Les 3 Rocks : musique et mauvaise foi

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 En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....

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Esther
Yul le grincheux


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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 7:14

Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
RabbitIYH a écrit:
Nulladies a écrit:
Sinon, la solution de l’amnésie temporaire est pas mal ; ou de la révélation tardive, genre « en fait Spider Man a pas tué ton père, j’avais oublié de te le dire » ou « en fait j’ai pas tué ton oncle, tu vois, mon doigt a glissé, désolé pour le dérangement, et même si je voulais te défoncer la gueule il y a cinq minutes, pardon, quoi, je pleure un peu, rappelle-toi j’ai une fille malade merde ».

Laughing

C'est clair que c'est pas le volet le plus fameux.
J'avais pas lu cette chronique. Oui, ce n'est pas le volet le plus fameux. Mais j'ai vu le reboot fait par je ne sais plus qui.... Et ben à côté, celui-ci est un putain de CO!

J'ai même pas osé tenter le reboot et sa suite. Les bandes annonces m'ont vraiment fait pleurer de l'acide.
Autant je trouvais l'acteur de la première trilogie très bon, et puis, j'aime bien le style de Raimi, autant la suite était catastrophique. Ridicule, mal joué, mal filmé... L'ensemble est devenu à mes yeux grotesque (et interminable putain...)
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 7:16

Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
RabbitIYH a écrit:
Nulladies a écrit:
Sinon, la solution de l’amnésie temporaire est pas mal ; ou de la révélation tardive, genre « en fait Spider Man a pas tué ton père, j’avais oublié de te le dire » ou « en fait j’ai pas tué ton oncle, tu vois, mon doigt a glissé, désolé pour le dérangement, et même si je voulais te défoncer la gueule il y a cinq minutes, pardon, quoi, je pleure un peu, rappelle-toi j’ai une fille malade merde ».

Laughing

C'est clair que c'est pas le volet le plus fameux.
J'avais pas lu cette chronique. Oui, ce n'est pas le volet le plus fameux. Mais j'ai vu le reboot fait par je ne sais plus qui.... Et ben à côté, celui-ci est un putain de CO!

J'ai même pas osé tenter le reboot et sa suite. Les bandes annonces m'ont vraiment fait pleurer de l'acide.
Autant je trouvais l'acteur de la première trilogie très bon, et puis, j'aime bien le style de Raimi, autant la suite était catastrophique. Ridicule, mal joué, mal filmé... L'ensemble est devenu à mes yeux grotesque (et interminable putain...)

Ah oui, c'est ça aussi qui m'a toujours empêché de le voir, notamment en lui donnant sa chance avec les enfants : 2h20, putain, sans moi.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 7:24

2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 7:29

Esther a écrit:
2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.

Pareil. Et c'est vrai que la longueur, c'est devenu un vrai problème. Je me suis refait les épisodes de Pirates des Caraïbes avec les mouflets, j'ai cru crever à cause de ça.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 9:30

Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.

Pareil. Et c'est vrai que la longueur, c'est devenu un vrai problème. Je me suis refait les épisodes de Pirates des Caraïbes avec les mouflets, j'ai cru crever à cause de ça.
Moi, j'ai regardé la trilogie de Jason Bourne que j'aime bien. Ensuite, j'ai regardé le quatre, mais sans l'équipe d'origine, et notamment sans Matt Damon; Bon, non seulement le film est à chier et l'acteur principal a le charisme d'une moule morte perdue au fond de l'atlantique, mais en plus, le film est interminable... Pareil, deux heures 20... cette manie de tirer les trucs en longueur...
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 9:36

Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.

Pareil. Et c'est vrai que la longueur, c'est devenu un vrai problème. Je me suis refait les épisodes de Pirates des Caraïbes avec les mouflets, j'ai cru crever à cause de ça.
Moi, j'ai regardé la trilogie de Jason Bourne que j'aime bien. Ensuite, j'ai regardé le quatre, mais sans l'équipe d'origine, et notamment sans Matt Damon; Bon, non seulement le film est à chier et l'acteur principal a le charisme d'une moule morte perdue au fond de l'atlantique, mais en plus, le film est interminable... Pareil, deux heures 20... cette manie de tirer les trucs en longueur...

