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 [Cycle] Animation japonaise

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Nulladies
Cinéman


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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 8:27



L’errance des rêves.

Les deux séquences initiales de Paprika ont des vertus hypnotiques ; L’immersion onirique de la première a pour point d’origine un cirque : lieu baroque et inquiétant dans son ostentation, il nous rappelle les ambiguïtés du spectacle dans Lola Montès. Explorant tous les genres et sous genres possibles de l’aventure, du train d’Hitchcock à Tarzan, le parcours échevelé qui lui succède annonce un récit pour le moins mouvementé.
Mais avant que de retourner dans le délire du sommeil paradoxal, le générique du début achève de nous charmer : c’est le parcours de Paprika dans la ville. Sautillant comme le faisait sa grande sœur de Perfect Blue, elle habite la ville avec une aisance et une poésie fascinante. Passant d’une façade à un panneau publicitaire, revisitant les visages asiatiques qui placardent la cité de Blade Runner, la jeune fille mêle illusion et réalité dans une danse légère superbement animée.
La suite du récit n’est pas dénuée d’intérêt. La mise en abyme évidente entre le rêve et la création du cinéaste jalonnent un bon nombre de motifs du récit : la capacité à enregistrer les rêves, les références au cinéma, et surtout la quête de l’auteur, le responsable terroriste de cet univers mégalomaniaque.
Les jeux d’interpénétrations sur tous les supports iconiques (affiches, écrans, vitres, tapis, etc…) permettent une perméabilité des décors assez fascinante, de la même façon que les parcours dans les corridors et les ouvertures des portes sur des univers parallèles rappellent la délicieuse inquiétude des explorations spatiales d’Inland Empire de Lynch.
Les rêves en eux-mêmes sont l’occasion d’une débauche assez séduisante dans ses premières occurrences : bigarrés, fluides, déconcertants.
Mais voilà : plus le temps passe, plus on se prend à se demander où tout cela nous mène. Si tout est possible, si tout est onirique, à quoi bon ? Quand s’arrêter ?

Et de réfléchir sur les vertus de la bande annonce d’un tel film (qu’en l’occurrence je n’ai pas vue) : certaines fulgurances, superbes, composeraient une splendide séquence, pleine de promesses d’un monde jusqu’à alors inexploré.
Le long métrage épuise ce mystère et annihile les vertus poétiques de son univers, passé au rouleau compresseur de la surenchère et du grand guignol final.
Saupoudrée sur le réel urbain, Paprika a la saveur étonnante d’un vernis nouveau qui le magnifie. Mais tout est question de dosage : l’excès d’épices brule la bouche… ou pique les yeux.
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lalou
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 9:05

Nulladies a écrit:


