, le casting aurait du me mettre la puce à l'oreille, mais j'ai entendu tellement de gens me dire que c'était hilarant... que j'ai fini par tester. Par contre, ça m'aurait fait très mal au cul de payer pour voir une telle merde.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 1 Nov 2015 - 7:20

@RabbitIYH a écrit:
@Esther a écrit:
Je me demande si c'est pas l'un des pires que j'ai pu voire de toute ma putain de vie.

Pas mieux. pig

Et Nulladies je te trouve bien indulgent avec Pirates..., une belle série de navets chiants comme la pluie avec un Johnny Depp à la limite de l'insupportable. Depuis qu'on le voit plus chez Burton il gâche bien sa carrière lui d'ailleurs.

Camping, il a une injonction pour moi : interdiction de le voir. Je ne juge pas sans l'avoir vu, je sais que c'est pas pour moi.

Et pour Pirates, c'est la suite qui effectivement correspond bien à ce que tu dis. Y'a quand même de belles séquences d'aventure.

Et pour Burton... Il a pas besoin de l'absence de Depp pour gâcher sa propre carrière, hein...
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 1 Nov 2015 - 7:24



Worst Case Scenario

Bon allez les enfants, on se fait la suite de Pirates des Caraïbes ? On ferme les volets, on met le son bien à fond, on va se bouffer du poulpe géant et de la marée haute ?
C’est parti.

- Mais pourquoi elle est en prison la fille ?
- Mais pourquoi elle est déguisée en garçon la fille ?
- Mais pourquoi elle embrasse Jack Sparrow ?
- Mais c’est qui en fait le monsieur qui a des croûtes de fromage sur la joue ?
- Mais alors c’est qui le héros ?
- Mais quand est-ce qu’il vient le Kraken ?
- Mais de quoi ils parlent, là ?
- Mais alors en fait il est méchant Jack Sparrow ?
- Mais là alors il ment ?
- Mais c’est qui lui déjà ? Son père ? Son ennemi ? Son amoureux ?
- Mais là alors il ment ?
- Mais pourquoi il dit ça ?
- Qu’est-ce qu’il a dit ?
- Mais alors là il ment ?
- Mais il était pas mort lui ?
- Mais il est mort alors ?

Sur les deux heures trente que dure le film, les enfants se sont tus trois fois. Pour le Kraken, bien sûr, même si le bordel visuel n’était pas toujours extrêmement lisible. Mais surtout pour deux séquences qui sauvent le film : l’échappée de la tribu indigène sur deux moyens de locomotion pour le moins originaux, le poteau/brochette et la sphère carcérale en os humains, puis le duel à trois sur une roue à aube lancée à pleine vitesse. Dynamique, gorgées de comique de geste et de situation, bondissantes et pleines de rebondissements, ces morceaux de bravoure renouent avec le pur divertissement.
Et ce sont les moments bénis du film où l’on se tait aussi à l’écran.

- Mais il est mort alors ?
- Ben vous verrez, il y a un N°3…
- Mais pourquoi…
- Il dure 2h50. Ce sera sans moi.
- Mais alors comment on va faire pour comprendre ?
- Vous allez pas. Disons qu’à la fin, il gagne, ils s’embrassent. Et vous avez la même musique pendant trois heures. Avec un gros tourbillon.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 1 Nov 2015 - 10:40

@Nulladies a écrit:

Et pour Burton... Il a pas besoin de l'absence de Depp pour gâcher sa propre carrière, hein...

Bah je trouve pas. Alice était pas génial mais sinon son seul mauvais film depuis la grande époque Johnny Depp c'est Sweeney Todd... avec Johnny Depp. Sad

En fait j'avais oublié que Johnny Depp était dans Dark Shadows... que personnellement j'ai beaucoup aimé.

Mais après entre Lone Ranger, Transcendence, Mortdecai... le Johnny est un peu beaucoup en roue libre dans des films un peu beaucoup foireux ces derniers temps.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 2 Nov 2015 - 7:06

@RabbitIYH a écrit:
@Nulladies a écrit:

Et pour Burton... Il a pas besoin de l'absence de Depp pour gâcher sa propre carrière, hein...

Bah je trouve pas. Alice était pas génial mais sinon son seul mauvais film depuis la grande époque Johnny Depp c'est Sweeney Todd... avec Johnny Depp. Sad

En fait j'avais oublié que Johnny Depp était dans Dark Shadows... que personnellement j'ai beaucoup aimé.