Totalement d'accord, Bourne, c'est bien... avec Bourne. Smile
Damon rempile d'ailleurs pour un nouvel opus, curieux de voir ce que ça va donner.
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Azbinebrozer
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 5 Sep 2015 - 11:49



La guerre moderne des USA contre les cellules terroristes au Moyen Orient. Encore plus rebattue, la tension entre la vie du militaire (déclinable en flic...) et la vie familiale...  Sleep
Le film n'est pas bon mais le sujet est nouveau puisqu'il s'agit des attaques par drone piloté par des militaires aux US.
Le mieux c'est de sauter toutes les scènes qui ne concernent pas les attaques...  Rolling Eyes Le film décline alors progressivement toutes sortes de situations de guerres originales, qui interpellent sur la "déontologie" militaire, le ressenti du militaire...
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 6 Sep 2015 - 4:01

Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
Ouais... J'ai toujours trouvé ce film très surévalué. Quant à la musique, je le dis tout net, elle est tellement référencée de partout qu'elle en est presque inaudible. Air, à l'époque très en vogue surfait sur la vague French Touch, mais ils étaient loin d'être inventifs. On y retrouve du krautrock, du pink Floyd et quelques touches d'avant gardiste électronique... Mais rien de bien neuf sous le soleil, jusqu'aux lignes de basse qui (si ma mémoire est bonne, ça fait une paye que je n'ai pas écouté ce disque) était pompées sur l'oeuvre Gainsbourienne période Melody Nelson... J'adorais la BO à l'époque. Aujourd'hui, je n'arrive plus à l'écouter (comme tous les disques de Air d'ailleurs).

En effet, c'est pas déchirant d'originalité. C'est juste très joliment en adéquation avec la mélancolie adolescente dont traite le film. Air, c'est clairement une époque, je les réécoute avec une certaine nostalgie, mais si je découvrais aujourd'hui, ça me laisserait plutôt indifférent, je pense.
Moi, j'ai écouté le premier EP, pour le coup très réussi et puis les deux premiers albums, après, c'est foutu....

Non mais vous délirez, le meilleur Air c'est justement le 3e et de loin, 10 000 Hz Legend, tres floydien par moments mais aussi complétement en avance sur son temps à d'autres et d'une richesse incommensurable, et si Pink Floyd avait un seul album aussi dense, inventif et tordu à son actif passé le premier avec Syd Barrett ça se saurait. Razz

Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.

Pareil. Et c'est vrai que la longueur, c'est devenu un vrai problème. Je me suis refait les épisodes de Pirates des Caraïbes avec les mouflets, j'ai cru crever à cause de ça.
Moi, j'ai regardé la trilogie de Jason Bourne que j'aime bien. Ensuite, j'ai regardé le quatre, mais sans l'équipe d'origine, et notamment sans Matt Damon; Bon, non seulement le film est à chier et l'acteur principal a le charisme d'une moule morte perdue au fond de l'atlantique, mais en plus, le film est interminable... Pareil, deux heures 20... cette manie de tirer les trucs en longueur...

Totalement d'accord, Bourne, c'est bien... avec Bourne. Smile
Damon rempile d'ailleurs pour un nouvel opus, curieux de voir ce que ça va donner.

Ben non, le 4e il est tout aussi bien que les autres, le scénar est même bien moins convenu au fond. Réalisé par le scénariste des trois précédents d'ailleurs, Tony Gilroy, également réalisateur du superbe Michael Clayton et du très chouette Duplicity.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 6 Sep 2015 - 7:26

RabbitIYH a écrit:
Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
Ouais... J'ai toujours trouvé ce film très surévalué. Quant à la musique, je le dis tout net, elle est tellement référencée de partout qu'elle en est presque inaudible. Air, à l'époque très en vogue surfait sur la vague French Touch, mais ils étaient loin d'être inventifs. On y retrouve du krautrock, du pink Floyd et quelques touches d'avant gardiste électronique... Mais rien de bien neuf sous le soleil, jusqu'aux lignes de basse qui (si ma mémoire est bonne, ça fait une paye que je n'ai pas écouté ce disque) était pompées sur l'oeuvre Gainsbourienne période Melody Nelson... J'adorais la BO à l'époque. Aujourd'hui, je n'arrive plus à l'écouter (comme tous les disques de Air d'ailleurs).

En effet, c'est pas déchirant d'originalité. C'est juste très joliment en adéquation avec la mélancolie adolescente dont traite le film. Air, c'est clairement une époque, je les réécoute avec une certaine nostalgie, mais si je découvrais aujourd'hui, ça me laisserait plutôt indifférent, je pense.
Moi, j'ai écouté le premier EP, pour le coup très réussi et puis les deux premiers albums, après, c'est foutu....