Requiem pour un simulacre

Le film s’ouvre sur la mort lente d’un enfant dans un sous-terrain que traversent des adultes indifférents, instaurant la dynamique tragique de tout le récit à venir, sous forme de retour en arrière : l’échec est à la fin du voyage, et la solitude l’aura marqué jusqu’au bout.
Oscillant entre le regard brut, réaliste et quasi documentaire sur la guerre, et celui des enfants qui l’habitent, Takahata ménage un écart d’une violence profonde. Le cadre est celui d’un univers urbain sur lequel descendent les flammes des bombes incendiaires. La réponse des enfants, les flammes qui monteront vers le ciel des corps incinérés ; et, en parenthèse à cette perte de la mère, puis de la sœur, les tentatives d’une survie, par le prélèvement de petits fragments du réel : deux boites. L’une inamovible, de mémoire et de cendre, celle de la mère. L’autre vouée à l’usure, de l’enfance et de l’innocence : celle de bonbons.
Le tombeau des lucioles restitue le parcours d’une tentative d’évasion, d’une époque et du réel. Les enfants se construisent contre lui, à cause de lui, à l’abri de lui. Victimes et oubliés de l’Histoire, Seita et Setsuko n’ont a priori aucun rôle à y jouer : ils devraient, dans le bombardement originel, mourir sous les décombres. Leur survie en devient gênante, voire indécente aux yeux des adultes qui reprochent à Seita son manque de contribution à la reconstruction du pays.
Dès lors, c’est à l’écart de l’actualité que se mettra en place une tentative d’utopie, un simulacre de reconstruction : celle de l’autonomie des enfants dans le refuge. La luciole, élément poétique et éphémère, symbolise avec un éclat magique leur destinée : l’enfance irradiera un temps la nuit du pays, avant de s’éteindre en silence.
Le spectateur a beau avoir été averti du dénouement, il est pris par la main de ces personnages qui vibrent de vie, il admire, par les yeux de Setsuko, Seita qui cabriole pour lui faire oublier son chagrin. C’est la force du film d’animation que de jouer sur cette attente du spectateur : film pour enfants, a priori, film sur les enfants, qui plus est : le contraste n’en sera que plus dévastateur.
Au creux des silences, de grandes espérances : c’est l’image du père, allégorie d’un Japon en guerre, parti combattre en mer, et dont Seita attend le retour, qui fait tenir le fragile équilibre. Mais le refuge est aussi celui contre l’actualité : à l’Histoire, en pleine déroute, Seita a substitué un mythe, une figure qui, lorsqu’elle se dilue dans un ciel noir, ouvrira les abîmes de l’abandon.
Le pays se reconstruira, les efforts de guerre seront valorisés : l’Histoire reconnait ses ouvriers ; mais de ce refuge sous le ciel, de cette lumière passagère des lucioles, seul le dessin de Takahata aura su faire une œuvre de mémoire.
Film pour les enfants... Je l'avais vu avec ma fille qui avaient une dizaine d'années et j'ai regretté; elle en avait pleuré toute la nuit.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 9:06

C'est bien pour ça que je dis "a priori"... Les miens vont attendre un long moment avant de le voir.
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lalou
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 9:14

Tu fais bien. Je ne suis pas un spécialiste des mangas, alors j'avais téléchargé toute une série de films pour ma fille, surtout des Miyazaki (le royaume des chats, le chateau dans le ciel, le voyage de Chihiro etc...) et au milieu de ça le Tombeau des Lucioles. Quelle claque, ce film!
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 9:20

lalou a écrit:
Tu fais bien. Je ne suis pas un spécialiste des mangas, alors j'avais téléchargé toute une série de films pour ma fille, surtout des Miyazaki (le royaume des chats, le chateau dans le ciel, le voyage de Chihiro etc...) et au milieu de ça le Tombeau des Lucioles. Quelle claque, ce film!

Les trois que tu cites, les filles avaient adoré. Le tombeau des lucioles je l'avais vu avant et on a évité direct Smile
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 9:57

Nulladies a écrit:

Mais voilà : plus le temps passe, plus on se prend à se demander où tout cela nous mène. Si tout est possible, si tout est onirique, à quoi bon ? Quand s’arrêter ?

Le long métrage épuise ce mystère et annihile les vertus poétiques de son univers, passé au rouleau compresseur de la surenchère et du grand guignol final.