Mais après entre Lone Ranger, Transcendence, Mortdecai... le Johnny est un peu beaucoup en roue libre dans des films un peu beaucoup foireux ces derniers temps.

J'ai arrêté avec Dark Shadows, justement, qui m'a laissé de marbre. Alice, la bande annonce m'a suffit.
Et c'est vrai que pour le reste, Depp n'est guère inspiré. La bande annonce de son prochain où il est grimmé en méchant fait très peur...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19558323&cfilm=142528.html
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 2 Nov 2015 - 7:06



O sombres idiots de la mer qui ont su imposer les océans du vide…

Bon, j’ai craqué, même si je m’étais promis à la fin de l’épisode précédent de laisser la marmaille se dépatouiller seule dans la houle confuse d’une intrigue à rebondissements aussi fréquents qu’ineptes. Mais voilà, autant finir les choses bien, et leur faire comprendre aussi ce qu’est l’épuisement par l’épisode de trop.
Je n’ai même plus fait semblant de chercher à comprendre pour tenter de leur fournir des explications : laissez tomber, les kids, y’a pas vraiment de méchants et de gentils, c’est chacun pour sa gueule, chacun son fardeau, comme disent les plus gentils, et c’est plus fun quand on dit pas à celle qu’on aime qu’on l’aime, ça pimente un peu avant le mariage entre deux décapitations. De toute façon, les fausses pistes et les sous intrigues abondent tellement qu’on se dit qu’on doit les subir sans broncher, et que l’humour ou l’action viendront équilibrer en nous apportant le divertissement attendu.
Hum.
Le troisième volet se veut plus sombre dès son intro, vu qu’on pend un enfant, et que donc, attention les gens, ça devient sérieux cette histoire. On tente bien de nous faire plonger dans les limbes du WTF avec la présentation de Sparrow au bout d’une grosse demi-heure, mais ce n’est pas en le démultipliant, en le faisant pondre un œuf ou converser avec une chèvre qu’on renouera avec l’esprit sémillant du premier opus.
Plus on avance, plus la logique du « toujours plus » prévaut : plus de pirates, plus de méchants, plus de trahisons, plus de longueur. Certes, la franchise écume l’une de ses spécificités, à savoir le décor en carton-pâte et les aventures exotiques, de Singapour aux Icebergs (pompant au passage le très bel accostage sur la lune du Baron de Münchhausen, lorsque la voûte céleste se reflète sur les flots), et occasionne une jolie séquence, celle du retournement du Black Pearl pour rejoindre le monde des vivants.
Mais le final, qui a beau lorgner du côté des 7 samouraïs par sa pluie continue et ses combats en nuances de gris, est assommant de rallonges, et on verrait volontiers ce tourbillon se transformer en chasse d’eau géante, histoire d’en finir. La conclusion presque aussi longue que celle du Retour du Roi, nous achève. On en sort rincé et soulagé du devoir accompli.
- Bon, Papa, maintenant y’a le 4 ! La fontaine de Jouvence !
- Papa ?
Papa est parti chercher de l’arsenic. Une boite familiale, s’il vous plait.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 2 Nov 2015 - 8:04

@Nulladies a écrit:

Alice, la bande annonce m'a suffit.

Merde il est aussi dedans, décidément...  Neutral  en fait on le revoit beaucoup chez Burton, mais c'est pas toujours très marquant...


Dernière édition par RabbitIYH le Mar 3 Nov 2015 - 2:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 2 Nov 2015 - 22:09

@Esther a écrit:
@bro' a écrit:
Drôle d'idée quand même de regarder un film aussi mauvais...
Tant qu'on a pas vu un film, on ne peut pas savoir s'il est mauvais. Certes, le casting aurait du me mettre la puce à l'oreille, mais j'ai entendu tellement de gens me dire que c'était hilarant... que j'ai fini par tester. Par contre, ça m'aurait fait très mal au cul de payer pour voir une telle merde.
L'autre jour, j'ai tenté de regarder quelques minutes "La soupe aux choux", c'était moche également.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 2 Nov 2015 - 23:18

@Gengis a écrit:
@Esther a écrit:
@bro' a écrit:
Drôle d'idée quand même de regarder un film aussi mauvais...
Tant qu'on a pas vu un film, on ne peut pas savoir s'il est mauvais. Certes, le casting aurait du me mettre la puce à l'oreille, mais j'ai entendu tellement de gens me dire que c'était hilarant... que j'ai fini par tester. Par contre, ça m'aurait fait très mal au cul de payer pour voir une telle merde.
L'autre jour, j'ai tenté de regarder quelques minutes "La soupe aux choux", c'était moche également.