Non mais vous délirez, le meilleur Air c'est justement le 3e et de loin, 10 000 Hz Legend, tres floydien par moments mais aussi complétement en avance sur son temps à d'autres et d'une richesse incommensurable, et si Pink Floyd avait un seul album aussi dense, inventif et tordu à son actif passé le premier avec Syd Barrett ça se saurait. Razz

Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
Nulladies a écrit:
Esther a écrit:
2h20 pur un film de super héros, c'est forcément une demi-heure minimum en trop...De toutes façons tous les films de ce genre que j'ai vu récemment sont à mon avis foirés... Pas vu les 4 fantastiques, mais paraît que c'est une purge sans nom.

Pareil. Et c'est vrai que la longueur, c'est devenu un vrai problème. Je me suis refait les épisodes de Pirates des Caraïbes avec les mouflets, j'ai cru crever à cause de ça.
Moi, j'ai regardé la trilogie de Jason Bourne que j'aime bien. Ensuite, j'ai regardé le quatre, mais sans l'équipe d'origine, et notamment sans Matt Damon; Bon, non seulement le film est à chier et l'acteur principal a le charisme d'une moule morte perdue au fond de l'atlantique, mais en plus, le film est interminable... Pareil, deux heures 20... cette manie de tirer les trucs en longueur...

Totalement d'accord, Bourne, c'est bien... avec Bourne. Smile
Damon rempile d'ailleurs pour un nouvel opus, curieux de voir ce que ça va donner.

Ben non, le 4e il est tout aussi bien que les autres, le scénar est même bien moins convenu au fond. Réalisé par le scénariste des trois précédents d'ailleurs, Tony Gilroy, également réalisateur du superbe Michael Clayton et du très chouette Duplicity.

ça doit être pour ça : comme il est passé à la réal, il a pas eu le temps d'écrire un script digne de ce nom... Rolling Eyes
Sérieusement, ce film n'a aucun intérêt, il restitue une traque, point.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 6 Sep 2015 - 7:26



La dérive des confidents

La ville.
Ce sont ces façades lumineuses qui préfigurent Blade Runner, vitres à perte de vue derrière lesquelles se trouvent encore des êtres humains, contemplateurs d’une étendue verticale qui vient écharper nos errances mélancoliques.
C’est la mégalopole et le lieu du transit. L’entre-deux. L’hôtel international, dans lequel on recrée une illusion de chez soi alors qu’on a changé de continent. Jetlag, gouffre culturel, chambres et corridors aseptisés où ronronne la climatisation. On vous prémunit du dépaysement. Chanteuse de charme, échantillons de moquettes arrivant par FeDex, fax pour vous rappeler qu’une famille est restée au pays, tout est pensé pour assurer la continuité.
Et pourtant.
Tout est incongru, rien n’est véritable. Les portes de l’ascenseur se ferment et vous renvoient votre insupportable reflet, auquel vous tentez de sourire ; tout est faux : cette mascarade hystérique, où les guitares, les tambours, le chant et même les cœurs dessinés avec les mains deviennent virtuels. La machine sur laquelle vous courrez, le plaisir que vous feignez de ressentir à boire ce whisky qui justifie votre présence honteuse, cette star trop radieuse pour être heureuse, les séances de massage, ce mari trop branché pour être honnête.
Dans ce no man’s land, vous laissez la tristesse s’emparer de vos pas. Vous laissez l’insomnie s’instaurer et avec elle se dilater la douce complaisance du mal de vivre. Finalement, ce décor est aussi faux que ce que vous avez laissé derrière vous et qui, pensiez-vous, allait vous manquer.
Les nuits laissent la part belle aux constellations vitrées du dehors, aux saillies des entrelacs de béton, à une vie interlope.
On zappe.
On se protège d’un casque pour écouter autre chose que sa mélodie monotone.
On met la tête sous l’eau pour éviter la musique qui agite les sportifs en déshérence.

Et, dans cette foule connectée, on ne fait plus le point. On laisse dériver jusqu’à ce cotonneux lâcher-prise dans lequel s’entrechoquent doucement les glaçons.
Jusqu’à ce que sourde l’écho tendre d’une autre solitude.
Elle ne sera, dans une décennie, plus qu’une voix et une compagne trop parfaite pour être pérenne.
Aujourd’hui, elle est humaine. Fêlée, elle résonne du même timbre mat.
A l’unisson.
Dès lors, la ville est vôtre ; les avenues anonymes, les restaurants, les bars et la foule. Puisqu’on ne dort pas, puisqu’on ne parle pas la langue, puisqu’on est perdus, puisqu’on est coincés, faisons-le ensemble. Le temps n’est plus : il n’a pas suspendu son vol, il poursuit sa course folle et opaque alentour, et s’épanouit pour vous en une oisiveté dans laquelle le silence n’est plus embarrassant.
La parenthèse n’est pas enchantée. Elle est chantée avec lucidité.
Est-ce de l’amour ?
C’est la ville.
C’est la musique.
C’est un parcours.