Je m'insurge, c'est un peu (énormément ?) facile de prétendre que le film n'est qu'un immense délire onirique. Comme je le disais à propos de Perfect Blue, et c'est encore plus vrai pour ce film, le vrai sujet de Kon n'est pas l'onirisme (ce qui ne serait d'ailleurs pas un sujet) mais la perversion du réel par l'inconscient collectif (cf. les panneaux publicitaires auxquels tu fais référence), que symbolise ici l'infestation de la conscience par cette monstrueuse parade de références populaires, point d'orgue d'un final dont la surenchère et le grand-guignol incarnent justement la culture du virtuel et du paraître qui gangrène la société japonaise. Tout cela fait écho à l'amour que Chiba refuse d'admettre pour Tokita, collègue de travail moche et obèse. Le symbolisme des séquences finales donne toute sa profondeur au film, malheureusement je l'ai vu il y a trop longtemps pour entre dans les détails mais de mémoire le gouffre qui apparaît lorsque réalité et inconscient fusionnent (cf. la perte de repère des jeunes japonais menant parfois à une violence qu'ils s'imaginent virtuelle) et la nécessité de digérer le virtuel pour grandir (si je me souviens bien, Chiba renaît en petit fille qui avale le "rêve" pour devenir femme), ou au premier degré du scénario d'être vierge de toute mainmise du virtuel pour annihiler son emprise sur la réalité. La poésie du virtuel n'est plus qu'une illusion lorsque le coup de pouce d'un maniaque lui permet dicter sa loi à la réalité... donc regretter que le film annihile ses "vertus poétiques" c'est passer complètement à coté du sujet, l'hideuse incarnation d'une dangereuse négation de la réalité... et quelle meilleur médium qu'un animé pour en traiter !
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 10:02

RabbitIYH a écrit:
Nulladies a écrit:

Mais voilà : plus le temps passe, plus on se prend à se demander où tout cela nous mène. Si tout est possible, si tout est onirique, à quoi bon ? Quand s’arrêter ?

Le long métrage épuise ce mystère et annihile les vertus poétiques de son univers, passé au rouleau compresseur de la surenchère et du grand guignol final.

Je m'insurge, c'est un peu (énormément ?) facile de prétendre que le film n'est qu'un immense délire onirique. Comme je le disais à propos de Perfect Blue, et c'est encore plus vrai pour ce film, le vrai sujet de Kon n'est pas l'onirisme (ce qui ne serait d'ailleurs pas un sujet) mais la perversion du réel par l'inconscient collectif (cf. les panneaux publicitaires auxquels tu fais référence), que symbolise ici l'infestation de la conscience par cette monstrueuse parade de références populaires, point d'orgue d'un final dont la surenchère et le grand-guignol incarnent justement la culture du virtuel et du paraître qui gangrène la société japonaise. Tout cela fait écho à l'amour que Chiba refuse d'admettre pour Tokita, collègue de travail moche et obèse. Le symbolisme des séquences finales donne toute sa profondeur au film, malheureusement je l'ai vu il y a trop longtemps pour entre dans les détails mais de mémoire le gouffre qui apparaît lorsque réalité et inconscient fusionnent (cf. la perte de repère des jeunes japonais menant parfois à une violence qu'ils s'imaginent virtuelle) et la nécessité de digérer le virtuel pour grandir (si je me souviens bien, Chiba renaît en petit fille qui avale le "rêve" pour devenir femme), ou au premier degré du scénario d'être vierge de toute mainmise du virtuel pour annihiler son emprise sur la réalité. La poésie du virtuel n'est plus qu'une illusion lorsque le coup de pouce d'un maniaque lui permet dicter sa loi à la réalité... donc regretter que le film annihile ses "vertus poétiques" c'est passer complètement à coté du sujet, l'hideuse incarnation d'une dangereuse négation de la réalité... et quelle meilleur médium d'un animé pour en traiter !

Je savais que tu allais me taper.  Very Happy 
Les symboliques que tu évoques sont très justes, et vont chercher plus loin que je ne l'ai fait. Il n'en demeure pas moins qu'elles se noient dans un rythme tellement effréné et épuisant que la substance s'en dilue. Vraiment, je l'ai dit, la qualité graphique et narrative est indéniable, mais l'ambition démesurée a un effet boomerang assez dévastateur.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 10:15

Passer à côté du réel c'est aussi, souvent, vivre trop vite, ce que j'adore justement dans ce film c'est qu'il te met dans la position d'un otaku en déficit d'attention, on est obligé de s'accrocher comme un dingue pour tout capter, c'était déjà un peu les cas des scènes où le personnage perdait pied avec la réalité dans Perfect Blue. Et ce qui est particulièrement génial dans tout ça c'est la façon dont le sujet de Paprika dicte sa forme dans tous les aspects du scénario et des thématiques qu'il explore.