Ouais... Sauf que la Soupe Aux Choux, d'abord c'est au début des années 80, que dedans, y'a l'immense Carmet, que je trouve De Funès limite attendrissant (il est à ce moment, sur le point de claquer), que pour le seule présence d'un Villeret plus ou moins débutant, ça vaut la péloche, et qu'il n'y a pas l'once d'une vulgarité dans ce film (si l'on excepte le concours de pets qui sert d'appel à Villeret). Bref, la Soupe Aux Choux est probablement l'un des pires De Funès, avec les trois derniers Gendarmes, mais je ne saurais te dire pourquoi, je préfèrerais me refaire dix fois ce film plutôt qu'une seule fois Camping.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 3 Nov 2015 - 7:05



Les aventuriers de l’enthousiasme perdu.

Oui, oui, j’ai vu ce film, avec les marmots. Quand ils seront plus grands, je leur ferai revoir, puis lire ma critique. Ils comprendront mon dévouement et y verront peut-être une occasion de me pardonner de ne pas leur prêter la bagnole.

Je me souviens que lors d’un déjeuner à la cantine avec un collègue de maths, dans mes débuts de carrière, nous avions évoqué ce jeu stupide consistant à placer un mot incongru dans une situation sérieuse. Il imaginait ce que nous pourrions tenter de dire lors du prochain conseil de classe, et j’avais suggéré « pédiluve », puis totalement oublié cette histoire jusqu’au conseil en question, environ un mois plus tard. Il avait commencé sa synthèse ainsi : « Cette classe de sixième a un niveau très hétérogène qui suppose une adaptation du professeur. Pour parler par image, on peut dire que lorsque certains sont déjà au grand bain, d’autres se trouvent encore au pédiluve ».

La classe, quoi.

Ce quatrième volet de la franchise m’a fait penser à cette histoire : les mecs se sont imposé des défis, des thèmes à placer, et l’ont fait.
Mais sans la classe.
On a donc droit à :
- Penelope Cruz à moustache
- Un Barbe-Noir télékinésique
- Un bateau lance-flamme
- Des Sirène Spider-Woman
- Une sirène qu’on baptise Sirena
- Un prêtre BG qui tombe amoureux d’une sirène
- Une poupée vaudou
- Des pirates zombies
On soupçonne fortement l’équipe d’avoir eu recours aux pilules d’ILC, ce psychotrope qui a engendré l’écriture de Percy Jackson et la mer des monstres.
Autour de tout ça, on nous organise divers abordages et course à l’échalote à adversaires multiples, sans qu’on se soucie de quoi que ce soit. Jack s’en fout, Penelope essaie de nous insuffler un brin de chorizo dans l’affaire sans qu’on y croie une seule seconde, les chèques pleuvent, les spectateurs pleurent.
De jouvence, nulle trace.

- Et donc, le 5, il sort quand papa ?
QUOI ?! Euh. Dans longtemps. Vous serez grands, vous pourrez y aller seuls. Ou même, vous aurez peut-être du goût à ce moment-là.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 4 Nov 2015 - 6:46



Motion capture.