Quand l’ascenseur se referme sur elle, les parois en miroir reflètent l’extérieur : chacun ne regardait plus que vers l’autre, parce qu’il s’y voyait avec une bienveillance nouvelle.

La ville, la musique, le parcours : deux directions opposées sur Just Like Honey, de Jesus & Mary Chain. Au milieu de la foule, le hug le plus vibrant qui soit, un sourire qui n’est même pas désenchanté.

C’était beau. C’était le Beau.
La ville continue d’égrener, au petit matin ou au crépuscule, difficile à dire, ses façades grises et bleutées.
C’était bien.
On arrête là l’histoire, parce que l’après sera triste. A nouveau.
Souvenons-nous : l’unisson.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Dim 6 Sep 2015 - 8:56

Nulladies a écrit:

ça doit être pour ça : comme il est passé à la réal, il a pas eu le temps d'écrire un script digne de ce nom... Rolling Eyes
Sérieusement, ce film n'a aucun intérêt, il restitue une traque, point.

L'important c'est pas la traque, c'est l’atmosphère paranoïaque, beaucoup moins orientée action que dans les volets précédents. Sans doute pour ça qu'Esther s'est fait chier. Very Happy Et puis un scenar ça n'est pas que des rebondissements - souvent pas très crédibles dans les volets précédents qui ne sont que de bons films pop corn rien de plus - c'est aussi et surtout la façon de faire grimper la tension avec pas grand chose, d'agencer des climax et c'est beaucoup mieux fait dans cet épisode que dans le premier par exemple.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 7 Sep 2015 - 6:30



« This is ridiculous. » « This, Madame, is Versailles »

Tout semblait réuni pour que Sofia Coppola se prenne les pieds dans le tapis : la lourdeur de la reconstitution, le regard hollywoodien sur l’histoire de France, l’ambition peut-être démesurée après le tact de ses univers intimes qu’étaient Virgin Suicides et Lost in Translation. On s’attendait à tout, notamment au regard rock’n roll, à l’anachronisme offert par cette bande-annonce qui superposait de la new wave sur des parties de chasse du XVIIè siècle, à la place subreptice accordée à une paire de converse au milieu des toilettes de la reine : petits tics factices, pose tendance agaçante masquant le vide de regard sur le sujet ?
On s’attendait à tout, et a priori, on n’a rien. C’est bien là ce qui fascine.
Marie-Antoinette offre un exercice d’équilibriste d’autant plus virtuose qu’il cherche à masquer ses efforts pour ne pas basculer dans les deux gouffres qui le ceignent : la reconstitution momifiée ou le film pop du moment. En optant pour le point de vue de la jeune adolescente débarquée d’Autriche, Sofia Coppola impose un regard frais, fasciné certes, mais non sans recul sur ce monde clos et codifié qu’est Versailles. Tout se joue dans l’opposition entre la candeur timide de la protagoniste et le nœud de vipère dans lequel elle doit trouver sa place. De ce point de vue, le roi, admirablement interprété par Jason Schwartzman, est l’allié idéal : hébété, terrorisé par la place qui lui revient, il ploie sous la charge avec la distinction que le code impose.
Apparemment, Marie-Antoinette ne raconte rien d’autre que cette oisiveté, et le film semble souvent se perdre dans un clip qui aligne les sommaires où la débauche de raffinement vestimentaire, gastronomique et mondain confère à l’écœurement. Ce qui intéresse la réalisatrice, c’est moins ce dernier que la métamorphose de sa protagoniste au contact de ce monde si singulier. Kirsten Dunst, de ce point de vue, est tout à fait convaincante dans sa métamorphose progressive ; de l’adolescence à l’insouciance d’une vie de fête permanente, de l’initiation d’un mari frigide à la captation du code à son profit, la trajectoire est saisissante, et renvoie aux questions universelles de l’individu face à des enjeux qui le dépassent, puis le dévorent : le succès, la richesse, les excès d’une vie à l’écart du réel. Même si elles sont un peu longues et répétitives, ces scènes de bals, de festins et de nuits blanches sont habitées d’une vraie tonalité, mélange de fougue, d’esprit rock et d’une mélancolie sur cette inconscience de ces nantis en vase clos. Ce basculement opère avec le même tact que ce que le protocole exigeait au départ, et c’est bien là qu’on reconnait la patte Sofia Coppola : cette délicatesse dans la démonstration, ce sentiment de l’évidence d’un temps qui passe et des conséquences inéluctables qu’imposent les circonstances. Dans ce parcours apparemment sans véritable accroc, sans saillie, on traite avec la même pudeur la mort d’un nouveau-né et les illusions sentimentales de l’adultère, on regarde avec une satire tendre les amours de la reine pour la nature en vase clos qu’elle recrée dans son petit Trianon, où les fermières véritable lustrent les œufs avant qu’elle ne vienne les ramasser.
L’Histoire n’est qu’un arrière-plan qui vient rappeler des enjeux qui ont toujours dépassé les individus. Les banquets se succèdent et la clameur du peuple, en off, s’invite. Une fois encore, Sofia Coppola refuse le climax que suppose pourtant la biographie de son héroïne : c’est sur l’adieu à un monde fastueux que se conclut le récit, et les visages dignes de deux jeunes figures devenues des personnages. La réalisatrice n’avait pas d’autre ambition, et de ce point de vue, a tenu ses engagements, elle-même en retrait volontaire face au projet pharaonique auquel elle s’attelait, pour y insuffler ce supplément d’âme qui la caractérise, cette « chanson grise » chère à Verlaine.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 7 Sep 2015 - 7:13