(mais je tape pas hein, je défends juste mon bout de gras Laughing)


Dernière édition par RabbitIYH le Sam 29 Mar 2014 - 10:21, édité 1 fois
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 10:18

RabbitIYH a écrit:
Passer à côté du réel c'est aussi, souvent, vivre trop vite, ce que j'adore justement dans ce film c'est qu'il te met dans la position d'un otaku en déficit d'attention, on est obligé de s'accrocher comme un dingue pour tout capter, c'était déjà un peu les cas des scènes où le personnage perdait pied avec la réalité dans Perfect Blue. Et ce qui est particulièrement génial dans tout ça c'est la façon dont la sujet de Paprika dicte sa forme dans tous les aspects du scénario et des thématiques qu'il explore.

(mais je tape pas hein, je défends juste mon bout de gras Laughing)

Moi j'aime bien quand on tape constructif comme ça. D'ailleurs, je sais pas si t'as vu dans le topic achat de la section ciné, je me suis ruiné en grande partie par ta faute... On est pas à bout de discussion.  Wink 
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 29 Mar 2014 - 10:20

Ah non j'ai zappé ! Tu m'en vois donc désolé et ravi en même temps.  Very Happy 
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Mar 1 Avr 2014 - 7:09



Hérauts des hurlements

Akira est un double voyage dans le temps : c’est bien entendu celui d’une société futuriste (2019, qui s’approche à grand pas…), mais surtout le retour à un passé : de l’animation, et du manga. J’ai lu et beaucoup apprécié il y a une quinzaine d’année la série en BD. Le passage à l’animation est tout autant une madeleine qu’une surprise : par les retrouvailles avec un univers singulier, par les écarts avec le matériau d’origine.
14 volumes en deux heures nécessitent bien entendu des choix radicaux. La surprise vient du dénouement, car les ¾ du film suivent assez fidèlement les premiers volumes. Mais le fait que le film soit sorti avant la fin de la saga explique les raccourcis de sa résolution.
Passée cette inévitable déception, (la force de la BD étant les multiples ramifications de ses sous-récits, ponctuées par des scènes d’action pure) force est de constater le plaisir jouissif de la mise en mouvement de l’essence même d’Akira : l’architecture et le chaos.
Les courses de moto alliées à la puissance orthogonale des décors ouvrent le film avec une grande aisance, et s’accompagnent d’un montage parallèle des récits certes moins ambitieux que dans l’original, mais d’une belle maitrise ; si l’on peut avoir quelques réserves sur le motif musical accompagnant la transformation de Testuo (on a le sentiment d’une musique instrumentale faite avec des voix, faute de budget, ce qui donne une coloration parodique involontaire…), le souffle épique qui gangrène progressivement le film par le jaillissement télékinésique du béton et de l’acier, l’explosion des corps ou la pulvérisation des bâtisses procurent une indéniable jubilation. On résiste aux tirs lasers des satellites, aux fracas nucléaires et on reconstruit, inlassablement, en dépit des ruines qui s’amoncellent.
La gradation du récit est constante, et les délires animés qui achèvent le conflit entre les protagonistes sont hors-norme. Tout déborde, les chairs et l’énergie, les cris et les révélations. Mais au sein même de ces continuels paroxysmes, c’est bien une mélancolie qui sourd : celle du little boy lâché sur la Japon, celle de l’enfance brisée et de l’incapacité de l’homme à maitriser sa force et son ingénierie.
Baroque, visionnaire, exténuant, drôle par ses excès, Akira est clairement un jalon dans l’histoire du manga, particulièrement dans sa postérité hors du Japon ; c’est l’entrée en (anti)matière vers un univers singulier et incontournable.

