Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 [Cycle] John Ford

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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: [Cycle] John Ford   Mer 10 Sep 2014 - 16:20

@Nulladies a écrit:
Merci les gars.
Je crois, Azb, que c'est dans La Charge Héroïque, plutôt.
Yes merci j'ai réussi à réactiver 1 neurone et relu ta critique même !
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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: [Cycle] John Ford   Mar 21 Oct 2014 - 10:09

@Nulladies a écrit:
@Azbinebrozer a écrit:

Pour les Cheyennes je me suis peut-être gouré ? Est-ce dans ce film qu'il y a entre les indiens et la cavalerie, un tiers douteux, des vendeurs d'armes et/ou d'alcool qui sèment la discorde entre les 2 parties ?
C'est dans quel film ça ?... pale

Merci les gars.
Je crois, Azb, que c'est dans La Charge Héroïque, plutôt.
J'ai vu hier « la charge héroïque » je ne me souvenais pas l'avoir déjà vu. Un bon Ford avec le côté idéaliste de la cavalerie, et le paternalo qui plaît si bien ici !  Wink

Oui il y a bien une scène avec des marchands d'armes qui attisent la guerre entre indiens et cavalerie. Merci donc Nulla. Mais j'en ai vu une dans un autre film de Ford, je ne sais toujours pas lequel... Pas dans les Cheyennes c'est sûr.
Ce recours est donc un élément récurrent chez Ford qui lui permet de glorifier en même temps la nation américaine, par la cavalerie, que la nation indienne, certes moins souvent et plus tardivement.

C'est toute la manière et le propos de Ford qui passe son temps à montrer des conflits dans lesquels les codes d'honneurs s'affrontent. « La charge héroïque » déroule quasi toutes ses bobines à montrer de petits conflits entre soldats eux-mêmes. Le film est une suite de petites situations où les codes d'honneur s'affrontent, avec par exemple le principe de « ne jamais s'excuser ». Finalement on s'accorde en adoptant des manières autant viriles que niaises, souvent sous le guidage de la figure paternelle qui assure la légitimité de l'honneur de chacun.

Dans cet esprit, le conflit entre les indiens et les blancs n'est donc pas traité de façon complètement « historique » par Ford. Ce qui l'intéresse c'est le conflit entre deux peuples d'honneur. Et souvent donc il recourt à un tiers tout à fait veule lui, qui vient exacerber le conflit. Le plus souvent ce sont des marchands d'armes sordides, voire quelques politiques très mineurs, à peine traités dans le film. Car ce n'est pas ce qui intéresse Ford ! Une partie de la violence vient donc de ceux qui cherchent à attiser les conflits. Ils sont donc de peu d'intérêt pour lui ! Voilà comment on devient un cinéaste "niais" !  Wink

Dans cet équilibre des honneurs, « La charge héroïque » ouvre une résolution dans laquelle la recherche de l'honneur et le refus de la violence sont magnifiés, car il n'y a pas de bons ou de méchants. Le capitaine s'introduit dans le camp indien pour une conciliation très courageuse (le vieux chef est extraordinaire !) mais sans succès. La résolution du conflit reposera sur la ruse de cette charge héroïque qui disperse les chevaux des indiens ! Aucun mort ! Voilà à quoi doivent servir les armes !

Même si tout cela est de l'histoire pour fauteuil de salle de cinéma, j'aime profondément cette « vision » de l'histoire. Le mal absolu n'existe pas, les conflits sont aveugles à eux-mêmes. Est-ce que l'amour suffit à les dépasser ? Ce serait affadir Ford et n'y lire que ce qu'on veut bien y lire. Le paternel n'est pas qu'une figure morale, mais aussi une figure de sagesse et de connaissance. Ford magnifie aussi la science du jeune Sergent, ses analyses des situations, et la ruse du vieux capitaine, celle de tous les petits biais qu'il adopte pour gérer de petits conflits, comme celle magistrale de la charge finale.
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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: [Cycle] John Ford   Mer 28 Jan 2015 - 15:17

@Nulladies a écrit:


A l’Ouest, tout est nouveau

Naissance d’une nation : tel semble être le programme de Ford dans ses westerns. Dans ce chapitre, le meurtre fondateur du frère permet au protagoniste de devenir sheriff d’une ville en proie au chaos des temps premiers : boisson, flingues et vol font loi. Fonda et son regard pur vont progressivement civiliser cette cité naissante, ambivalente à l’image de son grand représentant, Doc Holliday. Oscillant entre la violence de son statut de parrain local et un passé d’homme du monde (médecin, fiancé) qu’il noie dans la boisson, c’est un personnage fordien par excellence, blessé et mélancolique, fascinant et inquiétant.
Le trio amoureux, partition habituelle du cinéaste, se voit ici dédoublé : deux hommes pour la même femme, certes, mais une rivale qui s’y adjoint : au doublé masculin fondé sur une rivalité de plus en plus complice, répond celui d’une femme à double face, la jolie institutrice de la vielle Europe et la féline au sang chaud du cabaret aviné.
Dans ce curieux ménage à quatre, où les personnages secondaires ont toujours la même épaisseur, le ballet d’une vie peut prendre ses marques. Comme souvent chez Ford, l’intrigue première, qui prendra quelques fausses allures de policier (qui a tué le frère d’Earp ? Comment le retrouver ?) est par instants délaissée au profit d’une évocation distendue du quotidien : place à Shakespeare et ses monologues, à l’oisiveté d’un sheriff se balançant sur sa chaise, moments aussi uniques qu’authentiques.
La vie de la cité, Earp la gère avec fermeté : il s’agit souvent de coller un poing dans la figure de celui qui, trop alcoolisé, tente de la faire revenir à l’âge de pierre, ou de fouler le parquet d’une Eglise encore en construction pour la consacrer à l’échelle humaine.
Une fois la communauté établie, le règlement de compte à OK Corral pourra s’établir. La raréfaction de la parole laisse place à une situation de plus en plus tendue, chorégraphiée et toute entière au service de l’image.
Et si l’on clairseme les rangs des protagonistes avant l’élan vers les horizons sans cesse fuyants du far west, ce n’est pas sans la promesse d’un retour pour construire cette fameuse unité familiale, quête toujours vivace, mais sans cesse différée des protagonistes fordiens.
Je ne l'avais pas revu depuis gamin... Une merveille !
Pas de nunucherie. Western dont le scénario aborde comme tu le dis plusieurs thèmes, on reste un rien surpris par la cohérence du personnage joué par Fonda, Wyatt Earp, tantôt figure réputée pour sa virilité, homme d'honneur sensible, amoureux...
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MessageSujet: Re: [Cycle] John Ford   Jeu 29 Jan 2015 - 11:12

Ouaip celui-là est superbe, et c'est un un Ford-hater qui le dit ! Razz
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MessageSujet: Re: [Cycle] John Ford   

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