Bwaf, film très moyen et très plat au thèmes éculés traites de façon pseudo modernes, que tu sembles préférer au superbe Virgin Suicides dont la vision d'une adolescence romantique tragiquement en décalage avec le cocon familial et l'environnement social est pourtant bien plus singulière, moi pas comprendre. scratch
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 7 Sep 2015 - 7:15

RabbitIYH a écrit:
Bwaf, film très moyen et très plat au thèmes éculés traites de façon pseudo modernes, que tu sembles préférer au superbe Virgin Suicides dont la vision d'une adolescence romantique tragiquement en décalage avec le cocon familial et l'environnement social est pourtant bien plus singulière, moi pas comprendre. scratch

Non, je préfère quand même Virgin, évidement. Mais en le revoyant, j'ai constaté plus de maladresses qu'à l'origine. Celui-ci, je l'ai découvert et je m'attendais à beaucoup moins bien.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Lun 7 Sep 2015 - 10:46

OK, oui Virgin Suicides n'est pas encore aussi abouti que Lost in Translation c'est certain. Mais je trouve Marie-Antoinette beaucoup plus maladroit quand même. Je préfère même Somewhere je crois.


Dernière édition par RabbitIYH le Mar 8 Sep 2015 - 8:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 8 Sep 2015 - 6:28

RabbitIYH a écrit:
OK, oui Virgin Suicides n'est pas encore aussi abouti que Lost in Trabnslation c'est certain. Mais je trouve Marie-Antoinette beaucoup plus maladroit quand même. Je préfère même Somewhere je crois.

Somewhere, je n'en ai pratiquement aucun souvenir... C'est dire. Et The Bling Ring, franchement insipide.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 8 Sep 2015 - 6:28



Ma rencontre avec Weerasethakul aura eu le mérite de la surprise, de l’étonnement. Difficile de se forger une opinion solide sur cet étrange objet, tant il déroute, que ce soit dans son propos ou sa construction.
Clairement scindé en deux parties, Tropical Malady commence comme une romance dans une atmosphère que ne renieraient pas les auteurs de la nouvelle vague et les suiveurs asiatiques comme Hong Sang-Soo : presque documentaire, errant au fil d’échanges dénués de véritables climax, suivant un parcours banal, on cherche avant tout la vérité des êtres et de leur interaction. Ce n’est pas particulièrement passionnant, ni véritablement touchant, même si ça sonne assez juste. L’exotisme d’un karaoké à la thaïlandaise suffira peut-être à certains.
C’est sans compter sur la rupture totale avec la seconde moitié du film. Autre versant de la première, ou sa continuité, il met en image la citation en exergue du film : « Nous sommes tous par nature des bêtes sauvages ». Longue chasse silencieuse où fusionnent les êtres (les singes parlent, les hommes se transforment en bêtes), le parcours dans la jungle occasionne les séquences les plus fascinantes. Bruitages, épaisseur de l’introduction dans le végétal, l’image joue constamment sur les proportions au point de faire du personnage une infime silhouette à la fois perdue dans la nature et en osmose avec elle.
Si le message est loin d’être clair, l’intention esthétique peut donner des indices : à nous de lâcher prise pour ce parcours initiatique au cours duquel on laissera les synesthésies prendre le relai de la raison. C’est beau, c’est déroutant, les apparitions du tigre sont splendides. La maitrise est indéniable et le potentiel hypnotique réel. Reste à savoir qu’en faire et qu’en dire. Question inutile, diront certains. Peut-être. Mais le fait que je me la sois posée est en soi un indice sur mon adhésion à cet univers étrange, certes séduisant par son audace, mais qui reste bien aussi opaque et inextricable que la forêt vierge qu’il investit.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 8 Sep 2015 - 6:41