Fin du premier cycle Animation japonaise.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Mar 1 Avr 2014 - 22:05

Contrairement à toi, j'aime beaucoup la BO. À l'époque, je l'ai beaucoup écoutée, une œuvre complète qui peut vivre sans le film.

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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Mer 2 Avr 2014 - 5:36

La B.O est bien, c'est juste ce court motif, le TAAA DAAA qui accompagne Tetsuo dont je parle.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 5 Avr 2014 - 19:37

Merci à vous encore.
J'ai fait une 'tite compile de vos suggestions Films d'animation japonais... Fait un peu rapide... il y a peut-être des erreurs... Si vous voulez corriger si besoin, compléter un peu,...
On suit ça un peu avec Jr... Je vais me faire un cycle aussi ! Wink 

Pour votre cycle il y avait :
1. Jin-Roh, la brigade des loups, Okiura, 1999
2. Les enfants loups, Ame & Yuki, Hosoda, 2012
3. Le tombeau des lucioles, Takahata, 1988
4. Perfect Blue, Kon, 1997
5. Paprika, Kon, 2006
6. Akira, Otomo, 1988

Liste plus longue :
Mamoru Oshii
- Ghost in the Shell COSC comme dirait l'autre mais bon
- Innocence (la suite) CO aussi (encore plus, même),
- L'oeuf de l'ange idem,
- Patlabor 2 idem,
- Sky Crawlers idem, son film en prises de vue "réelles" (et qui parle justement, comme souvent, de degrés de réalité)
- Avalon idem, "c'est le plus grand cinéaste d'animation de l'histoire à mon avis, voire le plus grand cinéaste japonais depuis Kurosawa".

Katsuhiro Ōtomo :
- Steamboy

Keiichi Hara
- Un été avec Coo et le plus classique mais très beau
- Colorful.

Mamoru Osada :
- Summers Wars
- La traversée du temps

Takahata
- Le tombeau des lucioles, 1988
- Goshu le violoncelliste (j'ai rajouté celui-ci...)

Satoshi Kon :
- Perfect Blue, Kon, 1997
- Paprika, Kon, 2006

Miyazaki :
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Nulladies
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 5 Avr 2014 - 19:59

Yep, ça me parait une bonne synthèse.  Very Happy 
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RabbitIYH
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Sam 5 Avr 2014 - 23:54

De Takahata j'aurais surtout ajouté Souvenirs goutte à goutte et Pompoko (COs les deux), Mes voisins les Yamada pour la touche d'humour et Horus, prince du Soleil et le charmant Panda Petit Panda si le fiston est jeune. Wink

Et sinon pour Miyazaki mon ordre de préférence :

Nausicaä de la vallée du vent
Princesse Mononoké
Ponyo sur la falaise
Le vent se lève
Le voyage de Chihiro
Le château ambulant
Le château dans le ciel
Porco Rosso
Kiki la petite sorcière
Mon voisin Totoro


... mais tout est fabuleux.

Et puis le touchant Lettre à Momo du réalisateur de Jin-Roh, les fables existentielles de Makoto Shinkai et les deux autres Satoshi Kon nettement moins violents mais géniaux (par contre sa mini-série Paranoia Agent je conseille fortement mais pas pour les enfants, c'est bien flippant voire dérangeant, un peu comme Serial Experiment Lain dans un autre style).
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Mar 8 Avr 2014 - 19:11

RabbitIYH a écrit:
Keiichi Hara il est surtout connu du grand public nippon pour les séries animées assez fendardes Doraemon et Crayon Shin mais quand il fait des films "sérieux" ça donne le fabuleux Un été avec Coo et le plus classique mais très beau Colorful.

On vient justement de m'offrir Un été avec Coo, j'ai très hâte de voir ça !