Il faut un minimum de culture contextuelle pour entrer dans Life, un film qui se mérite et ne cherche pas la facilité en dépit de son potentiel de séduction.
Connaitre son réalisateur, Anton Corbijn, à la carrière internationale de photographe, notamment de stars du rock, et la fascination qu’il a toujours eue pour les icônes et la captation de leur vérité profonde. Connaitre aussi l’histoire de James Dean, sa trajectoire d’étoile filante et les clichés célèbres ayant notamment contribué à son ascension.
De cette matière à la fois autobiographique et historique, Corbijn écrit un film naviguant en eaux troubles. Tout participe à cette idée d’un décalage, ou, pour reprendre un terme photographique, d’un décadrage. La star James Dean est jouée par Dane DeHaan, un acteur lui-même sur le point d’exploser, tandis que l’homme de l’ombre est incarné par Pattison, à la destinée similaire d’idole pour midinettes. Le duo fonctionne sur la trame éculée des pôles inversés, Dean étant d’une spontanéité confondante, star presque involontaire, paresseux et magnétique, tandis que son photographe est un ambitieux maladroit, avide de succès, raide et handicapé social. Le trait n’est pas toujours fin, les circonvolutions (notamment le rapport de Dennis avec son ex-femme et son fils) souvent dispensables, mais là n’est pas l’essentiel.
De décadrage, il est surtout question dans la volonté de Corbijn de saisir la fabrique de l’image : Stock sait qu’il tient avec Dean un sujet vibrant, et doit attendre son accord puis le moment propice pour le capturer. Et le spectateur d’attendre avec lui : les scènes sont avant tout des reconstitutions, souvent très longues, de ce qui mène à un cliché mythologique : Dean sur Time Square, dans l’Indiana, chez le coiffeur, dans un bar, en cours de théâtre… Bien entendu, la photographie fait l’objet d’une attention particulière, et le réalisateur accorde un soin constant dans la recherche d’une imagerie intime, qui quitterait les plans d’ensemble de la foule, de l’hystérie collective, de la dimension nationale, pour s’attacher à une personnalité à la fois hors norme et brillante dans son humanité spontanée.
C’est là l’une des limites du film : à trop vouloir délayer ces apogées iconiques dans un récit qui les introduirait de façon crédible, à trop vouloir saisir la vérité des êtres à l’écart de leur statut de star d’une usine à rêve, le récit nous prive paradoxalement d’une véritable émotion. Certes, le poids des studios désirant formater Dean ou l’aspect vampirique de Scott mélangeant amitié et professionnalisme pour mieux laisser sa proie se dévoiler sont abordés, mais le rythme patine, et l’ennui s’invite plus souvent qu’à son tour.
Reste une émotion réelle : celle du générique de fin où apparaissent les fameux clichés, et ce rappel à la réalité, à savoir la mort de Dean 7 mois plus tard : dès lors, on comprend mieux ce désir de faire durer cette temporalité qui n’appartenait qu’à cette icône, refusant l’urgence et la facticité de son univers d’adoption pour vivre en accord avec son cœur, sans savoir que ses jours étaient comptés : c’est là l’essence même du mythe James Dean, et le rôle fondamental de la photographie : capter l’instant essentiel de l’éternité.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 7 Nov 2015 - 7:46



Dieu que la bourre est triste

Puisqu’ils n’en prennent pas, évitons d’enfiler des gants pour dire tout ce que cet étron a de détestable.
Appatow est un réalisateur qui m’avait séduit, lorsqu’il nous gratifia des pochades « 40 ans, toujours puceau » et du déjà plus convenu « En cloque, mode d’emploi ». Une certaine irrévérence, un travail sur le dialogue, des acteurs au cordeau, dont émergea le désormais déjà fatigué Seth Rogen.
Il fallait certes passer par une grossièreté assumée, mais qui avait le mérite de décaper le glacis traditionnel américain pour montrer des couples face aux réalités triviales, perspectives qu’on retrouvait à mesure que le réalisateur vieillissait, de Funny People à 40 ans mode d’emploi.
La fatigue est désormais revendiquée : Appatow n’écrit plus et passe le relai à Amy Schumer, de tous les plans, et qui va, à la manière de l’haïssable Obvious Child, plaquer ses sketches sur un film qui, comble de supplice, VA DURER 2h08.
Le comique trash, c’est mettre Auschwitz dans une boule de neige touristique, parler de ses flux menstruels abondants ou d’une capote collée à l’utérus, le tout débité par une blonde qui, mystère insondable, parvient en dépit de sa vulgarité et de son faciès de peluche botoxée à se farcir la totalité de New York.
Chaque situation est l’apéritif d’une vanne qui tombe à plat, rien n’est drôle, rien ne fonctionne. On est consterné de voir à quel point toutes ces perles de clichés semblent brandies comme des innovations audacieuses : madame boit beaucoup, elle n’aime pas les enfants, ne veut pas s’engager, travaille dans un magazine qui fait des articles méchants. Les inversions, moteur traditionnels du comique, sont aussi ici aussi pathétiques qu’inefficaces : c’est l’homme qui rappelle dès le lendemain, les tendances homosexuelles du culturiste, la star de basket est fleur bleue…
Et, personne ne l’aura vu venir, madame va rencontrer un médecin wasp qui va lui faire miroiter les vraies valeurs qu’on va nous vendre à grands coups de burin bien lubrifié, avec guests à la pelle (si vous vous infligez le film, arrêtez avant l’affligeante « intervention » de LeBron James, Mathew Broderick et un mec apparemment connu du sport dans leur propre rôle), Madison Square Garden en sponsor officiel, pom pom girls et Cie.
Papa va mourir, ma sœur va se fâcher, mais tout rentrera dans l’ordre.
Qu’on propose ce film dans les cellules encore actives de Guantanamo pour punir les ennemis de l’Amérique, passe encore.
Mais qu’on nous le présente comme un divertissement censé nous faire rire, voilà de quoi susciter un vent de révolte.
Ou de panique.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 9 Nov 2015 - 7:36