RabbitIYH a écrit:
Nulladies a écrit:

ça doit être pour ça : comme il est passé à la réal, il a pas eu le temps d'écrire un script digne de ce nom... Rolling Eyes
Sérieusement, ce film n'a aucun intérêt, il restitue une traque, point.

L'important c'est pas la traque, c'est l’atmosphère paranoïaque, beaucoup moins orientée action que dans les volets précédents. Sans doute pour ça qu'Esther s'est fait chier. Very Happy Et puis un scenar ça n'est pas que des rebondissements - souvent pas très crédibles dans les volets précédents qui ne sont que de bons films pop corn rien de plus - c'est aussi et surtout la façon de faire grimper la tension avec pas grand chose, d'agencer des climax et c'est beaucoup mieux fait dans cet épisode que dans le premier par exemple.

Je n'aime pas les films d'action en règle général. A quelques exceptions près. Je trouve juste le quatrième beaucoup moins bien réalisé. Esthétiquement, c'est moins classe que les trois premiers. Quant au scénar, je l'ai trouvé paresseux. Ceci dit, si j'aime bien la trilogie Bourne, je ne dis pas que c'est une merveille d'originalité. C'est juste hyper bien foutu, et Matt Damon y est excellent. Ca n'en fait pas pour autant un CO.
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Esther
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mar 8 Sep 2015 - 6:42

Nulladies a écrit:
RabbitIYH a écrit:
OK, oui Virgin Suicides n'est pas encore aussi abouti que Lost in Trabnslation c'est certain. Mais je trouve Marie-Antoinette beaucoup plus maladroit quand même. Je préfère même Somewhere je crois.

Somewhere, je n'en ai pratiquement aucun souvenir... C'est dire. Et The Bling Ring, franchement insipide.

Je ne les ai pas tous vu, mais des films Copolla fille, le seul que j'ai vraiment aimé, c'est Lost in Translation.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Mer 9 Sep 2015 - 6:30



Triangle des béatitudes.

Jérôme Bonnell semble avoir un soucis avec la stabilité du couple : après avoir exploré les fulgurance d’un adultère éphémère dans le très beau Temps de l’aventure, son dernier film propose une nouvelle variation sur l’infidélité, cette fois chez des trentenaires qui doivent décider, une fois pour toute, si l’on va renoncer à la passion en devenant « adultes ».
A trois on y va, comme son titre assez pénible le suggère, est avant tout une comédie là où le Temps de l’aventure s’assumait comme un véritable mélo. Puisqu’on et jeunes et insouciants, jouons : le marivaudage occasionne les situations les plus cocasses sans grand soucis de crédibilité, enchainant les quiproquos, les croisements et les jeux dangereux par l’intrusion de la tierce personne qui fricote avec les deux membres d’un même couple doublement infidèle, donc.
La comédie pourrait être galvaudée, mais elle fonctionne la plupart du temps : par le jeu spontané et frais des comédiens, Anaïs Demoustier en tête, aussi convaincante dans ses élans du cœur et du corps que lorsqu’elle assume, du haut de ses 26 ans, son métier d’avocate. Cette diversité dans sa partition colore son personnage d’une étonnante densité, toujours sur le fil entre la nonchalance et l’authenticité, la fragilité et l’assurance. « Tu es diabolique, toi », lui dit Micha en la voyant les tirer d’affaire. « J’ai aucune envie d’être diabolique, répond-elle. C’est la vie qui est diabolique ». C’est bien là la problématique commune avec Le Temps de l’aventure : confronter les émois incontrôlés à ce que la raison a patiemment établi jusque-là. Les trajets s’entrecroisent, les SMS fusent, l’euphorie monte et le trio se sent aussi vivant dans la transgression qu’honnête dans son rapport à l’autre, quel qu’il soit. Avec un sens rare de l’équilibre, Bonnell émaille sa comédie boulevardière d’échanges intenses où les protagonistes tentent, en toute bonne foi, de vivre en adéquation avec leurs sentiments a priori contradictoires. Et ça fonctionne. Puisqu’on croit en leurs failles, l’acmé d’un triangle amoureux assumé semble crédible, et le dénouement, surprenant a priori, s’inscrit dans une logique annoncée dès le départ au vu de l’engagement de chaque personnage.
Touchant, amusant, authentique, A trois on y va relève un défi de plus en plus titanesque : revivifier une formule éculée par l’honnêteté du regard qu’on y propose. Avoir pensé à intégrer une chanson du sublime Richard Hawley sur un trajet en voiture y contribue fortement.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Jeu 10 Sep 2015 - 6:43