Et content de voir Ponyo sur le podium des Miyazaki, même si de mon côté Le Vent Se Lève (qui arrive certainement tout en haut, il faut que je le revoit) viendrait sûrement le pousser en 4ème position, derrière Nausicaä et Mononoké aussi.

Et Pompoko est génial  bounce Très différent du chef d'oeuvre Le Tombeau des Lucioles mais je l'ai revu récemment avec toujours autant de plaisir, le mélange humour, fond social/écolo (même si c'est sous un angle religieux shintoïste) et poésie y est détonnant.

Et pour info le hors-série des Inrocks sortie il y a peu consacré principalement à Miyazaki faisait également la part belle à pas mal d'autre réals d'animation japonaise.
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MessageSujet: Re: [Cycle] Animation japonaise   Mer 6 Mai 2015 - 23:36

Nulladies a écrit:
http://fr.web.img1.acsta.net/medias/nmedia/18/60/08/31/19079741.jpg[

Requiem pour un simulacre

Le film s’ouvre sur la mort lente d’un enfant dans un sous-terrain que traversent des adultes indifférents, instaurant la dynamique tragique de tout le récit à venir, sous forme de retour en arrière : l’échec est à la fin du voyage, et la solitude l’aura marqué jusqu’au bout.
Oscillant entre le regard brut, réaliste et quasi documentaire sur la guerre, et celui des enfants qui l’habitent, Takahata ménage un écart d’une violence profonde. Le cadre est celui d’un univers urbain sur lequel descendent les flammes des bombes incendiaires. La réponse des enfants, les flammes qui monteront vers le ciel des corps incinérés ; et, en parenthèse à cette perte de la mère, puis de la sœur, les tentatives d’une survie, par le prélèvement de petits fragments du réel : deux boites. L’une inamovible, de mémoire et de cendre, celle de la mère. L’autre vouée à l’usure, de l’enfance et de l’innocence : celle de bonbons.
Le tombeau des lucioles restitue le parcours d’une tentative d’évasion, d’une époque et du réel. Les enfants se construisent contre lui, à cause de lui, à l’abri de lui. Victimes et oubliés de l’Histoire, Seita et Setsuko n’ont a priori aucun rôle à y jouer : ils devraient, dans le bombardement originel, mourir sous les décombres. Leur survie en devient gênante, voire indécente aux yeux des adultes qui reprochent à Seita son manque de contribution à la reconstruction du pays.
Dès lors, c’est à l’écart de l’actualité que se mettra en place une tentative d’utopie, un simulacre de reconstruction : celle de l’autonomie des enfants dans le refuge. La luciole, élément poétique et éphémère, symbolise avec un éclat magique leur destinée : l’enfance irradiera un temps la nuit du pays, avant de s’éteindre en silence.
Le spectateur a beau avoir été averti du dénouement, il est pris par la main de ces personnages qui vibrent de vie, il admire, par les yeux de Setsuko, Seita qui cabriole pour lui faire oublier son chagrin. C’est la force du film d’animation que de jouer sur cette attente du spectateur : film pour enfants, a priori, film sur les enfants, qui plus est : le contraste n’en sera que plus dévastateur.
Au creux des silences, de grandes espérances : c’est l’image du père, allégorie d’un Japon en guerre, parti combattre en mer, et dont Seita attend le retour, qui fait tenir le fragile équilibre. Mais le refuge est aussi celui contre l’actualité : à l’Histoire, en pleine déroute, Seita a substitué un mythe, une figure qui, lorsqu’elle se dilue dans un ciel noir, ouvrira les abîmes de l’abandon.
Le pays se reconstruira, les efforts de guerre seront valorisés : l’Histoire reconnait ses ouvriers ; mais de ce refuge sous le ciel, de cette lumière passagère des lucioles, seul le dessin de Takahata aura su faire une œuvre de mémoire.

Vu ce soir sur Arte, grosse claque dans ma gueule...Tellement vrai, il y a des langages qui sont bien plus parlant que d'autres...Je digère la...
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