Le bas fond de l’air est vrai.

Alors qu’il se manifeste désormais davantage dans la comédie dramatique (avec les réussis Temps de l’aventure et A trois, on y va), Jérôme Bonnell tenta à ses débuts une incursion du côté du polar.
C’est avant tout à la restitution d’une atmosphère qu’il s’attèle : dans les bas-fonds d’une France grise et populaire, ses bars, ses petites escroqueries et sa population abimée, un couple surnage. Lui s’acoquine avec plus gros poisson que lui dans un vol de cuivre tandis qu’elle passe d’un homme à l’autre dans les brumes de l’alcool. Le spectateur met un certain temps à comprendre qu’ils sont frère et sœur, et cette ambiguïté est l’une des poisseuses efficacités de ce film noir. La trajectoire est double : d’un côté, la descente aux enfers suite au braquage foiré de l’acolyte, contraignant Aurélien (Malek Zidi, intense et angoissé) à dépasser la ligne jaune, de l’autre, la rébellion permanente d’Argine (Florence Loiret Caille, pavé punk dans la mare, impressionnante) qui joue avec le feu et se consume à grande vitesse.
Si le scénario n’est pas particulièrement original, il mêle habilement les destinées et les caractères complémentaires des deux protagonistes. La mécanique du pire est bien menée, et la tension résultant des maladresses de l’un de l’imprévisibilité de l’autre enclenche une tonalité tragique plutôt efficace. Dans ce marasme où les seules résolutions semblent l’avortement ou le meurtre, les traits sont quelque fois un peu forcés, mais l’idée de pousser les situations dans leurs retranchements est assumée pour permettre une libération future des personnages : de ce point de vue, la catharsis est à l’œuvre, et Bonnell parvient à la construire de façon convaincante.
Il le sera cependant bien plus dans l’exploration de sentiments plus modestes sur ses films suivants.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 10 Nov 2015 - 6:25



Big Bang comedy.

On n’est même plus surpris lorsqu’on apprend le sujet du nouveau spectacle d’Alexandre Astier, à savoir la vie extraterrestre : ce type sait tout et peut en parler avec la faconde qui le caractérise.
Après les cycles Arthuriens (et avant, visiblement, un retour via le cinéma sur ces terres fécondes), après la vie et l’œuvre de Bach, le voici donc en conférencier devisant sur le big-bang, les ovnis et les avancées scientifiques.
Les moyens scéniques évoluent, et Astier ne s’est privé de rien pour donner chair à son propos : les animations à l’écran sont soignées, les scènes sont variées et il incarne un grand nombre de personnages. L’impression de fourre-tout peut guetter à certains moments, et la transition entre la trame générale, la conférence, et les sketches n’est pas toujours très fluide.
L’exoconférence n’est pas, à l’instar de Que ma joie demeure, un spectacle hilarant : ce n’est pas là son objectif. Mais il est évidemment sous l’égide de cette tonalité propre à Astier, et qu’on retrouve toujours avec autant de plaisir. Ironie, vocabulaire inimitable qui en fait un digne héritier d’Audiard, ponctuent sa leçon générale qui se veut aussi enthousiaste que poétique. On apprendra ainsi que la voie lactée a un goût de framboise, et les inconvénients à voyager à la vitesse de la lumière.
Le running gag sur la plaque de la sonde Pioneer vaut à lui seul le déplacement, et synthétise l’approche d’Astier : sarcastique et lucide, amusé et enthousiaste, il vulgarise autant qu’il embarque à sa suite un public auquel il peut désormais parler de ce qu’il veut.
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