Elle court, elle court, la parodie d’amour…

Tout semblait annoncer une catastrophe. Dans une atmosphère qu’on jurerait volée à Epic et qui ne semble rien lui apporter de nouveau, Strange Magic instaure une exposition particulièrement irritante. Amourettes, tonalité qu’on devine vaguement ironique mais qui nous sert tout de même sa soupe traditionnelle, le pompon semble atteint par le recours aux chansons du répertoire et clips à rallonge. Certes, un joli split-screen atteste d’une réalisation assez maitrisée et l’animation est loin d’être de mauvaise qualité, mais l’on se prépare à subir ces tartines éculées tout en faisant bonne figure face aux gamins qui ne maitrisent pas encore totalement les concepts de cliché et de mièvrerie.
Et puis… Etrange magie, en effet, que celle de ce récit qui semble jouer avec le spectateur comme avec ses personnages résistant à l’amour. Réécriture fantasque du Songe d’une nuit d’été, le film joue sur tous les tableaux, de l’aventure, de la comédie souvent drôle (particulièrement du côté des méchants, notamment des sidekicks) et surtout du screwball. De plus en plus acerbe avec le sucre qui rend dingues les personnages amoureux, il parvient à ce tour de force d’amuser par la parodie (notamment par l’antienne des Four Tops, en running gag très efficace) et d’émouvoir par la découverte d’un sentiment contre lequel on ne peut rien. C’est bien en assumant cette force irrépressible et en l’exploitant au profit de la jubilation que le film prend son envol, jusqu’à un final psychédélique, kaléidoscope de couleurs et de rythme qui rappelle les grandes heures de la comédie musicale de l’âge d’or.
Une belle surprise, en somme.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 11 Sep 2015 - 6:38



…and justice for all.

Premier film américain de Fritz Lang, Fury n’en est pas pour autant un coup d’essai : c’est très clairement un chef d’œuvre.
Au sein d’une Amérique présentée en ses débuts comme LA terre des opportunités, la destinée de Joe, travailleur acharné séparé de celle qu’il aime avant de pouvoir la rejoindre et fonder le home sweet home tant attendu se voit chamboulée par un malentendu judiciaire principalement fondé autour de… peanuts. Tout est dit, et de ce pitch presque kafkaïen découlera une vision glaciale de la société, de son rapport à la justice, de l’hystérie collective et d’un thème structurant chez le réalisateur, la vengeance.
Avec quelques réminiscences de sa période expressionniste, Lang filme les visages et la propagation de la rumeur, la jouissance perverse des foules en mal de haine et de divertissement, pour qui un lynchage représente l’occasion unique d’exorciser ses pulsions.
Fury est un film d’une densité rare, où le début lorgne du côté de Capra tandis que le basculement nous dirige vers une atmosphère de western, entre Rio Bravo et Assaut, la population se déchainant sur le présumé coupable. Avec un sens incisif, Lang multiplie les angles de vue sur ce point central : celui du prévenu, de la police qui le protège, des instances politiques qui font plus de cas de l’électorat que de la vérité, de la foule qui dirige sur lui sa haine et de sa dulcinée qui le rejoint. Cette convergence des regards, cette apogée de violence et de furie sera le point culminant sur lequel devra revenir avec calme la deuxième moitié du récit, son versant judiciaire. Procès des instigateurs du lynchage, il oppose avec une efficacité rare passion et raison, mensonges et enquête, démonstration de force de l’avocat qui organise le mensonge de tous ceux qu’il interroge pour révéler l’étendue du mal.
S’il semblait fustiger dans un premier temps le rôle de la presse qui filme en direct le lynchage, Lang opère un renversement riche de sens : c’est par les images filmées que la vérité éclatera, que les prévenus verront sur grand écran l’éclat de leur haine incontrôlée. Mais là encore, la victoire est précaire, parce qu’elle s’organise autour d’une passion nouvelle, celle de la vengeance aveugle de la victime qui se prétend morte pour faire payer à ceux qui ont brisé sa vie.
Voilà la grandeur du film : cette capacité à perdre le fil, à dénoncer les travers d’un camp pour mieux les retrouver chez l’adversaire, à faire de la victime un bourreau potentiel, à donner au spectateur les gages d’une vérité pour mieux instiller par la suite le malaise de se voir soi-même épris de haine et dénué de cette raison impartiale dont la justice doit faire preuve. Joe devient spectateur lui-même, d’abord rivé aux actualités filmée qui passent en boucle sa mort, puis à la radio qui transmets le procès de ses « meurtriers », reclus dans une chambre où son unique compagne est la haine.
Les grands films judiciaires, à l’instar de 12 hommes en colère, établissent cette rupture fondamentale entre les pulsions humaines et l’élévation nécessaire pour atteindre la justice. C’est là la brillante démonstration de Furie, un immense récit sur la bêtise humaine, écho évident de ce que quitte Lang en changeant de continent, (l’incendie du commissariat renvoyant notamment aux autodafés) et la grandeur qu’elle suppose pour qu’on puisse la juger sans être contaminé par elle.
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 11 Sep 2015 - 6:59

