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 [Flammarion] Le village évanoui - Bernard Quiriny

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MessageSujet: [Flammarion] Le village évanoui - Bernard Quiriny   Sam 10 Jan 2015 - 12:18



Retrouvons nous chers lecteurs pour une magnifique escapade bucolique. Bienvenue dans le charmant village de Châtillon-en-Bierre, magnifique bourgade de quelques milliers d’âmes nichée dans un écrin de verdure et idéalement située. Ici, point de pollution, d’embouteillages…tout n’est que calme et repos.

Bienvenue entre le Morvan et l’Auvergne !

Vous êtes en quête de grands espaces, de nature sauvage et préservée, de lacs, de forêts, de rivières, d’un territoire marqué par une empreinte historique et culturelle forte ? Alors cette région est la votre ! Ses professionnels du tourisme vous accueillent avec grand plaisir et se feront une joie de vous guider.

Tous se sont engagés à respecter une charte de qualité particulièrement exigeante pour vous satisfaire. Pour la découverte du terroir et de nos savoir faire, pour réserver une chambre d’hôtel, une chambre d’hôtes, un gite ou un hébergement de plein air, pour réserver une activité sportive et elles sont nombreuses à Châtillon-en-Bierre,vous trouverez toutes les informations pour la préparation de votre séjour. Consultez aussi l’office du tourisme dédiée à nos artisans et producteurs du terroir, le calendrier des diverses manifestations et festivités et celle où les événements du moment sont mis en vedette. Ne manquez pas de découvrir notre sélection des principaux sites touristiques dans la région de Châtillon-en-Bierre…

Voilà à peu près comment aurait pu démarrer « le village évanoui » de Bernard Quiriny…un paysage de carte postale qui sent bon le terroir…Pourtant, c’est bien un roman fantastique que nous avons entre les mains.

Leur vie, c’est la notre. Nous sommes tous des châtillonnais. Nous nous levons le matin avec les mêmes préoccupations, avec les mêmes envies. Ces habitants qui y sont décrits, c’est vous et moi. Ce village, vous le connaissez : « On trouve au village deux boulangeries, deux boucheries, un cabinet médical, une pharmacie, une supérette, une épicerie, un hôtel, un restaurant, une pizzeria, deux succursales de la banque et une étude notariale. »

Dès le début du livre, l’auteur nous présente le village à la manière d’une chambre de commerce et d’industrie. Une agence immobilière ne ferait pas mieux pour présenter les qualités de cet endroit à de futurs propriétaires. Devant, cet inventaire de commerces et de services, l’auteur en profite pour annoncer une première mise en garde en présentant son huis-clos : « Planter le décor était en tout cas nécessaire car de là, et c’est ainsi que tout commence, nous ne sortirons pas. »

Tout se passe donc dans le meilleur des mondes lorsqu’un jour, les voitures, arrivant à la limite du village, tombent en panne et refusent de rouler un mètre de plus… Même l’emblématique facteur, dans un sprint désespéré, tente toutes les routes pour échapper au village mais finit par on ne sait quel phénomène à se retrouver toujours au même endroit…Il faut bien se rendre à l’évidence : les châtillonnais semblent être prisonniers de leur village. Comme dans une bulle, ils sont enfermés dehors et plus personne ne peut quitter les lieux.

Ne cédez pas à la panique !
Le maire ne cesse de répéter cela à la foule venue à sa rencontre. Dans un premier temps, les habitants cherchent à comprendre ce qui les a emprisonné, il quadrille le secteur, découvre les limites. Ils découvrent aussi que les barrières physiques et matérielles vont avoir un rôle prépondérant dans le déroulement de l’histoire. Car dans les coulisses, il faut s’organiser. Les anciens toujours plus prévoyants jouissent d’une vie qui ne changent pas alors que les plus jeunes basculent rapidement dans la survie. Le maire décide de prendre les devants en rationnant les gens. Les paysans, les seuls sachant exploiter la terre, deviennent rapidement de vrais catalyseur de la crise majeure qui se dessine dans le village.

Tout le monde doit participer à l’effort. Tous ? Sauf un ! Un certain Verviers…
Qui est Verviers ? Un homme de la terre, rustique, du genre taiseux. A lui, seul, il va entrainer une multitude gens dans son sillage, prêts à tout pour survivre, il va créer une grande ferme en s’émancipant de la loi. Il crée sa propre frontière autour de son domaine et défie les autorités.

Tout doucement, un glissement se produit, insidieux, silencieux. Personne ne l’avait vu venir. Après avoir digéré la colère de leur état, certains châtillonnais tombent dans un marasme et une forme de dépression. Certains préfèrent se donner la mort plutôt que de mourir de faim. D’autres prennent conscience de leur vanité et se recentrent sur eux-même comme cet écrivain rêvant de gloire et qui repense sa condition.

L’enfer, c’est les châtillonais !
La jalousie, la colère et la survie vont modifier les relations entre les gens. Non pas que l’enfer, c’est les autres mais comme les rapports entre les personnes sont tronquées alors l’autre devient l’enfer. Les autres sont ce qu’il y a de plus important en nous-même. Quand nous tentons d’en savoir plus sur nous, quand nous cherchons à nous recentrer, c’est toujours dans le prisme de l’autre. Le jugement et la description de l’autre sont toujours dans notre introspection. Ainsi, à Châtillon-en-Bierre, si les rapports avec les autres sont mauvais alors forcément, cela sera l’enfer. Tout cela marque l’importance capitale des autres pour nous.

Beaucoup de gens sont ancrés dans une série d’habitudes et de coutumes qu’ils ne cherchent même pas à changer. Certains habitants sont comme morts, en ce sens qu’ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs conditions, de leurs préoccupations et qu’ils restent ainsi victimes du phénomène. À partir de là, il est évident qu’ils sont lâches ou méchants. Par exemple, s’ils ont commencé à être lâches, rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches. C’est pour cela qu’ils sont morts, c’est une forme de « mort vivante » car ils sont entourés par un mur invisible qu’ils ne peuvent annihiler. A contrario, cela met en avant l’importance dans nos vies de la liberté pour pouvoir dépasser sa condition. Changer des actes par d’autres d’actes.

Descartes : « Se vaincre, plutôt soi-même que les autres ».

Bernard Quiriny nous livre ici un roman fantastique avec une magnifique narration. On est vite happé par la qualité du récit. Toute la beauté du roman réside dans la simplicité du décor. L’écriture est très belle, d’une douceur qui sert bien l’histoire et rajoute de la véracité aux évènements. La psychologie des personnages a été finement fouillée. Les relations humaines y sont décrites avec une grande justesse.
Je n’ai pu m’empêcher pendant la lecture de penser à « Ravages » de Barjavel. En effet, les hommes doivent affronter leur destin et se prendre en main. Je vous conseille vraiment de le lire, vous passerez un excellent moment que vous soyez fan de littérature fantastique ou pas.
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