CO absolu. cheers Presque aussi bon que le Fury de DePalma c'est dire. Razz
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Ven 11 Sep 2015 - 7:00

RabbitIYH a écrit:
CO absolu. cheers  Presque aussi bon que le Fury de DePalma c'est dire. Razz

Je vais faire comme si je n'avais pas lu ta deuxième phrase.... Laughing
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Nulladies
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Sep 2015 - 12:14



Les sentiers de la sédition.

Qu’est-ce qu’un blockbuster en 1938 ?
C’est cela : un technicolor flamboyant où les costumes rouges et verts claquent à l’écran, où les couchers de soleils sont des tableaux et les biens précieux des riches nantis on l’éclat du péché véniel, ou le vin coule comme du sang et les chiens déchirent les chairs délicates tandis que les gueux crèvent la faim dans les forêts de Sherwood. Bois sous lesquels l’eau scintille, les troncs forment des ponts et les chevaux traversent les rivières en gerbes de lumière au crépuscule.
C’est cela : une gestion des foules à nulle autre pareille, entre banquets grandiloquents, obscènes d’opulence dans les châteaux ou insolents de révolte au grand air, tournois aux centaines de figurant, arbres chargés de rebelles et convois officiels transportant impôts et belle au cœur résistant.
C’est aussi le sens du détail, et l’exploitation du moindre accessoire au service de l’action pure : lames luisantes, tables retournées, chaises renversées, escaliers circulaires, créneaux et corridors, tours escarpées : le décor est un terrain d’aventure, un parcours à obstacles sur lequel va bondir notre héros.
C’est surtout un sens du rythme inégalable : la sédition est ici prise avec le sens profond du carnavalesque : non seulement un renversement des pouvoirs, mais aussi une fête. Lorsqu’on dispose d’un comédien ayant la prodigieuse énergie d’Errol Flynn, impossible de faire autrement : le héros bondissant et pétillant qui deviendra à juste titre un renard chez Disney 35 ans plus tard crève la toile. Quitte à mettre à terre l’ordre établi, autant le faire dans un grand éclat de rire, de l’enrôlement des nouvelles recrues à l’humiliation des ventripotents, de la séduction de Marianne à la provocation du tyran. Robin des bois, c’est l’incarnation de l’insolence, dans ses répliques comme dans sa geste, ouragan qui traverse les salles luxueuses des châteaux et emporte tout sur son passage, dans ses flèches aussi acerbes que son regard, qui signent et revendiquent sa désobéissance civile.
Jovialité, hardiesse, souplesse, malice : Robin des bois est le personnage parfait pour ce film parfait, qui ajoute au savoir-faire et à la beauté visuelle ce petit supplément d’âme qui a toujours, mais rarement, hissé les grandes figures vers l’héroïsme atemporel : le panache.
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: En visionnage : DVD / Divx / vhs / Super 8....   Sam 12 Sep 2015 - 14:36

Je l'ai vu pas mal de fois celui-là, mon frère adorait. Mais ça a jamais pris chez moi. Un bon divertissement d’époque sans plus, Michael Curtiz n'est pas Raoul Walsh.
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